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Témoignage de Mithal Kadhem, détenue trois mois à Abu Ghrib

Raflée chez elle dans le quartier de Salhiye, Mithal Kadhem a été libérée après qu’aucune charge n’est été retenue contre elle.

« C’était à l’aube du 26 février 2004, une unité américaine est descendue d’un hélicoptère sur le toit de ma maison pour prendre position dans le quartier. Quand la porte de ma maison a explosé, j’ai eu le temps de voire que l’attaque était dirigée contre trois autres familles de mes voisins. 3 soldats étaient en train d’embarquer une d’entre elles constituée d’une femme et de ses enfants, elle se faisait tabasser. Quand à moi j’ai été embarquée avec mon fils, ils m’ont menotté et mis un sac sur la tête ; plus tard, ils ont investi ma boutique, tout détruit et tout pillé. J’ai tout perdu, autour de 7 millions de dinars.
Ma dignité a été brisée et rien ne soulage ce qui m’est arrivé. Quand bien même l’on me dédommageait ou je récupérais mes bien. Mes enfants sont psychologiquement brisés, ma deuxième fille a scolairement complètement décroché. Quand à mon fils, ils ne l’ont arrêté que pour faire pression sur moi, ils l’ont confronté à moi alors que j’étais entravée avec un sac sur ma tête ; ils voulaient le convaincre que j ‘avais été membre de l’ancienne sûreté. Il a été au bord de craquer et d’y croire et ça a été le moment le plus dure de mon existence, que le doute s’empare de mon propre enfant ; qu’il doute de moi. Je lui criais : « pour t’élever, j’ai était boulangère, chauffeur de taxis... tu le sais ! ». Quand ils n’ont plus eu besoin de lui, ils l’ont relâché. J’ai d’abord été transférée à l’aéroport où un médecin militaire m’a abusé pendant la fouille. J’ai subi 12 interrogatoires au niveau de l’aéroport avant mon transfert à la prison ; nous étions cinq dans une cellule individuelle, toutes accusées d’atteint à la sécurité nationale des Etats-Unis ; ils nous interdisaient de dormir ou alors quelques heures à l’aube. Je ne pouvais marcher nulle part, ils m’obligeait à sourire, à grimper dans des endroits invraisemblables. En m’interrogeant, dans une pièce suffocante, ils m’étouffaient en me recouvrant sous des couches de couvertures en m’obligeant à me maintenir dans des positions intenables et douloureuses ; je leur criais de me laisser vivre. (...) j’ai un moment souffert de paralysie de mes membres.
Je ne pensais pas que j’en ressortirais vivante et pourrais un jour témoigner »

Paru dans l’égalité, journal de l’OLFI

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Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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