Accueil du site - Contact

Iran : le syndicaliste Borhan Divargar emprisonné

Aux syndicats et aux organisations ouvrières, aux institutions progressistes et aux défenseurs des droits de l’Homme

D’après les sources qui nous sont parvenues, Borhan Divargar, membre actif et renommé du mouvement ouvrier a été arrêté le 7 août 2005 dans la ville de Saghez en Iran par les agents du service d’informations de la République Islamique.

Son arrestation fait partie d’une vague immense et récente des arrestations effectuées dans les villes de Kurdistan. Le nombre est de 1000 personnes à peu près.

Borhan Divargar, membre du Comité des unions libres ouvrières, est le fondateur des unions nationales des ouvriers sans travail. Il est membre des ouvriers boulangers de Saghez et responsable du foyer des enfants à Saghez et à Téhéran.

En mai 2004, il avait été arrêté avec 6 autres membres à Saghez. Dans plusieurs cas, dans les réunions de jugements de ces mêmes tribunaux dérisoires du régime, les hautes autorités de la République Islamique n’avaient pas pu justifier les accusations sans fondement contre lui.

A l’heure actuelle et au jour de la grève générale du peuple de Kurdistan contre la République Islamique, les agents du service d’informations rentrent chez lui à 2 heures du matin sans aucune autorisation judiciaire pour une deuxième fois.
Ils réquisitionnent ses objets personnels ainsi que son ordinateur et provoquent un climat de terreur contre sa famille ; ils l’arrêtent une seconde fois.

Le matin du même jour, il est ramené au tribunal pour une déclaration des cas d’accusation. D’après eux, voici ses accusations :

- Son affiliation au Comité des unions libres ouvrières

- Création de l’Organisation des ouvriers sans travail

- Possession d’un site ouvrier sur le net

- Publicité pour la grève générale au Kurdistan

Ils reconnaissent que les cas d’accusations citées font partis des droits fondamentaux de chaque individu dans la société mais qu’ils ont été interdits dans la République Islamique.

Cependant le devoir des groupes et des syndicats ouvriers et les personnalités progressistes gauches est de mettre la pression sur le régime islamique pour qu’ils libèrent immédiatement Borhan Divargar et les autres personnes arrêtés dans les événements récents en prenant des initiatives efficaces.

J’espère qu’ils vont agir très rapidement.

Avec respect Rahman Hosseinzadeh
Adjoint du Leader du Parti Communiste ouvrier-Hekmatiste le 08/08/08

Borhna Divargar et tous les prisonniers doivent être libérés très rapidement.

*************

La 1er lettre de Mariam Akhzarpour

A Guy Rider, l’honorable secrétaire général des Unions libres ouvrières
A Amnesty International
A toutes les organisations ouvrières et les institutions humanitaires

J’informe par la présente que mon mari Borhan Divargar a été arrêté chez lui le dimanche 7 août à 2 heures du matin par les forces de l’Ordre de la République Islamique sans aucune autorisation légale.

Il a été présent au tribunal ce dimanche et depuis nous sommes sans nouvelles de lui.
Borhan, membre des syndicats des ouvriers boulangers de Saghez, avait été déjà arrêté le 1er mai 2004 inculpé d’avoir organisé la journée des travailleurs le 1er mai. Cela fait un an et demie que le procès est en cours.
Les forces de l’Ordre n’ont même pas attendu la décision de leur tribunal et l’ont enlevé dans une attaque nocturne.
Borhan faisait parti des membres actifs du Comité donnant suite à la création des organisations ouvrières et il est membre fondateur des Unions nationales des ouvriers sans travail ; il est également secrétaire du Foyer de la défense des enfants de Saghez.

Durant ces jours, je suis allé voir plusieurs fois les autorités de la République Islamique afin d’avoir une visite avec mon mari mais je n’ai eu aucune réponse.

Il ne me reste que 3 mois avant mon accouchement. Ils ont emmené Borhan devant les yeux effrayés de mon petit garçon ; ils ne se sont pas contentés à ça et ont emporté son ordinateur et tous les papiers concernant le Foyer de la défense des enfants ainsi que ses objets personnels.
La faute de Borhan, c’est de défendre les droits des ouvriers, c’est de défendre les droits de l’Homme et de protéger les enfants exploités.

