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Nos différences avec la Confédération irakienne des syndicats (IFTU)

Par Aso Jabbar* - Janvier 2005

La Fédération des conseils ouvriers et des syndicats en Irak a catégoriquement condamné l’attaque terroriste contre les membres de l’IFTU et le meurtre de Hadi Salih, représentant international de l’IFTU. Ce sont des attaques terroristes contre des civil-es, qui doivent être condamnés. En dépit de notre condamnation, nous avons des différences sérieuses avec l’IFTU, qui ne sont pas évidentes pour tout le monde à l’étranger.

Certaines de ces différences sont :

1. l’IFTU est soutenue par le Parti communiste irakien, qui était membre du Conseil de gouvernement provisoire puis du gouvernement intérimaire irakien. Il collabore totalement avec la coalition menée par les USA en Irak.

Le Parti communiste irakien a toujours soutenu toutes les politiques adoptées par l’autorité locale et les Etats-Unis en Irak c’est-à-dire, l’occupation militaire de l’Irak, les résolutions de l’ONU en vue de la guerre et de l’occupation, et toutes les résolutions passées par le conseil de gouvernement provisoire et le gouvernement intérimaire, la mascarade devant être entérinée sous le nom d’élection, le fédéralisme ethnique pour l’Irak, et l’arrivée au pouvoir d’organisations islamiques et fascistes, etc.

L’IFTU a été reconnue par le gouvernement intérimaire en tant que représentante officielle et légale des ouvriers et des ouvrières en Irak et elle reçoit une énorme quantité d’aides financières de la part du pouvoir pour son soutien indéfectible à la CIG et à l’IIG. Il n’y a eu aucune vraie tentative de la part de l’IFTU pour être reconnue par le gouvernement intérimaire irakien, mais ce gouvernement fonctionne ainsi, parce qu’il a besoin de ce syndicat comme instrument pour soumettre les ouvrier-es et pour proscrire tout autre syndicat indépendant. Son commanditaire, le Parti communiste irakien n’a pas condamné la deuxième Guerre du Golfe en 1991 avec l’illusion que l’Amérique libérerait l’Irak de Saddam Hussein. Elle n’a pas condamné l’embargo économique au début et a seulement annoncé une opposition modeste à ce génocide à la fin, quand les forces progressistes et à moitié progressistes ne sont pas demeurées silencieuses.

2. L’IFTU représente le gouvernement et les patrons dans toutes les négociations avec les ouvrier-es. Son principal rôle est de mettre en application les politiques du Parti communiste irakien, du Gouvernement intérimaire et des autorités d’occupation. Elle approuve les politiques du Gouvernement intérimaire irakien concernant les ouvrier-es. L’IFTU n’a jamais soutenu la Fédération des Conseils ouvriers et des Syndicats en Irak (FCOSI) ou le Syndicat des chômeurs et des chômeuses ; comme elle n’a jamais soutenu les syndicats indépendants en Irak comme c’est le cas de la Compagnie Pétrolière du Sud, qui n’est ni une filiale de l’IFTU ni de la FCOSI. Dans de nombreuses actions de protestation, elle s’est tenue du côté de la direction et du gouvernement. Par exemple, elle n’a pas condamné l’attaque sanglante menée par la police irakienne contre les ouvriers du textile à Kut. Elle a refusé d’envoyer un message de soutien à Bassora pour la conférence syndicale. elle a refusé de signer notre plainte à l’Organisation International du Travail (OIT) contre la décision du gouvernement d’interdire tous les syndicats excepté l’IFTU. Elle a refusé de soutenir la loi que nous avons proposé sur l’organisation du travail. Nous leur avons demandé de ne pas s’opposer aux ouvriers et aux ouvrières dans leurs luttes, ni contre leurs justes revendications, mais illes ont toujours soutenu les intérêts des patrons, de l’administration et du gouvernement.

Regardez leur page Web, vous ne trouverez aucune nouvelle sur les grèves ou sur les actions de protestation des ouvrier-es, qui sont constantes maintenant en Irak . Dans toutes ces actions de protestations et de grèves ouvrières, l’IFTU a été une organisation marginale et dans de nombreux cas, les ouvrier-es n’ont même pas distingué les représentant-es de l’IFTU de l’administration et des patrons. Lors de la grève des ouvriers dans l’industrie des produits pétrochimiques et plastiques de Bagdad, illes se sont vigoureusement opposés aux ouvriers, ont essayé de casser leur grève et de les empêcher d’élire leur propre organisation. Cet exemple démontre clairement la relation organique existant entre les chefs de l’IFTU et les patrons et c’est pourquoi les ouvrier-es ne les identifient pas comme des militant-es syndicaux. Illes ne sont pas sérieux dans leur opposition aux islamistes. Ils font juste partie de la propagande lancée par le gouvernement intérimaire et les forces d’occupation contre les groupes islamiques et Baasites.

