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Interview de Ahmad Hassan, directeur de Radio Ela al-Amam

Campagne internationale de soutien à Radio Ela al-Amam
Interview de Ahmad Hassan, directeur de la programmation

Campagne Internationale : Récemment, vous avez lancé un appel à soutien pour la radio Ela al-Amam. Peux-tu nous parler de cette radio ?

Ahmad Hassan : Radio Ela al-Amam a été créée parce qu’il n’existait aucune autre radio qui répondait aux aspirations des masses, qui parlait de la lutte de classe des travailleurs et des pauvres en Irak. A travers ses programmes, elle a attiré un large spectre de travailleurs des médias. Par le sérieux de son travail, elle a été à même de clarifier sa ligne directrice et acquérir un caractère unique. Les campagnes de reportages et la couverture médiatique ont accru sa crédibilité et sa transparence. Les reportages sont sérieux et documentés. Nous exerçons une pression constante sur les autorités pour qu’elles traitent réellement les problèmes et les difficultés que les masses doivent affronter.

CI : Comment a-t-elle été fondée ?

Ahmad Hassan : Radio Ela al-Amam a été fondée le 9 avril 2003, le jour même de la chute du régime bassiste, par un groupe de militant-es, avec très peu de moyens. Dès ce premier jour, elle a insisté sur le fait que l’Irak a besoin, comme toute autre société civile, d’un état moderne et laïque capable de satisfaire les aspirations contemporaines. L’Irak a besoin d’un système de gouvernement qui permette aux masses d’intervenir et de participer dans la gestion de leurs propres affaires. C’est pourquoi notre radio a pris position contre le conflit réactionnaire qui oppose les USA et les différents groupes de l’Islam politique, en montrant qu’il n’avait rien à voir avec les souhaits du peuple, que les deux pôles de ce conflit étaient terroristes. Cette position a gagné la confiance des masses en Irak. Radio Ela al-Amam continue d’exposer l’hypocrisie des médias arabes et internationaux.

CI : Où est-elle située ?

Ahmad Hassan : Dans une construction très simple de la banlieue de Bagdad. Elle ne dispose que d’un équipement de base, en raison du manque de finances.

CI : Qu’est-ce que les gens peuvent entendre sur cette radio ? Y a-t-il seulement des programmes politiques, ou également des émissions éducatives, musicales, etc. ?

Ahmad Hassan : Radio Ela al-Amam a été une plate-forme pour les forces civilisées et laïques dans la société irakienne, pour les hommes et femmes qui aiment la liberté. Une plate-forme pour défendre les droits des chômeurs et des chômeuses, des enfants, de toutes les sections opprimées de la société. Elle a pris position contre le terrorisme des groupes islamiques et exposé la véritable nature de la soi-disant « résistance » qui enlève et assassine des citoyens innocents pour se tailler une part de pouvoir.

Radio Ela al-Amam a élevé une voix laïque et libératrice contre les plans de destruction de la société irakienne en sectes, nationalités, religions et tribus. Elle défend le caractère civil de la société irakienne. Elle a montré la réalité des proclamations américaines sur la guerre, les « droits de l’Homme » et la « construction de la démocratie en Irak ». Notre radio est différente des autres par ses programmes, qui touchent directement la vie et les conditions de vie des masses en Irak. Cela lui confère un statut particulier, et les masses participent directement aux émissions par leurs courriers et leurs appels téléphoniques. La plupart des émissions, comme « Une fenêtre sur l’art », reçoivent des appels, pour connaître les dernières nouvelles des arts, ou demander telle ou telle chanson. Comme je l’ai dit, cette diversité permet de jouir du respect et de la confiance des citoyens.

CI : Est-ce l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak, le Syndicat des chômeurs et chômeuses ,et la Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak ont leurs émissions ? De quoi parlent elles ?

Ahmed Hassan : Il y a bien sûr plusieurs émissions menées par ces organisations de masse sur Radio Ela al-Amam. Certaines sont hebdomadaires, d’autres quotidiennes comme « La liberté des femmes », qui est présentée en coopération avec l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak. Cette émission parle de la situation des femmes et leurs difficultés sous l’occupation et sous le poids des lois réactionnaires que les gangs de l’Islam politique tentent d’imposer à la population. Ce programme a joué un rôle réellement significatif dans le rejet de la résolution 137 que les groupes islamiques réactionnaires au sein du Conseil de gouvernement ont tenté d’imposer à la société irakienne. Cette campagne que l’Olfi a mené grâce à la radio a aidé à mobiliser les forces libératrices contre cette résolution. La station a reçu un nombre incroyable d’appels à ce sujet.

L’émission « contre le chômage » est, elle, présentée en collaboration avec le Syndicat des chômeurs et chômeuses en Irak et constituée de nouvelles sur ses activités. Elle traite ce sujet très sérieusement. Pour ce qui est de la Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak, au-delà de la simple couverture de ses activités, la radio propose une émission nommé « le magazine des travailleurs et des travailleuses » qui traite de la situation, des revendications et des difficultés de la classe ouvrière.

