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Meurtres pour l’honneur

Faeq Ameen Bakr, directeur général de l’Institut Médico-Légal de Bagdad, écrit souvent « assassinée pour laver la honte » dans les nombreux rapports d’autopsie et d’enquêtes posés sur son bureau.

Le nombre des crimes « d’honneur » (lorsqu’une femme est assassinée par un membre de sa famille parce qu’il considère qu’elle a bafoué son honneur) est en augmentation depuis la chute de Saddam Hussein. L’Irak est une société tribale où les crimes d’honneur sont une pratique acceptée, mais cette pratique est en hausse parce que les attitudes conservatrices sont elles-mêmes en hausse.

Bakr dit qu’il est difficile de connaître le nombre de ces meurtres, parce qu’ils ne sont que rarement déclarés. Parfois les femmes préfèrent se tuer elles-mêmes que de faire face à la colère de leurs familles.

En allant vers le bureau de Bakr, un reporter de l’IWPR traverse le pont Bab al-Muadham à Bagdad. Une jeune fille essaye alors de sauter depuis le pont et lorsque quelqu’un tente de l’en empêcher, elle ouvre les yeux et dit « Je suis enceinte. Ils vont me tuer ».

Emmenée vers l’hôpital de la capitale, elle a pu avorter, selon le docteur du service d’urgence.

Bakr affirme qu’il y a plusieurs motivations au crime d’honneur, comme le refus par la femme de se marier avec l’homme choisi par la famille, le mariage avec quelqu’un que la famille refuse ou le fait d’avoir été violée.

Selon une étude du ministère des affaires féminines plus de 400 femmes ont été violées depuis la chute du régime de Saddam Hussein, et plus de la moitié ont été ensuite assassinées dans des crimes d’honneur.

Les autorités disent qu’elles se préoccupent sérieusement de cette question, mais les peines encourues ne sont pas lourdes pour des meurtres prémédités qui, normalement, sont punis par la prison à vie.

Dans un cas, un capitaine de police a été condamné à un mois de prison et à une amende selon un rapport récent de l’IWPR, pour avoir fourni un pistolet à un de ses amis qui l’a utilisé pour assassiner sa sœur. Le policier a affirmé que son ami lui avait dit avoir besoin d’une arme pour se protéger. L’assassin a été condamné a six mois de prison.

La militante pour le droit des femmes, Amaal al-Mualimchi explique que les femmes ont tellement peur d’être victimes de crimes d’honneur qu’elles deviennent des prisonnières dans leurs propres maisons. « Aussi, les femmes ont deux choix : risquer d’être violées puis assassinées par leurs familles, ou l’emprisonnement à la maison » dit-elle.

Jwan Ameen, du ministère des affaires féminines, tente maintenant d’aider les femmes face aux crimes d’honneur en établissant des foyers sécurisés pour elles. Les organisations de femmes demandent, elles, que la protection des femmes soit inscrite dans la nouvelle constitution qui devrait prochainement être rédigé par l’assemblée nationale. « Mais nous avons des difficultés pour de tels foyers, parce que nous n’avons pas de budget » dit Ameen.

L’Organisation pour la Liberté des Femmes, une ONG, a mis en place un refuge pour les femmes qui cherchent à fuit les crimes d’honneur ou d’autres formes de violences.

Nada al-Bayati, qui y travaille, parle d’une situation récente où une femme est venue au refuge parce qu’elle a été agressée sexuellement par un soldat américain. Sa famille, qui en a entendu parler, voulait la tuer.

Le refuge demande des compensations financières aux forces américaines suite à leur comportement avec les femmes, et l’organisation cherche des asiles pour ces femmes dans d’autres pays, mais aucune d’entre elles n’est vraiment en sécurité. Parfois, la sœur de la femme vient et la ramène dans la famille en disant qu’elle la protégerait.

« Le nombre de crimes d’honneur est tellement élevé que nous ne pouvons pas accepter de rester silencieuses » dit al-Bayati.

Source : Kurdish Media, 18 mai 2005

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Auteurs
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Solidarité Irak
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Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
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