C’est la réalité d’IFTU. Le gouvernement intérimaire l’a consciemment reconnu comme le seul syndicat légal parce qu’ils ont besoin d’elle pour contrôler la contestation de la classe ouvrière et pour limiter les effets de leurs grèves et protestations. L’IFTU a pour dessein de maintenir le mouvement ouvrier derrière leurs politiques de collaboration avec l’occupation. Les Etats-Unis et les forces réactionnaires groupées dans le gouvernement intérimaire irakien luttent pour commander le mouvement ouvrier en Irak et le détourner de la lutte sur des bases progressistes. Cette voie unique ne fait qu’approfondir les divisions ethniques et religieuses entre les ouvrier-es. L’IFTU est conforme avec toutes ces politiques réactionnaires.

La classe ouvrière lutte contre ces politiques et pour améliorer ses conditions de vie. Nous sommes au cœur de cette lutte ; en organisant, en menant et en guidant les ouvrier-es alors qu’illes défendent les employeur-es, les directions et les administrations. Nous savons très bien que la classe ouvrière pourrait être très puissante et forte et qu’elle pourrait décider d’un futur meilleur en prenant la parole, si nous réussissons à mener à bien nos projets, alors que si leur ordre du jour l’emporte, la classe ouvrière sera encore plus marginalisée et son exploitation sera intensifiée.

3. De notre point de vue l’occupation est la source de tous les problèmes en Irak et sans la fin de celle-ci, aucune amélioration de la situation désastreuse en Irak n’est envisageable. Par conséquent, il est tout à fait crucial que les Irakien-nes mettent un terme à l’occupation en Irak par leur luttes indépendantes et progressistes. Nous accueillons toutes les forces en Irak et à l’étranger qui soutiennent et participent à la réalisation de cette tâche. Il est crucial également que nous critiquions fortement celles et ceux qui collaborent avec les Etats-Unis et qui se tiennent contre les tentatives de pousser les forces d’occupation à partir d’Irak. D’autre part, nous tou-tes connaissons la position du Parti communiste irakien et de l’IFTU sur l’occupation. Nous tou-tes, nous nous rappelons le sale rôle qu’ont joué les représentants d’IFTU lors de la conférence du Parti travailliste britannique pour convaincre les délégué-es des syndicats de ne pas soutenir un retrait rapide des forces du Royanme-Uni d’Irak. Ce seul exemple est suffisant pour comprendre qui est ce groupe et qu’il trompe le mouvement ouvrier en imposant son calendrier.

Si nous examinons les commentaires faits par Abdulla Muhsin, représentant international de l’IFTU le 25 août 2004, pour la Fédération irakienne des syndicats (IFTU) : (Cf. "L’histoire et nos futures tâches", article de Abdullah Muhsin, en tant que représentant de l’IFTU au Royaume Uni. Il dit à propos su Syndiact des chômeurs et des chômeuses en Irak - qui s’appelle maintenant Fédération des Conseils et des syndicats ouvriers en Irak « Comme beaucoup d’autres mouvements formés à Bagdad à la suite de la chute du régime de Saddam, il a gagné une notoriété internationale suite aux manifestations organisées en face des bureaux de Paul Bremer. Mais l’UUI est vraiment une organisation mise en avant par le petit Parti communiste-ouvrier en Irak. Il a très peu d’appui parmi les travailleurs-es irakien-nes. En fait ce syndicat avait disparu de la scène politique et industrielle du Kurdistan irakien en raison de son sectarisme. Il est possible que cette expérience se répéte dans le reste de l’Irak. Bien que l’UUI ait profité du sentiment fort contre l’occupation et du désespoir d’un nombre élevé de chômeurs et de chômeuses, il possède peu de crédit dans le monde industriel et il est considéré avec dédain par le mouvement ouvrier irakien. »