La radio a ouvert une ligne téléphonique directe sur les activités des partis qui défendent les masses irakiennes, particulièrement le Parti communiste-ouvrier d’Irak. Cette période a montré, plus que n’importe qu’elle autre, que ce parti constituait la seule alternative pour les aspirations du peuple. Durant l’année écoulée, cette organisation s’est enracinée fermement dans les luttes et a assumé un rôle de direction et d’organisation des mouvements de masse. C’est pourquoi sur Radio Ela al-Amam sont régulièrement diffusées des émissions produites en coopération avec ce parti, comme « Un monde meilleur », qui traite des revendications et des problèmes quotidiens de la population en Irak et propose des réponses. De plus, l’émission invite régulièrement un représentant du parti, afin que les gens puissent l’interroger directement.

CI : Quelle est l’audience de votre radio ?

Ahmed Hassan : Pour qu’un media gagne la confiance des gens, il doit devenir leur principale source d’information pour suivre les nouvelles, les événements. Lorsque c’est le cas, ce média a atteint ses objectifs. Radio Ela al-Aman a gagné la confiance des gens en Irak, ils viennent y chercher la vérité sans distorsion. Les médias arabes et internationaux ont un objectif : tromper leurs auditeurs et spectateurs, et servir les intérêts de leurs financeurs.

CI :
Comment peut-on la capter ?

Ahmed Hassan : Sans aucun doute, le nombre d’auditeurs et d’auditrices dépend de la portée de la radio. Dans le passé, nous couvrions la totalité de Bagdad, donc la majorité des habitants étaient en mesure de nous écouter. Maintenant, elle ne peut plus être captée que dans une aire très limité parce que notre équipement est dépassé et quasiment inutilisable. Les gens ne peuvent plus écouter notre programmation. On s’en est aperçu parce que nous avons eu beaucoup d‘appels et de visites pour nous demander pourquoi on ne pouvait plus nous entendre dans tel ou tel coin. C’est devenu très difficile.

CI : Est-ce que la majorité des gens ont une radio pour l’écouter ?

Ahmed Hassan : Oui, la majorité des gens a une radio à la maison. On peut en trouver facilement sur n’importe quel marché. C’est plus facilement disponible et moins cher que n’importe quel autre média.

CI : Est-ce que d’autres radios soutiennent la laïcité et l’égalité en Irak ?

Ahmed Hassan : On peux dire que les medias irakiens, y compris les radios, sont des instruments de propagande contrôlée, des medias capitalistes. Afin de promouvoir le mensonge selon lequel les USA sont venus pour libérer l’Irak, un grand nombre de journaux et de radios sont apparues après l’invasion. C’est particulièrement vrai de « al-Iraqiya », qui est une télé fantoche. De nombreux journalistes irakiens qui voulaient contrôler l’arène des médias, ont lancé des chaînes TV ou des radios comme Radio al-Mustaqbal, Digla, al-Sharqyia, al-Divar, al-Faiar, etc.
Les journalistes et les écrivains ont vendu leur loyauté au peuple pour de l’argent. Ils justifient cela par la dureté des conditions de vie. Ceux qui l’ont fait sont rapidement devenus propriétaires de grosses voitures ou de maisons. Leur seuls objectifs sont maintenant de tromper le peuple ; vous les entendrez souvent dire : « le peuple ne lit pas beaucoup, et de toute façon, il ne comprend pas ce qu’il lit, et quand même il comprend, ses réactions ne sont pas dangereuses ».

Comme vous le savez, certains businessmen ont bâti des grosses fortunes en créant leur radio ou leur journaux. Ils ont du fric, et les journalistes sont au chômage. Alors, ils sortent des journaux, deviennent éditeurs même lorsqu’en réalité ils n’ont rien à voir avec le journalisme. Par ces journaux, ils entrent en connexion avec les officiels du gouvernement et des partis politiques. Comme ça, ils trouvent plein de projets commerciaux, qui les enrichissent chaque fois qu’ils écrivent en faveur d’une personne ou d’un parti.

CI : Est-ce que vous projetez de développer la portée de votre radio pour couvrir d’autres parties de l’Irak.

Ahmed Hassan : Bien sûr. Nous faisons de notre mieux pour obtenir un nouvel équipement et développer notre radio, afin qu’elle puisse être captée depuis les points les plus éloignés de l’Irak. Malheureusement, le manque d’argent est un obstacle pour nous. Notre radio n’a pas d’autre ressource financière que le soutien militant. Notre radio a prouvé qu’il y a des millions de gens qui sont pour la liberté, l’égalité, la séparation de la religion de l’état et de l’éducation. C’est pour cela, pour continuer de faire entendre sa voie, que nous appelons aux socialistes, aux ami-es de la liberté, de l’égalité et de la laïcité, dans le monde entier, à nous soutenir financièrement.

Pour contacter Ahmed Hassan, en anglais ou en arabe : ahmeedhassan@yahoo.com

Vous pouvez envoyer un soutien financier par un chèque à l’ordre de L’entraide, envoyé à Solidarité Irak, 2 Rue Colpin 59000 Lille, en spécifiant : « soutien à radio Ela al-Amam ».

Pour plus de renseignements : www.solidariteirak.org

Contact mail : solidarite_irak@yahoo.fr
Contact téléphone : 06 82 18 08 55

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Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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