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Irak : Le nouveau visage de la contestation anti-guerre ?

Un dimanche après-midi de février, un jeune homme lança un appel à une salle remplie par 400 militants anti-guerre qui s’étaient réunis à Saint Louis pendant trois jours pour mettre au point une stratégie pour mettre fin à la guerre d’Irak. « Je suis probablement le militant le plus expérimenté de mon organisation et je suis militant depuis un an », dit Michael Hoffman, âgé de 25 ans, « nous avons besoin de votre aide pour la logistique. » En échange il a promis que son groupe servirait de bouclier. « Quand il y a des manifestations massives, nous serons devant. Nous dirons que vous faites tout ce qui est possible pour soutenir les troupes en exigeant qu’on mette fin à la guerre immédiatement, de sorte que les soldats puissent rentrer et qu’on les prenne en charge après leur retour. »
Son discours était bref mais ce fut un des rares qui fut accueilli par des cris enthousiastes, des acclamations et une ovation debout par la foule des délégués de « United for Peace and Justice » [1], une coalition nationale de plus de 1000 groupes anti-guerre. Quand il quitta l’estrade et s’ouvrait un passage dans la foule, il semblait surpris par la réaction qu’il avait eu - en effet surpris de se retrouver dans le rôle d’un résistant contre la guerre.

Jusqu’à l’été 2003, Michael Hoffman avait été un Marine US du 10e régiment. Hoffman qui dit qu’il a cru depuis le début que c’était une guerre pour le pétrole, avait été déchargé du service avant que son unité n’embarque pour le Koweït en février 2003. Mais deux jours avant la fin de son service, son sergent l’appela pour lui faire savoir que le Secrétaire de la Marine avait institué un « stop loss » qui signifiait que les soldats considérés comme nécessaires pour la guerre ne pouvait pas quitter le service comme promis ; Hoffman irait en Irak au lieu de retourner chez lui à Allentown, Pennsylvanie. Ce que Hoffman vit quand son unité se rendit en Irak le 20 mars ne fit que renforcer son opposition à la guerre. « En voyant les pertes civiles et les horribles choses commises et la destruction imposée par nous à ce pays, il était bien évident que nous n’avions jamais eu à l’esprit le meilleur intérêt des Irakiens », dit-il.

Aujourd’hui, Hoffman est co-fondateur d’une organisation débutante de vétérans de l’Irak contre la guerre [2] et aussi une pièce maîtresse de la stratégie émergeante du mouvement pour la paix. Les militants anti-guerre sont déterminés à faire de l’armée un pilier majeur du mouvement, à la fois en insistant sur les points faibles de l’effort de guerre - la campagne militaire chancelante pour recruter de nouveaux soldats - et en englobant des troupes anti-guerre. Se souvenant peut-être de l’entrée tardive mais puissante des voix des vétérans du Vietnam dans les manifestations de l’époque, dans les années 60 - comme celle du jeune lieutenant John Kerry, qui s’exprima de manière éloquente sur ce qu’il avait vu au Vietnam -, les militants du mouvement de la paix d’aujourd’hui espèrent être plus stratégiques concernant le rôle de l’armée.

C’est une alliance riche en promesses. Une partie du défi pour le mouvement de la paix est de persuader les Américains qu’attaquer la guerre n’est pas la même chose qu’attaquer les troupes. La mythologie datant de l’époque du Vietnam de militants crachant sur des soldats est encore bien vivace et fait partie de la psyché américaine (peut importe combien de fois la véracité a été mise en question). Placer des vétérans en tête du mouvement de la paix subvertit cette image. En même temps, cette tactique a des désavantages - parmi elles, le risque de renforcer la notion que l’opposition de civils à la guerre est dans une certaine mesure moins légitime.