Ces propos tenus par l’IFTU sont répugnants et complètement conformes avec les positions des partis nationalistes kurdes (UPK, PDK), le Parti communiste irakien et les groupes islamistes au sein du Gouvernement intérimaire. Abdulla Muhsin n’a aucunement le courage de parler des politiques et des pratiques de l’UUI et de la FCOSI, mais essaye de tout traîner dans la boue. Ces commentaires ont pour objectif de déprécier l’UUI et les justes revendications des sans-emplois. Il y a des millions de personnes sans emploi en Irak vivant avec leurs familles dans une situation désastreuse connaissant la faim, la privation, le manque de services de santé et ainsi de suite. N’importe quel mouvement social sérieux devrait avoir une réponse à ces problèmes. Nous étions le premier groupe de travail qui a organisé les sans-emplois en Irak pour répondre à leur demande : c’est-à-dire un travail ou des indemnités chômage. L’UUI est une tentative pour répondre à un problème qui pèse énormément dans la balance et a eu beaucoup de succès à cet égard. Nous avons organisé de multiples actions de protestation devant le CPA, notamment 45 jours de sit-in. Nous avons été attaqué-es par le groupe islamiste de Moqtada Al-Sadr à Nasiriryiah et par les forces américaines à Bagdad. À trois reprises, nos chefs et membres ont été arrêté-es et torturé-es par des forces américaines. Dans beaucoup de manifestations, les forces américaines et irakiennes ont tiré sur les manifestations paisibles de l’UUI, tuant et blessant des chômeurs-es sans défense.

Dans tous ces incidents, l’IFTU a gardé le silence, elle a témoigné son indifférence et a préféré dévaloriser la lutte héroïque de l’UUI. Tandis que des centaines de syndicats et de militant-es progressistes dans le monde entier ont protesté contre ces brutalités et ont soutenu les revendications de l’UUI, l’IFTU a soutenu les politiques des forces américaines et le gouvernement irakien d’intérim contre l’UUI. En s’opposant à l’existence et à la lutte de l’UUI, l’IFTU a pratiquement incité les groupes réactionnaires contre l’UUI.

Au Kurdistan irakien, nous avons organisé les chômeurs-es au sein de l’UUI - Kurdistan irakien depuis 1992 et nous avons eu de sérieuses confrontations avec les partis kurdes au pouvoir. Des responsables reconnus de l’UUI ont été tués comme Baker Ali par l‘UPK et Nazir Omer par le PDK. Dans des dizaines de cas des centaines de membres de l’UUI au Kurdistan ont été arrêté-es et torturé-es par l’UPK et le PDK. Après la guerre civile en 1994 entre l’UPK et le PDK dans le nord du Kurdistan, l’UUI a été affaibli, mais nous n’avons pas disparu du nord. Nous avons ont été attaqué-es, arrêté-es, torturé-es et tué-es par des milices kurdes. Le Parti communiste irakien fut comme d’habitude au service des autorités locales, celles de l’UPK et du PDK. Ces partis sont bien connus pour leurs politiques nationalistes et réactionnaires et leur collaboration avec les forces dominantes même si elles sont réactionnaires.
L’IFTU nous accuse de sectarisme, mais elle néglige notre lutte implacable contre les partis kurdes au pouvoir. Selon elle, ce sont nous qui sommes sectaires, mais les partis nationalistes kurdes qui ont tué des manifestant-es et des chômeur-ses sans défense et tué des milliers de personnes dans leur guerre interne et plus de 9000 femmes (crime d’honneur) sont des démocrates et des chics types ! Pendant une décennie le Parti communiste irakien a soutenu les politiques de l’UPK et de PDK contre l’UUI au Kurdistan.
Dans les conditions effroyables en Irak, il n’a pas été facile pour nous d’organiser plus de 350.000 membres au sein de l’UUI dans 7 des principales villes du pays et il n’y a rien de moins injuste que d’écarter l’UUI comme une organisation sectaire. Pour une personne neutre, la question est : il existe en Irak l’UUI, luttant pour les revendications des sans-emplois en Irak, elle est indépendante de toutes les organisations participant au gouvernement intérimaire et des forces am&ricaines. Elle lutte contre l’occupation et la résistance islamo-ethnocentrique. Elle lutte pour un gouvernement et une constitution laïque, pour la liberté d’organisation et de parole. Elle travaille dur pour élever la conscience des ouvrier-es et pour encourager les sans-emplois à améliorer leurs conditions de vie. Comment traitons-nous cette organisation ? Les chefs de l’IFTU pense que l’UUI était juste une campagne de propagande et une tentative d’exploiter le ressentiment contre les troupes d’occupation en Irak mais ceci prouve leur ignorance sur ce sujet et leur cécité quant aux conditions désastreuses de vie des sans-emplois et sur la situation du mouvement ouvrier en Irak.

