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À Calais, les Irakiens veulent oublier Saddam

CALAIS - Bagdad, 5000 kilomètres. Depuis leurs squats malodorants, les clandestins qui ont quitté leur pays en crise pour une vie qu’ils espèrent meilleure en Grande-Bretagne, gardent difficilement le contact avec l’actualité internationale. Il n’y a pas la télé dans la grange abandonnée où s’entassent une vingtaine de Kurdes irakiens et les nouvelles du pays, au téléphone, concernent rarement la politique. Hier matin, à l’évocation du procès de l’ex-dictateur, deux jeunes Irakiens pourtant affables quelques minutes plus tôt perdaient leur anglais. Parler de l’ancien président, même si celui-ci est en prison, s’apparente à braver un interdit. « Don’t understand... (on ne comprend pas) ».

Les Irakiens de Calais viennent pour la plupart des hauts plateaux d’Asie occidentale du Kurdistan. Ils sont Irakiens, mais se sentent Kurdes avant tout. Et les Kurdes irakiens ont souffert. « Saddam Hussein, c’est la mort, les populations gazées, les exécutions », résume sèchement un homme. Et le clandestin, le pouce sur la gorge, de mimer une décapitation. « Le 16mars 1988, plus de 5000 personnes sont mortes à Halabja, lance un autre le regard dans le vide, c’est pour ces faits-là qu’on veut voir Saddam comparaître devant un tribunal. » Ils sont désormais cinq à parler de l’ancien dictateur et savent vaguement que son procès est imminent. Mais pour tous, la justice arrive trop tard. « Ils vont le condamner et après

 ? S’ils exécutent Saddam, il y aura des représailles, certains adorent encore le président, commente Ahmad Ali. Et puis de toute façon avec ou sans lui, le pays est dans le chaos. Regardez ce qui se passe aujourd’hui, des bombes explosent tous les jours. » Mort en prison Ahmad Ali a 28 ans. « Il y a vingt ans, mon père a été arrêté sous le régime de Saddam et jeté en prison. Il y est mort. Ma mère est morte aussi, les médecins n’avaient pas les moyens de la soigner. Le pays était dans une situation désastreuse, et ce désastre de l’Irak, c’est à cause du président dictateur. » Le jeune homme arrivé il y a quatre jours à Calais n’a plus de famille et ne pense qu’à une chose : la Grande-Bretagne. « Je serais prêt à aller n’importe où pourvu que je puisse vivre une vie normale, en paix. Je ne veux plus entendre les bombes. »

Olivier Pecqueux

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Auteurs
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Solidarité Irak
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Houzan Mahmoud
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Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
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Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
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