L’arrestation et l’emprisonnement de Borhan sont des actes contre les droits de l’Homme et je les condamne sévèrement.
En même temps, je considère les autorités de la République Islamique, responsables de l’état de santé de Borhan, responsables de tous les dégâts que mon fils subirait suite à ce choc et responsables de tous les problèmes physiques que je pourrais avoir pendant ma grossesse.

Ici, je demande à vous tous et à tous ceux qui entendent ma voix de nous soutenir pour sauver la vie de mon mari Borhan Divargar.

Mariam Akhzarpour le 9/8/2005

*********

La lettre de Mariam Akhzarpour : ils ne m’ont pas laissée voir Borhan, je lui ai parlé quelques secondes

Cela fait 8 jours qu’on a incarcéré Borhan sans autorisation légale. Après 8 jours, aujourd’hui le 14 août, j’ai parlé avec Borhan quelques secondes à travers des vitres sombres de la prison. Comme ce que l’on attendait, ils l’ont torturé sauvagement. Ils ont cassé ses lunettes et durant ses 8 jours, il a subi pour 8 ans des coups et injures et des diffamations.

Nous l’aurions deviné rien qu’en entendant sa voix. Ils l’ont torturé et ne m’ont pas laissée voir son visage.
Au début j’ai demandé pourquoi il n’a pas réclamé un avocat. Je me suis rendue compte par sa réponse qu’ils avaient refusé de lui répondre et dès qu’il avait demandé un avocat, ils l’avaient torturé et insulté en sachant que Borhan est atteint d’un asthme et a de graves problèmes respiratoires.
Les accusations qu’ils adressent à son égard sont celles-ci :
1 Il est représentant du Comité donnant suite aux Unions libres ouvrières.
2 Il est membre fondateur de l’Organisation nationale des ouvriers sans travail.
3 Il a un site ouvrier sur le net.
4 Les accusations de son dossier précédent montrent qu’il avait organisé d’une manière indépendante la journée du travail du 1er mai 2004 etc.
Borhan est en prison et mon enfant Navid Divargar et moi sommes dans une situation matérielle très éprouvante.
Non seulement nous sommes dans l’impossibilité de demander un avocat mais aussi nous sommes à court de pouvoir payer notre loyer et notre pain quotidien. J’entame mes derniers mois de grossesse avec d’énormes difficultés physiques.
Borhan c’est le seul qui assumait financièrement la famille ; il avait été licencié et son chômage avait touché à son terme. Il faut dire que même quand il touchait ses droits, ce n’était pas assez pour solutionner notre misère matérielle.

Avec tout cela, je ne comprends pas dans quel tribunal on peut approuver cette méthode des forces de l’Ordre utilisée contre les citadins de son pays ; méthode basée sur l’enlèvement, la torture, l’emprisonnement etc.

Les portes de ce genre de tribunal qui justifie des crimes et des actes de barbarie contre les êtres les plus démunis devront se fermer. Ces tribunaux sont là non pas pour la justice et le droit mais pour l’abolition de ceux-ci.

Y-a-t-il quelqu’un dans ce pays qui me dise dans quelle mesure contester contre la faim est un délit ? Contester contre le chômage est un délit ? Contester contre le crime, la sauvagerie, l’enfermement, l’exécution des ouvriers etc. est un délit ? Contester contre l’exploitation des enfants de rue sans travail est un délit ?

Dans quelle justice, les actes nobles et humanitaires doivent être considérés comme un crime et les partisans de ces actes doivent être déchirés par des coups de fouet ?
Faites disparaître ces soi disant « maison de justice » !
Quelle justice envoie ses missionnaires dans la nuit pour emmener par force un père honnête et amoureux des hommes comme Borhan en présence de son fils dont les yeux sont remplis de frayeur et d’inquiétude ?

Le langage de ces tribunaux contre notre famille n’est-il rien que des coups et des tortures en prison ?

Je m’adresse à vous Messieurs, vous m’entendez ?