Les responsables de l’IFTU clament que la FCOSI est un autre nom pour l’UUI. Pour eux, toute organisation, qui est "illégale" et non autorisée par le gouvernement d’apparat, n’existe pas. S’il n’y avait pas la "notoriété" de l’UUI comme Abdulla Muhsim l’écrit, ils auraient nié que l’UUI existe aussi bien. Ils ignorent volontairement ou s’opposent aux autres tendances à l’intérieur du mouvement ouvrier. Cependant, l’histoire de ces deux dernières années a prouvé que le mouvement ouvrier en Irak est un véritable mouvement porteur d’une énorme énergie, de capacités de luttes, et que de nombreuses tendances existent au sein du mouvement ouvrier irakien, et que l’UUI et la FCOSI y représentait les organisations les plus militantes.

Les responsables de l’IFTU clament également que l’UUI ou même la FCOSI sont des organisations de façade du "petit" Parti communiste ouvrier en Irak. C’est une évaluation très superficielle et malhonnête du mouvement ouvrier en Irak et de leurs syndicats indépendants. Cela a toujours été la propagande vicieuse de ces réactionnaires contre le PCOI et l’UUI. Le but de cette propagande est clair, il veut inciter les islamistes contre les activistes de l’UUI et de la FCOSI, empêcher finalement l’organisation des travailleurs-ses et justifier l’oppression par leur gouvernement fantoche. Comme partout ailleurs, il y a en Irak des partis politiques et il y a des syndicats, et les gens ont le droit de joindre ces partis et d’être en même temps des membres ou des représentant-es syndicaux. Seulement le PCOI soutient l’UUI et la FCOSI et donc il n’y a rien d’étonnant si les gens joignent le PCOI d’une part et l’UUI et la FCOSI d’autre part. D’autres partis sont inhumaines qu’ils passent des alliances avec les forces d’occupation américaines et l’islam politique ou avec la résistance islamiste anti-ouvrière, ethnocentrique et misogyne.

Ils veulent déprécier notre lutte en disant le PCOI est une petite organisation. Pourtant, qu’est-ce que les ouvrier-es pourraient faire avec un parti "énorme" comme le Parti communiste irakien qui collabore avec l’occupation des USA et l’Islam politique et dont le seul lien existant avec le communisme ouvrier est son nom ? Est-ce que les ouvrier-es irakien-nes ont oublié la coalition entre le Parti communiste irakien et le parti Baas entre 1970-1978 qui s’acheva par des massacres par milliers de dirigeant-es syndicaux, de syndicalistes et d’ouvriers en Irak ? Notre problème est que le Parti communiste irakien et son secrétaire général sont membres du gouvernement intérimaire et qu’ils sont amis avec des gens comme Paul Bremer, Alawi et même Blair ou Bush. Si l’on excepte l’UUI et la FCOSI, est-ce que le PCI a soutenu les revendications des ouvrier-es, des sans-emplois, des femmes et de la jeunesse en Irak ? Laissez-moi poser aux responsables de l’IFTU et du PCI quelques questions : Qu’est-ce que l’occupation a fait de bon pour la population en l’Irak ? Que peut donner de bon un gouvernement ethnique et religieux, un fédéralisme ethnique, la peine de mort, les résolutions de l’ONU, l’islam politique et la charia, ou les anciens Baassiste à la population en Irak ? Qu’y a-t-il de bon dans la résolution 16, qui légitime l’IFTU et proscrit tout autre syndicat indépendant ? Pourquoi l’IFTU soutient-elle toutes ces politiques ?

Le PCOI soutient politiquement et matériellement l’UUI, la FCOSI et d’autres syndicats indépendants parce qu’il croit que la place des ouvrier-es en Irak devrait être indépendante de la bourgeoisie, celle des patrons et du gouvernement.

