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La République islamique d’Iran, un séisme cent fois plus dévastateur sur l’échelle de Richter

Le tremblement de terre de Bam a déjà fait 40 000 morts et des dizaines de milliers de sans-abri et de blessés. Une semaine plus tôt, un tremblement similaire a frappé le Californie, avec de faibles pertes. Cette contradiction majeure est claire. La république islamique d’Iran a elle-même une part de responsabilité dans le tremblement de terre qui a frappé Bam. Le tremblement n’a pas dépassé 6,3 sur l’échelle de Richter. S’il n’avait pas frappé la République islamique d’Iran, les pertes de Bam auraient été similaires à celles de Californie. Ce n’est pas une catastrophe naturelle, mais politique - cent fois plus destructrice.

L’une des dimensions de cette catastrophe est le capitalisme dans un pays comme l’Iran. Le peuple de Bam et la majorité du peuple d’Iran vit sous le seuil de pauvreté ; leurs logements ne peuvent même pas être comparés aux standards internationaux et sont incapables de résister à la plus légère des secousses. Alors que, selon les rapports, moins de 10 % des édifices gouvernementaux, construits avec de meilleurs matériaux, se sont effondrés, 90 % des maisons particulières se sont effondrées car elles étaient construites avec de la boue. Si le régime islamique avait payé une centième de ce qu’il dépense en prisons, en polices et autres force d’oppression, cela aurait suffit à construire des habitations adaptées aux normes internationales et de réduire au dixième les dimensions de la catastrophe. Les gouvernements successifs en Iran, sous le régime du Shah comme aujourd’hui, ont été la cause fatale des gens dans les catastrophes naturelles et non leurs sauveurs.

Le logement n’est pas le seul aspect du problème. En Iran, il n’y aucun plan d’urgence, pas de politique, ni de budget, ni même d’organisation responsable de gérer les catastrophes ; tout au plus, cela existe sur le papier. En pratique, le vol et la corruption ne font qu’ajouter à la misère du désastre qui frappe les gens. Ce sont les caractéristiques « classiques » du capitalisme dans les pays où le travail est peu coûteux et les travailleurs réduits au silence comme en Iran. Durant l’ère du Shah, ce n’était pas différent. Rien ne changera tant que le capitalisme sera au pouvoir.

Cependant, une autre dimension de la catastrophe est la République islamique d’Iran en elle-même - sa caractéristique essentielle étant d’être antithétique avec la vie humaine, avec l’insatiable capacité de la religion à justifier n’importe quelle barbarie. Le désastre de Bam est directement lié à cette barbarie : Le tremblement de terre est arrivé à 5h40, le matin. Le gouvernement est resté totalement silencieux pendant 9 heures. Pas un mot n’a été prononcé par les officiels du gouvernement, ni à la prière du vendredi. Non seulement le régime n’a rien fait, mais il n’a pas non plus autorisé les gens à venir en aide aux victimes ; des heures cruciales ont été perdues comme çà. Cette négligence — si on peut parler de négligence - est suffisante pour condamner le régime islamique dans n’importe quelle cour internationale pour la mort de dizaines de milliers de personnes à Bam. Ce n’est pas, il est vrai, le seul crime de ce gouvernement. Nous devons faire face à un barrage de mensonges, de tromperies, de vols et à la peur, à la haine du peuple qui anime ce régime. Le manque d’action, la confusion et le l’absence de coordination dans l’envoi de l’aide aux victimes du tremblement de terre, le vol, la corruption et l’escroquerie, qui ont déjà été constaté avec le marché noir, la fabrication et la falsification d’informations sur la situation des victimes, le tout sous le couvert le plus méprisable de l’excuse religieuse : voilà quelles sont les activités du régime islamique après le tremblement de terre. C’est comme si une bande de vautours étaient au pouvoir en Iran Ils s’activent quand le peuple souffre, non pour les aider, mais pour remplir leurs propres proches et se maintenir au pouvoir.

Les nouvelles sont choquantes : la zone est fermée sous prétexte de sécurité, mais en pratique, les Basijis [milices islamiques, ndt] ont le droit de siphonner l’aide et de la vendre sur le marché, l’enlèvement et la vente de jeunes filles survivantes, l’interdiction de sauver des victimes de sexe féminin - car elles ne doivent pas être en contact avec des hommes qui ne sont pas de leur famille - l’interdiction de journalistes étrangers, et l’évacuation des médecins, de crainte d’un rapport négatif ; enfin, le blâme de créatures islamiques comme l’Ayatollah Emani Kashani, qui a proclamé que « Le peuple de Bam a attiré sur lui la colère de Dieu car il a négligé ses obligations religieuses », et ainsi de suite. Et ceci est le bilan des vautours islamiques, rien que pour la première semaine après la secousse.

Le problème n’est pas la violation des droits de l’homme, mais celle des hommes eux-mêmes. Ce n’est pas la nature oppressive et réactionnaire du gouvernement, mais l’annihilation complète d’un génération. Le peuple d’Iran se trouve face à une bande de criminels. Cette machine à tuer doit être brisée et ses dirigeants doivent être traduits en justice.

Vis-à-vis de la barbarie, nous sommes témoins d’une vague d’aide humanitaire, de sympathie et de soutien de l’Iran et du monde entier. Des milliers de groupe d’aide spontanée ont été immédiatement mis en place dans tout l’Iran, des centaines de tonnes de vêtements, de nourriture et de médicaments on été collectées et envoyées à Bam. Le peuple d’Iran qui est familier des criminels au pouvoir, sait qu’il doit organiser l’aide de manière indépendante du gouvernement, et c’est ce qu’il a fait. La vague de soutien populaire au victimes du tremblement de terre de Bam devait passer outre le régime et neutraliser ses obstacles. Il faut résister à toute interférence gouvernementale, toute forme de paperasserie. Le peuple d’Iran doit prendre en main la mise en place de l’aide via des organisations indépendantes, devenir le lien entre les organisations internationales et le peuple de Bam. C’est la vie de dizaines de milliers de victimes, jeunes et vieilles, du tremblement de terre. Cela ne peut être fait que par le pouvoir du peuple lui-même. Le monde doit voir ça.

Le régime islamique doit faire face aux protestations populaires dans le pays et à l’opinion et aux organisations internationales. Il faut élever la voix, à travers le monde entier, contre ces criminels, contre le pouvoir islamique, assassin de dizaines de milliers de personnes. Il faut les juger devant un tribunal international.

Le Parti communiste ouvrier d’Iran fera tous les efforts pour y parvenir.

Hamid Taghvaie est président du Comité central du Parti communiste ouvrier d’Iran. Ce texte a été traduit du Persan en anglais par Fariborz Pooya, membre du Comité de coordination d’urgence pour le tremblement de terre de Bam, puis en français par l’association Solidarité Irak (www.solidarite-irak.fr.fm/).

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Auteurs
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Yanar Mohammed
Solidarité Irak
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Stéphane Julien
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