Pour le moment, suite à de nouveaux rapports signalant une dissidence dans les hommes de troupe, les dirigeants anti-guerre sont convaincus que les soldats constituent des alliés précieux. « Ils ont une crédibilité dans ce débat qui leur permet de toucher plus de gens et de répondre aux arguments des conservateurs de manière plus persuasive », dit Charley Richardson, un des co-fondateurs « Military Families Speak Out » (MFSO) [3] et le père d’un soldat qui a servi en Irak. Richardson et sa femme Nancy Lessin, ont vu croître MSFO de 200 familles en 2003 à plus de 2000 familles aujourd’hui. « Il y a plus de soldats et leur épouse qui parlent aujourd’hui », dit Lessin, qui croit qu’il y en a encore plus qui nourrissent un sentiment anti-guerre mais se taisent. Constatant que l’organisation a connu un changement dans l’affiliation - ce sont surtout des parents de soldats ; maintenant plus d’épouses de soldats s’affilient - Lessin se sent encouragée : « C’est significatif parce que c’est là que le code du silence est le plus grand, dans les bases militaires, et c’est là que briser le code est le plus difficile. »

Un nombre important ? Non. Mais une présence symbolique peut être puissante - faire savoir à d’autres qui partagent le même sentiment que parler est OK. Et mettre les familles et les soldats en avant peut faire changer l’opinion publique, disent les organisateurs.

Une partie du problème est que personne, du voisin aux politiciens au Congrès, ne veut être considéré comme ne soutenant pas les troupes », dit Lessin. « Notre rôle est de changer cette construction, dire que le vrai soutien aux troupes maintenant - quand ils ont été envoyé pour combattre et mourir dans une guerre basée sur des mensonges - est de lutter contre une guerre qui n’aurait jamais dû éclater. Nous disons, « Nous avons besoin de votre soutien pour soutenir les troupes de cette façon. » Avoir des membres vétérans et de familles de militaires impliqués est donc crucial. « Ce groupe de personnes nous permet de parler contre la guerre. »

Ce qui aide ces efforts sont certains signes récents très visibles de troupes renfrognées. Il y a l’expert Thomas Wilson, le soldat qui au cours d’une rencontre « feel-good » (pour se sentir bien) au Koweït, a été harcelé par la presse après avoir oser interroger le Secrétaire à la Défense Donald Rumsfelt pour savoir pourquoi les soldats étaient forcés de « fouiller dans des déchets locaux pour trouver des fragments de métaux » pour blinder leurs véhicules au lieu de recevoir de l’armée un équipement protecteur convenable. Puis il y a eu les 23 membres de la 343e compagnie d’intendance en Irak qui se sont mutinés, refusant de conduire leurs camions dans ce qu’ils considéraient clairement comme une mission suicide. Enfin, les militants pour la paix ont été favorisés par une vague de procès bien médiatisée de soldats et d’officiers enrôlés.

Les poursuites attirèrent l’attention sur ce que John Kerry surnommait un « recrutement d’arrière garde », par lequel des dizaines de milliers de vétérans qui avaient quitté le service, des soldats d’active qui croyaient qu’ils avaient accompli leur terme en Irak et des officiers qui avaient introduit une demande de séparation ou de retraite étaient invités à reconsidérer leur décision (un Californien de 56 ans qui avait servi trois termes au Vietnam avant de quitter le service, il y a quelques décennies, était parmi ceux auquel il a été ordonner de reprendre du service).

Alors que le Pentagone a rappelé au public que nous sommes en guerre, des avocats de soldats réticents ont une autre argumentation. Dans des cas plaidés ces deux derniers mois, ils prétendent que les Etats-Unis sont engagés dans une opération de « construction de nation » et « de répression de l’insurrection irakienne », deux activités qui ne sont pas couvertes par la déclaration « d’état d’urgence » du Président Bush le 14 septembre 2001. Comme le Congrès n’a jamais officiellement déclaré la guerre à l’Irak, ils prétendent que Bush n’a pas le pouvoir d’ignorer les accords contractuels que les soldats ont signé lors de leur engagement. (Et en effet, le 2 mai 2003, du pont du USS Abraham Lincoln, Bush a rassuré la nation en disant que la guerre était finie et gagnée par les forces US : « Les opérations majeures de combat en Irak sont terminées. »)
En plus des luttes devant les tribunaux, les opposants à la guerre ont aussi essayé d’établir des ponts avec les progressistes au sein de la communauté militaire. « Nous affirmons que défendre son pays et soutenir ses troupes ne signifient pas de supprimer sa conscience », annonce le Forum du soldat civique dans une publicité à paraître dans des publications militaires. Le Forum, une organisation nationale qui se décrit comme « des progressistes qui sont aussi des patriotes », est composé d’analystes militaires, de troupes en service actif, de civils et de vétérans.

