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Aider celles qui cherchent à établir leurs droits en tant que femmes

BAGDAD, 21 mars -
La pharmacienne Zeena Qushtiny était habillée à la dernière mode occidentale et portait un collier scintillant de diamants quand elle a été saisie par une rafale de balles tirées par des insurgés aux abords de sa pharmacie à Bagdad. Son corps a été trouvé 10 jours plus tard avec deux trous de balle près des yeux
D’après la famille de Qushtiny, elle a été recouverte d’un abaya, le voile traditionnel apprécié par les conservateurs islamiques, et portait un message enroulé sur son vêtement expliquant : « elle était une collaboratrice contre l’Islam ». Qushtiny était la mère de deux jeunes filles et divorcée. Elle était une professionnelle reconnue dans la capitale et respectée pour son travail, mais elle a été considérée par les radicaux comme étant une insulte pour l’Islam. Elle travaillait également pour les droits des femmes et préconisait plus de démocratie en Irak, selon ses amis et collègues. Elle a été considérée comme une militante trop bavarde par les radicaux et sa robe a été vue comme une tenue trop extravagante pour l’Irak. Les militantes féministes ont souffert depuis la dernière guerre en Irak en raison de leurs appels pour de meilleurs droits et en faveur de l’égalité avec les hommes dans ce pays musulman, selon un rapport des associations locales de femmes.
Sous le régime de Saddam Hussein, les femmes pouvaient s’habiller de façon moins « conservatrice » dans les grandes villes, sans qu’elles ne soient punies pour cela, selon les militantes féministes. Mais maintenant, les femmes disent qu’elles ne sont plus en sécurité et les cadavres de femmes décapitées ont augmenté ces dernières semaines. Sur leurs corps on avait glissé des papiers avec le mot "collaboratrice ", selon le colonel Subhi Al-Abdullilah, un enquêteur de police chevronné.
"ils ont essayé de me tuer plusieurs fois mais je n’arrêterai pas mon travail d’activiste et je décuplerai même mon engagement pour que l’on accorde des droits aux femmes irakiennes. Je porte un hidjab quand je dois sortir de ma maison pour aller travailler mais néanmoins, je préfère les couleurs vives " nous dit Son Kul Chapuk, membre de l’assemblée nationale et présidente de l’association de femmes contactée par IRIN.
Les militants islamistes ont tué 20 femmes dans la ville de Mossoul et plus d’une douzaine à Bagdad depuis le début de cette année, selon les autorités locales. Toutes ces victimes étaient des femmes qui espéraient un avenir meilleur. Parmi elles, il y avait notamment trois gynécologues, deux pharmaciennes et des étudiantes

A Latifiyah, environ 25 kilomètres au sud de Bagdad, les radicaux sunnites ont collé des affiches sur les murs des magasins, écoles et mosquées, interdisant aux femmes de quitter leurs maisons sans l’abaya traditionnel et les interdisant d’utiliser du maquillage. Un avertissement indique que si elles n’obéissent pas à ces lois, elles seront tuées.

Onze femmes ont été tuées dans ce secteur . Trois corps ont été trouvés décapités et les autres ont été criblées de balle dans la tête, selon Quassim Yacoub, un officier au commissariat de la police locale.

En novembre 2004, Amal al-Mamalachy, une militante féministe des droits des femmes bien connue et conseillère du gouvernement, a été frappée par 10 balles et tuée à Bagdad sur le chemin de son travail. 160 impacts de balles ont été relevés sur sa voiture et plusieurs de ses gardes du corps sont morts dans cette attaque violente.

D’autres incidents se sont produits : Akilla al-Hashimia, membre du gouvernement intérimaire, a été tuée en octobre 2003. Nisreen al-Burawary, la ministre des travaux publics, la seule femme du Conseil gouvernemental, a survécu l’année dernière à une attaque durant laquelle deux de ses gardes du corps ont été tués. Les gardes du corps ont été également considérés comme des militants et des collaborateurs des forces US dans le pays.

Margaret Hassan, ancienne responsable de CARE international en Irak, a été enlevée et tuée en novembre 2004. Hassan était mariée à un irakien et avait passé 30 ans dans le pays à s’occuper des questions humanitaires. Ses ravisseurs inconnus ont réclamé que les troupes britanniques se retirent et que les femmes dans les prisons irakiennes soient libérées. Elle fut la première femme étrangère à être tuée en Irak depuis que le conflit a commencé en 2003.
"je crois que la situation [ de sécurité ] s’améliore pas à pas et que les femmes doivent juste faire attention quand elles se déplacent et croire que le nouveau gouvernement fera tout pour les protéger,"indique Sabah Kadham, député au ministère de l’intérieur.
Des menaces ont également été faites contre les O.N.G.. Firdous al-Abadi, la porte-parole du croissant rouge irakien (IRCS) a reçu des menaces de mort alors qu’elle travaillait dans Fallujah. Elle a dit avoir été accusée d’être une activiste et les insurgés ont dit qu’elle parlait trop en public.
« Je veux juste effectuer mon travail. C’est un champ humanitaire. Je dois parler de ce que nous avons vu » dit al-Abadi.
Manal Omar, dirigeante de l’organisation international Des femmes pour les femmes (WFWI) en Irak, a indiqué à IRIN que les femmes sont devenues une cible pour les insurgés et qu’elles sont devenues plus vulnérables.
« Beaucoup de femmes ont été tuées à l’intérieur du pays et les tueurs n’ont pourtant pas été inculpés. Les activistes sont la prochaine cible et si rien n’est fait, la situation deviendra beaucoup plus mauvaise » explique-t-elle.
Son Kul Chapuk ajoute que beaucoup de femmes ont été attaquées avec des pulvérisateurs contenant de l’acide dans la ville de Kirkuk parce qu’elles ne portaient pas correctement leur voile. « C’est vraiment absurde. Ils ne peuvent pas interdire aux femmes de porter ce qu’elles veulent ou de réclamer leurs droits », dit t-elle.
Houzan Mahmoud, la représentante britannique de l’organisation pour la Liberté des femmes en Irak (OWFI), dit à IRIN que « toutes les organisations de femmes, les partis politiques et les associations de droits de l’homme devraient soutenir et aider les femmes à protéger leurs droits afin d’empêcher davantage de meurtres ».

« Avec la victoire de l’alliance unifiée aux élections, l’islamisation peut se développer rapidement et les femmes en Irak pourraient perdre plus que ce qu’elles ont déjà perdu à l’intérieur de l’Irak. Je demande juste à chacun d’ouvrir les yeux sur cette question et d’aider celles qui souhaitent seulement établir leurs droits en tant que femmes " conclue Houzan Mahmoud.

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Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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