Accueil du site - Contact

Quelques organisations progressistes en Irak

Le régime totalitaire qui s’est établi en Irak a rendu presque impossible toute forme de révolte organisée. Quelques mouvements de guérilla ont existé dans les secteurs ruraux, notamment les marais du sud, jusqu’à leur assèchement, et les montagnes du Kurdistan, zone traditionnelles de résistance au pouvoir central. Mais dans les villes du centre de l’Irak, le système de flicage permanent et de dénonciation mis en place par le parti Baas empêchait toute forme d’expression autonome, à tel point qu’organiser une caisse de solidarité mutuelle représentait un risque mortel pour les ouvriers qui y participaient.

Dès le 1er mai 2003, peu après l’occupation de l’Irak, est fondé le Syndicat des chômeurs, qui proclame à la fois son refus de l’occupation, du nationalisme et de l’islamisme. Son porte-parole, Qasim Hadi, a déjà derrière lui un long passé d’organisateur clandestin ; il est l’un des rares meneurs ouvriers à avoir organisé des grèves dans les usines de traitement du gypse durant la dure période de l’embargo, et à déjà été arrêté de nombreuses fois. Il est membre du Parti communiste-ouvrier d’Irak, une organisation née de la fusion de plusieurs groupes communistes à l’issue de l’insurrection des conseils ouvriers en Mars 1991 au Kurdistan. Le syndicat des chômeurs connaît un succès immédiat en raison de sa principale revendication « 100 $ d’indemnité pour tous et toutes », dans un pays où il n’existe aucun droit pour les chômeurs et chômeuses.

Quelques mois plus tard est fondée à Bagdad, avec le concours du Syndicat des chômeurs, la Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak (FCOSI), un syndicat de base qui organise, malgré la répression, des élections libres dans de nombreuses entreprises pour mettre en place des conseils ouvriers élus et révocables par les travailleurs eux-mêmes. Son porte-parole est Falah Alwan, autre vétéran de la lutte clandestine, qui affiche une bonne humeur sans faille malgré les difficultés qui s’accumulent : le gouvernement pro-américain décide de reconnaître pour seul syndicat officiel la fédération irakienne des syndicats (IFTU), crée par la Parti communiste au gouvernement ; les moyens manquent absolument pour l’activité syndicale, qui dépend largement de l’aide internationale, apportée notamment par les vigoureux syndicats japonais. Malgré cela, la FCOSI poursuit son développement et touche un nombre grandissant de secteur, avec un programme radical - l’égalité hommes / femmes en étant l’un des points principaux.

L’Organisation pour la liberté des femmes (OLFI) en Irak a connu un certain succès à partir de février 2004, pour son opposition à la mise en place de la charia islamique par le gouvernement intérimaire pro-américain. Cette lutte a valu à sa porte-parole, l’architecte Yannar Mohammed, des menaces de mort de la part de l’Armée des compagnons du prophète, un groupe proche des Talibans afghans. L’Olfi a créé à Bagdad et dans d’autres villes d’Irak des foyers d’accueil pour femmes menacées de meurtre d’honneur ; la journaliste italienne Giuliana Sgrena était en train de leur consacrer une enquête lorsqu’elle a été enlevée.

Le Parti communiste-ouvrier d’Irak est à l’initiative de ces différentes organisations. Opposé aux groupes religieux et nationalistes, il tire son inspiration de la pensée du communiste de gauche iranien Mansoor Hekmat, très critique sur « l’anti-impérialisme » et le marxisme-léninisme traditionnel. Principale organisation d’extrême-gauche en Irak, le PCO s’est implanté dans plusieurs quartiers périphériques de Bagdad, où ; à la demande de la population, il a constitué des groupes armés capables de tenir à distance les milices islamistes, les gangs maffieux et les troupes américaines. La population y organise elle-même la vie locale. Il en va de même dans plusieurs camps de réfugiés où le PCO et l’Olfi sont implantés.

(publié dans Réfractions, en encart de l’article Femmes, Islam et laïcité en Irak)

Traductions
English
Italiano
Deutsch
Castellano
Other
Português

Thèmes
Situation sociale
Mouvement social
Femmes
Laïcité
Vie de l’asso
Résistances
Moyen Orient
Occupation
Analyses
Réfugié-es
Actions
Témoignage
Photo
Prisons
International
Minorités sexuelles

Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

Dernières nouvelles
- Important New Support for OWFI’s Work from European Funders(OWFI - 12 février 2017)
- Bread Baking Stoves and Supplies Empower Women in IDP Camp to Feed and Support Many Others(OWFI - 12 février 2017)
- OWFI Sheltering More Women than Ever Before(OWFI - 12 février 2017)
- The city of Mosul is devastated.(OWFI - 12 février 2017)
- In Conversation : Yanar Mohammed on trafficking in Iraq(OWFI - 22 juin 2016)
- From where I stand : Yanar Mohammed(OWFI - 22 juin 2016)
- OWFI Statement(OWFI - 19 mars 2016)
- OWFI held the founding event of organizing a Black-Iraqi Women’s gathering on 16th of February(OWFI - 19 mars 2016)