Au niveau de la base, des progressistes travaillent aussi à impliquer des soldats. Par exemple, à Fayetteville, Caroline du Nord, où se trouve une des plus grandes bases de l’armée (Fort Bragg) ainsi qu’une base de la Force aérienne (Pope AFB), les Quakers se sont joints aux Vétérans d’Irak contre la guerre, au MFSO, aux Vétérans pour la paix, les Gold Star Families pour la Paix et les « familles du 11 septembre pour des lendemains pacifiques » pour organiser une grande manifestation anti-guerre le 19 mars. Ils attendent entre 4000 et 10000 manifestants.
Entre temps dans le Vermont, les militants ont adoptés une tactique toute différente. Ici, dans un état sans base militaire de service actif mais avec un certain nombre de soldat de la Garde nationale, 50 villes ont passé une résolution, le 1er mars en vue de terminer la guerre. « Cette guerre est perpétrée en notre nom avec nos dollars des impôts », dit Sherry Prindall, mère d’un soldat de la Garde nationale déployé en Irak. Parlant à une radio commerciale qui couvre l’Etat, elle a invité les Vermontais à considérer la guerre comme un problème local. Bien que les organisateurs reconnaissent qu’il est improbable que leurs résolutions mettent fin à la guerre, ils y voient un effort significatif d’éducation. « Le but fondamental de tout l’exercice est de commencer un entretien au Vermont », dit Ben Scotch, une des figures de proue de la campagne. « Nous voulons sortir cette discussion hors du mouvement de la paix et l’engager avec les départements de pompiers, les écoles, les vétérans des guerres étrangères - toute la communauté. »

Ces efforts concordent joliment avec les efforts contre-recrutement du reste du mouvement de la paix, qui se concentre nouvellement sur la Garde nationale. « Ceci n’est qu’une partie d’un combat plus large pour priver le gouvernement des troupes dont il a besoin pour faire la guerre », explique le MFSO Richardson. En collaboration avec le Comité service des amis américains, les Vétérans du Vietnam contre la guerre, les Vétérans pour la paix et Unis pour la Paix et la Justice, le MFSO a l’intention d’introduire la guerre dans la maison en expliquant l’impact local de la guerre sur les soldats, les familles, les communautés et les états en concentrant l’attention sur la Garde nationale. Parce que dans certains états près de 50% des troupes de la Garde nationale sont déployés en tout temps privant les résidents des équipes de réponse d’urgence de l’état dont ils pourraient avoir besoin. « C’est une question que peuvent et doivent traiter les législatures d’état », insiste Richardson.

Les militants anti-guerre espèrent non seulement exposer cette vulnérabilité et inciter plus d’états à adopter des résolutions comme celles du Vermont ; ils recherchent finalement à influencer du bas vers le haut (trickle-up effect). Si des militants de la base peuvent persuader un conseiller de soutenir leur cause, et ensuite un législateur de l’état, finalement des membres du Congrès pourraient supposer qu’ils disposent d’une base favorable pour prendre position. Dans ce but, des militants pour la paix relient le coût de la guerre à des questions locales. Des bibliothèques et des écoles ne reçoivent pas suffisamment de subventions, explique-t-on, parce que l’argent sert à financer des aventures militaires. »
« Nous devons dire que les budgets de Bush sont immoraux et que nous recherchons des moyens moraux pour utiliser notre argent », dit Medea Benjamin, co-fondatrice de Code Pink, une organisation de femmes pour la paix.

