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Sur les émeutes en France : un point de vue Irakien

Depuis près de deux semaines, de violents affrontements se déroulent dans de nombreuses villes de France, troubles que la presse étrangère a qualifié de « révolte des démunis », de « révolution des insurgés », etc.

En effet, des quartiers se transforment chaque soir, en scène de guerre entre police et jeunes, en colère contre leurs conditions de vie. Des centaines de véhicules, de bus et de magasins sont incendiés, à cette occasion.

Paris et plusieurs grandes villes françaises, où résident la majorité des immigrés africains et arabes, se sont mues en lieux de relégation et de désobéissance de jeunes, animés par le sentiment d’exclusion, et confrontés à la pauvreté et au chômage.

Ce mécontentement est dû à la politique de marginalisation, de privation de droits sociaux et d’absence de perspectives claires. Il est dû aussi au sentiment que la société française s’est divisée en deux mondes antagonistes. Ainsi, à quelques minutes des quartiers huppés, où se côtoient une opulence indécente et un luxe inqualifiable, s’étendent les quartiers de la pauvreté, de la faim, du chômage, de l’insécurité économique et de la discrimination raciale.

C’est cette colère, accumulée au fil des ans, qui a brusquement explosée. La révolte est telle que même les écoles et les jardins d’enfants n’ont pas échappé aux destructions.

C’est là, la réaction de gens qui ont perdu l’espoir d’accéder à une vie digne dans un monde, qui regorge de richesses. C’est une réaction à l’égard des attaques des gouvernements successifs, qui ont détérioré leurs conditions de vie. C’est une réaction contre les politiques de ghettoïsation, de relégation, et de constat d’échec des politiques d’intégration (ou plutôt de non-intégration.) Cette colère est venue à bout de leur patience. Et ce sont les autorités françaises qui en sont responsables.

Les racines de cette révolte trouvent leur origine dans les lois de la jungle instaurées par le capitalisme contemporain et ses gouvernements. Tous ces malheurs sont enfantés par une société d’injustice, d’inégalités et de profonde tristesse. Ils sont enfantés par un système et par un mode de vie dévoyés que le capitalisme a imposé aux humains, d’aujourd’hui. Aussi, les damnés n’ont d’autres choix que de protester contre ce monde.

Cependant, en l’absence d’un mouvement radical humaniste, luttant pour l’égalité et la justice, d’un mouvement et d’une conscience socialistes, c’est une conscience dévoyée qui s’imposera. Les portes seront alors de plus en plus grandes ouvertes devant les conflits nationalistes, islamiques et ethniques. Tout le monde a remarqué le dessein des courants islamique à s’ériger en porte-parole de ces mouvements contestataires, en présentant les faits, comme des attaques contre les « musulmans », les « Arabes » et les « Africains ». Si bien que ces injustices et ces protestations finissent par prendre un caractère islamique, nationaliste et ethnique, alors qu’il s’agit de protestations de masses en colère dans des villes françaises contre la pauvreté, l’absence de droits sociaux et les malheurs qui assombrissent leurs vies.

La vérité est qu’en l’absence d’un communisme rénové, n’importe quel courant réactionnaire et fasciste, ennemis des démunis eux-mêmes, peut détourner cette protestation à son avantage.

Les damnés de la société sont par conséquent obligés de se rassembler dans un front humaniste, un front de masses aspirant au bien-être et à la liberté. En France, un tel front, avec ses forces et ses organisations, s’incarne dans les organisations ouvrières, radicales, de liberté, et humanistes. Le cheikh untel, l’islamiste untel ou le nationaliste untel ne feront qu’exploiter ces situations pour des intérêts, n’ayant aucun lien avec ceux des damnés de France.

Il faudrait, pour voir satisfaire les justes revendications de ces derniers, dresser l’identité humaniste face aux identités réactionnaires et trompeuses.

Les protestations des damnés de France prouvent une fois de plus que l’humanité a besoin plus que jamais d’une alternative communiste.

Communiqué de la délégation extérieure du Parti communiste ouvrier irakien, e 9.11.2005

Traduction : Hakim Arabdiou

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Auteurs
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Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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