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La milice chiite Badr nie avoir torturé des prisonniers en Irak

BAGDAD (Reuters) - La milice chiite Badr a démenti être mêlée à des sévices infligés à 173 prisonniers retrouvés dimanche par l’armée américaine dans un bunker souterrain proche du ministère irakien de l’Intérieur à Bagdad.

Ces prisonniers, des adultes comme des adolescents, paraissaient affamés et semblaient pour certains avoir été torturés. Le Premier ministre Ibrahim al Djaafari a ordonné mardi l’ouverture d’une enquête.

Les partis sunnites, qui accusent le ministère de l’Intérieur de confier ses basses oeuvres à des miliciens chiites, ont immédiatement mis en cause l’Organisation Badr.

Cette milice, ancienne Brigade Badr, a été formée dans les années 80 en Iran pour être le bras armé du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), devenu après la chute de Saddam Hussein l’un des deux principaux partis chiites en Irak.

Son dirigeant, Hadi al Amery, a récusé ces accusations.

"Ce bunker est géré par le ministère de l’Intérieur, les Américains sont présents tous les jours", a-t-il déclaré à Reuters.

"Badr n’a rien à voir avec ça, pourquoi Badr serait-elle impliquée en première ligne ?", s’est-il interrogé. "S’il y a eu de la torture, nous réclamons une enquête."

LES AMÉRICAINS VEULENT "COUVRIR LEURS CRIMES"

Le ministre de l’Intérieur, Baïane Djabor, est lui-même issu du CSRII.

Pour Amery, le raid américain sur le bunker est une violation de la souveraineté irakienne. D’après lui, cette opération vise à renforcer la minorité sunnite avant les élections législatives de décembre, pour lesquelles les partis de la majorité chiite et les formations kurdes sont favoris.

"Les Américains ont violé la souveraineté irakienne en menant cette opération de cette façon", a-t-il jugé. "Ils ont agi exactement de la même manière que les Britanniques lorsqu’ils ont pris d’assaut un endroit à Bassorah pour libérer un espion nuisible au peuple irakien."

"Les Américains sont accusés de violations des droits de l’homme à Guantanamo, à Abou Ghraïb (...), ils veulent couvrir leurs crimes", a-t-il poursuivi.

Amery reconnaît que des membres de l’Organisation Badr travaillent pour le ministère de l’Intérieur, ce qu’il juge normal.

Il a également démenti les allégations selon lesquelles des agents iraniens participaient aux interrogatoires des prisonniers retenus dans le bunker.

"S’ils pensent qu’en agissant ainsi ils vont rendre la liste chiite impopulaire et que les gens vont la détester, je pense qu’ils se trompent", a prévenu Amery. "Plus ils commettent d’erreurs, plus la liste est populaire."

SACS SUR LA TÊTE

Ce bunker est un ancien abri construit du temps de Saddam Hussein. Situé dans le quartier de Djadriya, il est attenant à un bâtiment qui fut un palais d’une fille de l’ancien dirigeant irakien.

Un policier en poste dans ce bâtiment a déclaré avoir souvent vu des véhicules du ministère de l’Intérieur amener des prisonniers dans le bunker.

"En général, c’était pendant la journée. Et puis on ne les voyait plus", a rapporté ce policier.

Reuters n’a pas pu avoir accès au bunker. Un soldat américain, se présentant comme un membre de l’équipe ayant découvert cette installation, a cependant accepté de la décrire.

"Il y a une grande pièce souterraine carrelée et d’autres pièces. Cela ressemblait typiquement à un centre de détention", a déclaré ce militaire.

"Certains prisonniers semblaient en mauvais état. On a fait venir des médecins. Ils étaient malades et ils ont évoqué les tortures qu’ils ont subies", a-t-il ajouté.

Un jeune Irakien ayant exercé les fonctions de vigile dans ce bunker a expliqué mercredi que les prisonniers étaient des "terroristes", arrêtés à leur domicile ou en pleine rue.

"Nous leur mettions des sacs sur la tête et nous leur attachions les mains dans le dos", raconte Seif Saad, 18 ans.

"On les amenait ici pour les interroger au sujet d’attentats. Certains étaient libérés. D’autres étaient gardés ici ou transférés dans des prisons", ajoute-t-il.

Ce jeune chiite, vêtu d’un uniforme des forces spéciales ressemblant à celui des miliciens chiites, a démenti toute persécution de la minorité sunnite.

"Ce ne sont pas que les sunnites. Des chiites et des Kurdes seront aussi amenés ici s’ils sont soupçonnés de terrorisme", a-t-il affirmé.

Selon lui, les prisonniers étaient majoritairement des Irakiens. Quelques Syriens et Egyptiens ont aussi été détenus dans ce bunker.

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Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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