Ce n’est pas ma voix à moi toute seule, c’est la voix de protestation de tous les habitants de cette ville, c’est la voix de protestation de tous les ouvriers de Saghez. C’est la voix de Borhan Divargar derrière les barreaux et loin des yeux de tout le monde qui est en prison pour avoir défendu les ouvriers sans travail et les enfants, ces victimes innocents.

Borhan est en prison ! Il faut qu’on le libère très vite. Borhan n’est pas coupable cependant ce sont ceux qui condamnent Borhan, défenseur des ouvriers et des enfants sans abri qui sont coupables.

Borhan doit être libre !

Je compte sur vous, tous les êtres amoureux de l’humanité du monde entier !

Je compte sur vous, tout le peuple, toutes les associations ouvrières, toutes les institutions défenseurs des enfants et des droits de la femme pour nous soutenir et réclamer la libération immédiate et sans restriction de mon mari Borhan Divargar !

Mariam Akhzarpour le 14 aout 2005

************

La lettre de la mère et de la sœur de Borhan Divargar adressée aux institutions et aux organismes humanitaires défenseurs des droits de l’Homme

Nous exigeons la libération immédiate de notre cher Borhan Divargar !

Nous, Talié Karimian, la mère et Parshang Divargar, la sœur de Borhan Divargar sommes très inquiètes pour Borhan ; nous sommes dans le chagrin nuit et jour attendant le sort de Borhan. Nous pleurons sans cesse et damnons ce monde d’enfer dans lequel nous vivons actuellement.

Cela fait 8 jours que Borhan Divargar a été arrêté par les forces de l’Ordre qui avaient fait une attaque nocturne chez lui.
Borhan n’a commis aucun délit, son seul péché, c’est la lutte qu’il mène contre l’exploitation des enfants et la défense des droits des enfants, des ouvriers et des femmes démunies de cette société.
Allez demander aux habitants de cette ville !
Construire des dossiers sans fondement et lui donner du fil à retordre pour Borhan qui est connu par tous ne mènent à rien.

C’est un ouvrier humaniste et compatissant des hommes. C’est l’ami des enfants de la rue, l’ami des démunis et l’ami de tous et ne souhaite que la sécurité et la tranquillité pour les enfants et les travailleurs.

On ne sait pas pourquoi un tel être cher doit être incarcéré.

Nous, la mère et la sœur de Borhan exigeons la libération rapide de Borhan et demandons à tous les gens qui nous entendent de nous soutenir dans cette demande élémentaire et humanitaire.

Borhan n’est pas coupable ; tous les habitants de Saghez et Divandareh le savent. Alors pour quelle raison aucun tribunal ne condamne-t-il pas cet acte de sauvagerie d’être rentré chez une personne sans aucune autorisation légale dans la nuit pendant le repos des citadins ?

A la fin, nous exigeons la libération immédiate de Borhan Divargar et demandons à toutes les institutions et les organismes humanitaires défendant les droits de l’Homme de nous soutenir.

Talié Karimian la mère de Borhan Divargar
Parshang Divargar la sœur de Borhan

Le 15/08/05

Traductions
English
Italiano
Deutsch
Castellano
Other
Português

Thèmes
Situation sociale
Mouvement social
Femmes
Laïcité
Vie de l’asso
Résistances
Moyen Orient
Occupation
Analyses
Réfugié-es
Actions
Témoignage
Photo
Prisons
International
Minorités sexuelles

Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

Dernières nouvelles
- Important New Support for OWFI’s Work from European Funders(OWFI - 12 février 2017)
- Bread Baking Stoves and Supplies Empower Women in IDP Camp to Feed and Support Many Others(OWFI - 12 février 2017)
- OWFI Sheltering More Women than Ever Before(OWFI - 12 février 2017)
- The city of Mosul is devastated.(OWFI - 12 février 2017)
- In Conversation : Yanar Mohammed on trafficking in Iraq(OWFI - 22 juin 2016)
- From where I stand : Yanar Mohammed(OWFI - 22 juin 2016)
- OWFI Statement(OWFI - 19 mars 2016)
- OWFI held the founding event of organizing a Black-Iraqi Women’s gathering on 16th of February(OWFI - 19 mars 2016)