La question ici n’est pas de savoir si le PCOI est petit ou grand. La question est de savoir quelles sont les politiques du PCOI envers le mouvement ouvrier en Irak et quelles perspectives sont proposées à la classe ouvrière. Pourquoi Abdulla Muhsin ne parle pas de cela ? Pourquoi n’a-t-il pas le courage de parler de nos politiques ? Cela mettrait trop en évidence la distance qui sépare l’IFTU et le PCI de la classe ouvrière. Par conséquent, il est plus facile de calomnier toutes les forces des progressistes en des termes qu’ils ont appris de leurs maîtres comme petit, ultra-gauche, extrémiste et ainsi de suite. L’IFTU est fière, parce qu’il fut un temps où le Parti communiste irakien fut un grand parti, mais ils ne veulent pas parler des catastrophes que leurs politiques ont provoqué au sein de la classe ouvrière irakienne. Maintenant, nous devons seulement nous rappeler que le PCI est membre du gouvernement fantoche avec d’autres « résidus » sponsorisés par la CIA.

Aujourd’hui, le PCI et l’IFTU agissent encore en tant qu’outils pour soumettre les intérêts de la classe ouvrière aux intérêts des Etats-Unis, du gouvernement fantoche, de l’islam politique, des nationalistes et des patrons en général. Combien d’actions de protestation ont été plombées par l’IFTU ? Laissons Abdulla Muhsin y répondre en n’en mentionnant n’en serait-ce qu’une. Je ne peux pas donner un meilleur exemple. Nous sommes fier-es d’être au cœur des protestations du mouvement ouvrier et de voir que pas un jour ne s’écoule sans que nos militant-es n’organisent et ne mènent une action de protestation ou de grève en faveur des revendications ouvrières. En fait, tous nos syndicats ont été établis pendant des actions de protestation ou de grève et pas de manière bureaucratique comme l’IFTU. Récemment nous avons établi un conseil ouvrier dans l’industrie des produits pétrochimiques et plastiques à Bagdad pendant une action de protestation.

Qu’est-ce qu’Abdulla Muhsin et ses collègues disent au sujet de la conférence ouvrière de Bassora ? Comment se sentent-ils alors qu’une conférence où 350 militant-es syndicaux issu-es de différentes industries du sud de l’Irak s’est tenue dans une ville dominée par leurs ami-es, les groupes de l’islam politique soutenus par l’Iran et les forces britanniques tandis que les membres de l’IFTU et du PCI crient "Allahu Akabar" avec les groupes islamiques, qui terrorisent tous ceux et toutes celles qui ne veulent pas faire partie d’une petite organisation sectaire. De tels agissements s’effectuent, alors que nous ne recevons aucun fond de la part des gouvernements et que nous n’avons même pas un bureau dans la capitale. En dépit des problèmes financiers, nous éditons maintenant un journal, qui est le premier journal indépendant pour les ouvrier-es et fait par des ouvrier-es en Irak. Nous existons et nous sommes en activité dans tout l’Irak. Regardez les vagues de protestations ouvrières à travers le pays pour comparer les positions de l’IFTU et celles que la FWCUI soutient.

Les responsables et les membres d’IFTU étaient également parmi ces forces irakiennes qui ont reconnu les fameuses élections en Irak, et leurs représentants en Irak et l’étranger ont encouragé les gens et les ouvrier-es à prendre part aux élections. Nous voyions ainsi Abdulla Muhsin à Euro News qui se félicite de l’élection et essaye de la présenter comme un processus libre et démocratique en Irak, alors qu’il est évident de constater que, sous l’occupation militaire de l’Irak et des milices armées des groupes islamiques et ethniques, comment une élection pourrait être libre ?

Ceci ne signifie pas que nous ne sommes pas prêt-es à travailler avec l’IFTU et le PCI s’ils acceptaient nos principes. Ces principes n’ont rien à faire avec le PCOI et peuvent être brièvement récapitulés :

La liberté pour l’Irak et la lutte contre l’occupation et les syndicats de l’Islam politique, la construction de syndicats indépendants du gouvernement et des employeurs, la liberté de parole et d’organisation, le soutien des revendications et manifestations ouvrières, un code du travail progressiste, la lutte pour la laïcité et un gouvernement laïque, le boycott des prochaines élections en Irak en janvier 2005 qui vise à légitimer l’occupation de l’Irak par un gouvernement pro-américain et de tout ce qui en découlera.

* Aso Jabbar est représentant à l’étranger de la Fédération des Conseils Ouvriers et des syndicats irakiens (FWCUI)

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