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Déclaration sur l’accord de Damas entre certains syndicats de travailleurs irakiens

L’unité du mouvement ouvrier ne se réalisera pas par des accords partisans et en dehors des rangs de la classe ouvrière.

Depuis que nous avons commencé la formation de syndicats ouvriers, nous avons déclaré que cette question est l’affaire des travailleurs. Les autorités ne doivent donc en aucun s’y ingérer. C’est un droit que les travailleurs du monde entier ont conquis au cours de leurs luttes.

Dans le précédent régime, les organisations syndicales servaient d’instrument pour réprimer les travailleurs et pour appliquer la politique de celui-ci. Nous nous sommes alors retrouvés devant un lourd héritage de traditions fascistes, et devant la nécessité de commencer par organiser les travailleurs dans les usines et les entreprises [du secteur public], loin de toute pression sur les libertés syndicales et de tout cachet partisan, gouvernementale ou ethnique, qu’on essaie de leur imposer par le haut.

Alors que le syndicat, qui porte le nom de Fédération irakienne des syndicats de travailleurs, s’est constitué avant même l’organisation des premiers concernés. De même que le partage des tâches et la distribution des postes en son sein se sont effectués au profit de trois formations politiques soutenues par le pouvoir, sans en référer à la base.

Quant aux membres de l’ancien syndicat, connu sous le nom de l’Union générale des travailleurs d’Irak, qui représentait la politique du pouvoir ba’athiste déchu, ils considèrent leur syndicat, comme le [seul] légitime. Ce dernier ne s’est pas moins scindé en deux tendances soutenues l’une par le Haut conseil islamique et l’autre par les nationalistes arabes et les partisans du ba’ath. Toutes ces organisations s’entredéchirent autour du patrimoine de ce syndicat ou pour usurper la paternité du mouvement ouvrier.

Notre syndicat (la Fédération des Conseils ouvriers et des syndicats d’Irak ), qui poursuit la mise sur pied de syndicats [de branches ] à l’intérieur des lieux de travail, est toutefois confronté quotidiennement à une loi du gouvernement qui ne reconnaît que la Fédération irakienne des syndicats de travailleurs, comme représentant légal de ces derniers. Il est également confronté à l’ancienne législation du régime du baa’th qui interdit l’activité syndicale dans les usines et les entreprises étatiques.

Pour ce qui est du problème de l’unité du mouvement ouvrier irakien, nous l’avons posé, tout en précisant, la force de la classe ouvrière réside dans son unité et dans son organisation. Aussi, avons-nous proposé la tenue d’un Congrès général des travailleurs d’Irak, auquel participeront toutes les organisations ouvrières et tous les syndicats de travailleurs. Ces assises constitueront un premier pas vers l’édification d’un mouvement ouvrier moderne, en Irak.

Or la Confédération internationale des syndicats arabes a organisé une rencontre entre trois organisations « syndicales » irakiennes et a conclu un accord d’union entre elles, accord qui les fera agir dorénavant, sous un même nom et sous l’égide d’un même bureau exécutif.

Notre syndicat n’est pas contre l’unité du mouvement ouvrier, bien au contraire ; il en est le partisan le plus ardent. Cependant, conclure un accord entre certains syndicats soutenus par le pouvoir et par certaines courants politiques, tout en ignorant l’un des plus importants d’entre eux, qui compte le plus grand nombre d’adhérents, prouve clairement que l’objectif est de tenter de marginaliser les forces ouvrières effectives et d’imposer une hégémonie sur celles-ci, en vue de constituer des syndicats fantoches, comme du temps de l’ancien régime.

Nous considérons que l’accord qui a été conclu à Damas et qui a exclu les syndicats ouvriers est conforme à la politique de ces partis, que ces syndicats représentent, et qu’il contredit la revendication de l’unité du mouvement ouvrier. Cette entente montre aussi qu’on continue à s’éloigner de la volonté des travailleurs à s’auto-organiser et à choisir leurs représentants.

Nous appelons par conséquent les travailleurs d’Irak à se rassembler autour de leur syndicat : la Fédération des Conseils ouvriers et des syndicats d’Irak. Nous demandons également à ces signataires de prendre en compte l’opinion des travailleurs et aux autorités de respecter les libertés syndicales et les droits des travailleurs.

La Fédération des Conseils ouvriers et des syndicats d’Irak

2.12.2005

Traductions
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Thèmes
Situation sociale
Mouvement social
Femmes
Laïcité
Vie de l’asso
Résistances
Moyen Orient
Occupation
Analyses
Réfugié-es
Actions
Témoignage
Photo
Prisons
International
Minorités sexuelles

Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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