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Pourquoi le lancement de l’Euro est positif

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Soraya Shahabi

L’Euro a été lancé comme monnaie unique de onze pays européens, incluant la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, les Pays-bas, la Finlande, la Grèce et l’Espagne, depuis le premier de l’an. Le lancement de la monnaie unique européenne, comme la formation de européenne, comme la formation de l’Union européenne, est un développement positifs pour les habitants de l’Europe indépendamment de toute analyse politique - économique et du fait que ce soit "un plan capitaliste pour accentuer la centralisation". C’est positif parce que cela facilite la vie et leur travail des gens. Cela simplifie les transactions financières et monétaires entre 300 millions de personnes, plus de la moitié de la population vivant dans 45 pays européens. Cela a également un aspect culturel positif. Cela met de côté des identités historiques et nationales factices pour simplifier la vie quotidienne des gens et les rapprocher. Cela facilite les voyages et les mouvements sur le continent, etc. C’est moins que ce que l’on pourrait dire sur l’Euro. Sans aucun doute, il y a de nombreuses raisons économiques, politiques et sociales non seulement au niveau européen, mais mondial, qui pourraient retourner ces développements pour ou contre le peuple et la classe ouvrière. On peut spéculer de manière optimiste ou pessimiste sur le rôle des diverses forces politiques et sociales et le futur de ce développement. La spéculation, cependant, n’est pas le propos de cet article. Il s’agit de poser des bases de compréhension pour appréhender ce phénomène.

Clairement, une évaluation positive de l’Union européenne et de la monnaie commune, cependant, n’est pas incompatible avec la compréhension des pays et des états capitalistes, de la compétition économique européenne avec les USA et du désir de l’Europe de devenir un pole économique et politique puissant dans le monde, etc. C’est la même chose quand, dans certaines conjonctures historiques, des états capitalistes font la paix, minent la religion ou la monarchie ou facilitent la communication ou les transports, ou encore affaiblissent les frontières dans l’intérêt du capital ; cela ne retire rien au fait que ces actions ont pour résultat une amélioration dans la vie des gens. Ces actions placent la classe ouvrière et les communistes, qui font partie du peuple, dans une position plus favorable pour leur lutte de classe. La conférence de paix sur la Palestine, qui est essentiellement un plan venu d’en haut, proposé par les chefs d’états occidentaux et les USA, les réformes agraires venues d’en haut au temps du Shah en Iran, et le renversement des Taliban sont des exemples de telles mesures.

La création de la monnaie commune européenne, l’affaiblissement des frontières, le passeport unique pour dix pays, etc. qui sont le résultat d’un " commun accord " plutôt que de la guerre sont un progrès. Quelques soient les raisons pour lesquelles les gens ont voté pour une monnaie unique européenne, même si c’était en accord avec les arguments donnés par les capitalistes, ils ont effectivement mis de côté leurs fausses identités et sentiments nationaux pour leurs intérêts actuels et réels ; c’est ça qui est positif. Ceux qui ont voté contre ce plan, pour des raisons "de gauche" ou "d’opposition", se sont au contraire réellement opposés à ce progrès.

Les origines intellectuelles et théoriques des opposants à la monnaie unique européenne, aux accords internationaux pour faciliter les mouvements du capital et du travail, à la "globalisation" du capital e à la formation de l’Union européenne, sont à trouver en occident et dans les principaux centres du monde capitaliste. D’une certaine façon, c’est un phénomène occidental. Deux groupes apparemment incompatibles sont contre la formation de la monnaie unique et de l’Union européenne. Un groupe de nationalistes invétérés, qui soutiennent la croissance du petit capital, de la petite entreprise et qui s’oppose au mouvement transnational du capital. C’est un mouvement et une tendance réactionnaire dans le camp capitaliste, qui s’efforce de maintenir le status quo. Cette tendance voit sa position économique affaiblie du fait que "leur pays" rejoint l’Union européenne. Leur bannière est le nationalisme et la supériorité nationale, et repose sur la gloire passée, le racisme et le fascisme.