Pendant ce temps, des étudiants de facultés contestent la présence de recruteurs sur leurs campus, et des parents de jeunes gens commencent à critiquer la chasse par l’armée des hautement qualifiés. Cindy Sheehan, une Californienne dont le fils de 24 ans, Casey, a été tué deux semaines après son arrivée en Irak en avril 2004, dit qu’elle entre dans une colère froide quand des recruteurs téléphonent chez elle demandant à parler à ses trois enfants plus jeunes. « Ils reçoivent les listes des écoles », dit-elle, faisant référence à une clause peu connue de la « Loi Pas d’enfant abandonné » qui oblige les écoles publiques à fournir aux recruteurs les noms, adresses et numéros de téléphone privé - sous peine de perdre le financement fédéral. « Je dis aux recruteurs que sacrifier mon fils aîné pour un mensonge est déjà bien trop et qu’ils n’allaient pas avoir mes autres gosses. »

Sheehan est l’exemple parfait du genre de personne qui selon les militants pour la paix font partie de la majorité silencieuse : elle était contre la guerre, mais peu disposée à le dire.

« J’ai été stupéfaite et consternée quand les Etats-Unis ont envahi l’Irak, » dit Sheehan, « Je n’étais pas d’accord. Je ne croyais pas que c’était juste, mais je n’ai jamais protesté jusqu’à ce que Casey soit tué. » Elle s’arrête un instant et s’arme de courage pour ce qui est peut-être son centième mea culpa brutal : « Et je regrette de ne pas l’avoir fait. » Prenant à coeur l’ancien slogan de l’Union « Ne pleure pas, organise », Sheehan est clairement immergée dans les deux. Avec une douzaine d’autres familles qui ont perdu des soldats dans la guerre, elle a créé une nouvelle organisation, « Gold Star families for peace » et elle y partage sa propre expérience pour faire pénitence. « Maintenant je fais tout ce que je peux pour raccourcir cette guerre et sauver d’autres familles de la souffrance que nous subissons », dit-elle.

Sa voix et celles d’autres familles de militaires sont la bienvenue dans le mouvement de paix. Et plus de soldats sont lentement en train de surgir de nulle part. Mais parvenir à rassembler un grand nombre de troupes impliquées peut être une opération de longue haleine. Il existe une pression énorme dans la communauté militaire - le Département de la Défense l’appelle « formation de liens affectifs » (bonding) et le considère comme la pierre angulaire de l’entraînement militaire - et les soldats qui exprime ouvertement leur opposition à la guerre font face à des obstacles considérables. Non seulement leurs pairs les évitent mais l’armée peut les poursuivre.

Le Forum du soldat civique place des publicités dans différentes publications militaires. L’une d’elles parue dans le The Stars and Stripes pose une question provocante : « Qui dit que ceux qui défendent la démocratie ne sont pas capables de la pratiquer ? » Posée de manière éloquente, la question n’est pas simplement rhétorique. Il y a tant de règles imposées à la vie politique des soldats que la plupart semblent répugner à toute activisme par peur d’en violer une. (Le règlement spécifie même la taille des autocollants autorisée sur leurs voitures.) Officiellement, les membres du service armé peuvent participer à des manifestations tant qu’ils ne sont pas en uniforme, ne divulguent pas de secrets militaires et ne se présentent pas comme parlant pour l’armée. « Non officiellement, vos superviseurs peuvent vous attribuer n’importe quel détail horrible qu’ils peuvent trouver », dit Hoffman, le vétéran d’Irak qui a parlé lors de l’activité anti-guerre de St Louis. « En Irak, ils peuvent vous envoyer compléter chaque mission dangereuse. »

Lou Plummer, un vétéran de l’armée dont le fils Drew, des Marines, était chez lui en congé le jour où la guerre en Irak commença, dit que son fils a payé le prix fort pour avoir dit ce qu’il pensait. Lou a amené Drew à la vigie de paix de Fayetteville, ce jour là. Quand un reporter de AP interviewa Lou et puis se tourna vers Drew pour lui demander ce qu’il pensait, le jeune homme lui dit que, d’après lui, c’était une guerre pour le pétrole. « Il n’a parlé à aucun autre journaliste. Il n’est pas militant. Il a juste répondu à une question selon son opinion », rappelle Lou. Bien après que les commentaires de Drew ne se soient retrouvés dans la presse, quand il se présenta pour le service sur le USS Dwight D. Eisenhower, il a été accusé de violer l’article 134 du code de l’uniforme de la justice militaire. L’accusation était la déloyauté. Quand Drew fut traîné devant ses supérieurs, explique son père, « on lui a demandé s’il sympathisait avec l’ennemi et il a répondu « Non. » On lui a demandé s’il avait l’intention de saboter le bateau, et il a répondu « Non. » On lui a demandé s’il regrettait ce qu’il avait dit au reporter et il a répondu « Non. » Alors il a été condamné pour déloyauté et rétrogradé. »

Hoffman confirme que ceci n’est pas rare. « Des tas de gars qui parlent ouvertement sont expédiés dans une audition selon l’article 15 parce qu’on leur offre un choix entre cela et une Cour martiale », dit Hoffman. Dans une audition Article 15, des soldats renoncent à une représentation légale et à un procès, acceptant de laisser le commandant décider au moyen d’une audition administrative moins formelle. « Et fondamentalement, vous êtes coupable à moins de prouver que vous êtes innocent », dit Hoffman.

Tandis que le mouvement anti-guerre englobe les soldats qui bravent une telle hostilité à l’expression de leurs doutes sur la guerre, des voix militaires dissidentes ne partagent pas toujours tous les objectifs et priorités du mouvement pour la paix. Il en résulte que ces alliances ont un potentiel d’effet inverse. Exemple, le commentaire de l’expert Wilson à Rumsfelt sur le manque de véhicules blindés est la plainte qui a été entendue dans le monde entier. Mais si elle est invoquée pour justifier de nouvelles dépenses militaires, les acclamations peuvent s’éteindre. Ou si les plaintes des familles de militaires qui se lamentent sur le tempo opérationnel actuel où leurs époux sont déployés plus longtemps qu’ils ne sont à la maison, encourage une intensification du recrutement militaire, elles peuvent se trouver en désaccord avec le mouvement dans son ensemble. En effet, les progressistes peuvent mettre l’armée en avant pour les mêmes raisons que les Démocrates sont maintenant décidés à mettre la religion en avant - et les deux projets suscitent les mêmes questions sérieuses : N’est-ce pas capituler devant le climat politique plutôt que de contester les principes mêmes qui disent que la crainte de Dieu fait les meilleurs dirigeants, ou que les soldats en khaki sont les plus authentiques patriotes ? Et quand certains de « ces vrais patriotes » sont les auteurs de crimes comme ceux commis à Abu Ghraib, la position pro-militaire du mouvement de la paix évitera-t-elle d’émettre une solide critique ?
Finalement, il existe un danger que la perspective du soldat, si cruciale maintenant pour le mouvement de la paix, puisse se révéler problématique pour le mouvement des progressistes plus vaste que les militants espèrent engendrer ainsi. Après tout, pour beaucoup de soldats, il s’agit d’une plate-forme avec un seul point faisant d’un avantage immédiat un inconvénient à long terme. Tant d’autres militants à la Convention « Unis pour la justice et la paix » peuvent être considérés par des Américains comme des « gauchistes gauchisants fous, des communistes », me confia Hoffman en privé après s’être adressé à la large audience de militants dans le hall de la convention à St Louis. « Mais nous sommes les vétérans qui avons été là et qui avons combattu, et il semble que ce soit dur pour nous d’être écartés. Nous avons été en Irak. Nous l’avons vu. Nous savons que c’est mal. Nous devons y mettre fin. » Il hausse les épaules et lève les mains, les paumes vers le haut comme s’il tenait un colis bien rangé. « C’est très simple. Il n’y a pas beaucoup d’autres problèmes dont nous parlions. »

Par Karen Houppert

Traduction d’un article publié le 8 mars 2005 sur le site web du magazine The Nation (Etats-Unis).

http://www.thenation.com

[1] « United for Peace and Justice » (Unis pour la paix et la justice) : http://www.unitedforpeace.org

[2] Iraq Veterans Against the War (Vétérans d’Irak contre la guerre) : http://www.ivaw.net

[3] « Military Families Speak Out » (Les familles de militaires parlent) : http://www.mfso.org

Source : http://www.samizdat.net/

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