L’autre groupe d’opposants à l’Euro et à la l’Union européenne, quoique apparemment complètement anti-capitaliste, est sur ce "front" bien proche des réactionnaires. Ils organisent la même résistance. Naturellement, le propos de cet article n’est pas de convaincre le premier groupe, mais de débattre avec le second. Défendre les intérêts du petit capital et du capital "national" contre le grand capital et maintenir le patrimoine national de quelque pays que ce soit n’est pas notre tâche, ni celle de la classe ouvrière en général, ni même celle de n’importe quel être humain décent. C’est la position de réactionnaires locaux, pas celle de communistes internationalistes. Nous nous adressons à cette tendance de la gauche occidentale, qui se place sur les mêmes positions réactionnaires que le boutiquier local au nom des travailleurs, du communisme et du combat contre le capital. Ce groupe se tient, dans la réalité, aux côtés de ceux qui déclarent leur opposition sous les slogans racistes de "la Suède aux Suédois" ou veulent maintenir le mark "allemand", etc. Une partie du mouvement de protestation occidental, la base officielle de ce mouvement connu comme "arc-en-ciel", "alternatif", "anti-globalisation" et certains "anti-racistes" (qui, par la même occasion, véhiculent le relativisme culturel), se déclarent alliés de la classe ouvrière, des communistes et de la gauche, alors qu’ils se tiennent coude à coude avec la droite sur de nombreux points. Ils ont toute une histoire de positions de droite sur des thèmes comme l’Europe, la monnaie unique, la "globalisation", l’attaque occidentale sur l’islam politique et les protestations des communistes contre l’imposition du voile à des jeunes filles en occident. Cela fait des années maintenant, que la base officielle de la gauche européenne, qui a perdu espoir dans la victoire des travailleurs et dans le socialisme, ne se voit plus aucun autre rôle que comme un groupe de pression contre les actions du capital et les états de droite. Leur vision de la victoire de la gauche est limitée à organiser des protestations pour réduire la pression du capital, à maintenir le status quo et à empêcher la détérioration de la situation. L’absence de toute identité communiste positive et d’une perspective progressiste à conduit cette tendance aux mares de la société. La ligne de conduite de la cette tendance est d’identifier "l’ennemi principal", de protester contre lui et de s’unir autant que possible avec "l’ennemi secondaire". "L’anti-impérialiste" est la totalité de cette identité. Il est toujours occupé à diviser les réactionnaires et à choisir entre le mauvais et le pire. Il se sent obligé de choisir entre l’Iran de Khomeini et les USA de Carter, entre les Taliban d’Afghanistan et Bush aux USA, entre l’ennemi et un ennemi secondaire (qui devient, dans les faits, un ami). Il préfère Khomeini à Reagan et le Mollah Omar et Ben Laden. Particulièrement, après le 11 septembre, en réaction à l’attaque des gouvernements occidentaux et des USA contre l’Islam politique, cette gauche s’est placée du côté de l’Islam politique et de la réaction islamique ; elle est, dans les faits, devenue islamique elle-même. Toutes les protestations et oppositions aux actions du capital par la gauche, sans une ligne communiste-ouvrière, est une obstruction contre le capital et l’état capitaliste sans considération pour les intérêts du peuple. C’est pourquoi elle est marginale et sans liens avec les luttes et revendications du peuple et de la classe ouvrière. Cette tendance est plus une secte qu’une force éminente dans les grandes luttes au sein de la société.

La capital a la capacité d’abolir frontière, nationalités et ethnocentrisme pour le salut de la "stabilité" et du profit. La seule chose qu’il ne puisse abolir, parce que sa survie en dépend, sont le profit, la marchandisation de la force de travail et la propriété des moyens de production. Ce sont des intérêts sur lesquels le capital n’est pas prêt de faire des compromis. Le capital peut demander la paix, affaiblir la religion et a misogynie si nécessaire, comme il peut au contraire ressusciter les fantômes des profondeurs de l’âge de pierre comme il l’a fait avec l’Islam politique. Peindre toute action du capital comme mauvaise d’une manière infantile et superficielle est l’expression d’un seul type d’opposition, qui n’est pas basée sur la réalité. Les gens voient les effets de ces changements dans leur vie, comme ils l’ont fait avec la chute des Taliban.

Est-ce que la classe ouvrière doit perdre les chemins de fers, la télévision, Internet, et aussi les transports aériens, maritimes et terrestres qui relient l’Europe, l’Amérique, l’Asie et l’Afrique ? Plus que toutes autres, ces commodités existent grâce au profit capitaliste et à la distribution des marchandises et des produits du travail.

En fait, des tels développements sont pertinents pour les communistes. Tout ce qui affecte la vie des gens est le sujet du travail communiste. En reconnaissant cela comme une réalité claire, les communistes ne se sentent pas perdus, sans identité et sans horizons, pas plus qu’ils ne perdent les moyens d’identifier leurs ennemis de classe et leurs amis. Pour le communisme, qui repose sur un programme positif pour le futur, un communisme qui ne demande rien d’autre que le socialisme aujourd’hui et une lutte sérieuse dans ce sens, e tels développements sont aussi compréhensibles qu’ils le sont pour les gens dans le monde réel. Un mouvement sérieux et confiant ne peux pas tenir solidement sur ses pieds sans connexion avec la réalité. Essentiellement, en tant que mouvement de classe et socioculturel le plus progressiste, le communisme ne peut pas fermer les yeux sur la réalité.

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