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Les Irakiennes ont perdu l’après-guerre

Désormais, les cheveux des femmes se voilent d’un foulard, d’un hijab ou de l’abaya, cape noire qui ne laisse voir que le visage. Peur de la violence, peur de l’insulte. Par cette température, c’est une véritable punition. Les Irakiennes qui ne travaillent pas vivent rideaux tirés, ouvrent la porte sur des mines pâlottes et des yeux cernés. "La peur nous empêche de sortir", souffle Virgin qui ne comprend plus le monde qui l’entoure : "Aujourd’hui, tout peut arriver. Tenez, il y a 15 jours, une famille rentrait à pied. Des bandits armés se sont arrêtés en voiture, ils ont menacé le père, puis ils ont violé la mère et la fille devant lui. Toutes les femmes disent la même chose : il ne faut pas sortir. Même ma petite, je l’empêche d’aller au-delà de la porte." Mais la maison n’est pas toujours un refuge : "Les hommes sont au chômage : ils vivent reclus, frustrés, et la violence domestique est en augmentation", affirme Basma al-Khateb d’UNIFEM. 

À Bagdad, la sécurité est devenue une obsession. Dans cette parenthèse chaotique que vit la capitale sous tutorat étatsunien, les femmes se sentent particulièrement vulnérables. Selon Climate of Fear : Sexual Violence and abduction of Women and girls in Baghdad, un rapport que Human Rights Watch publiait en juillet 2003, il y aurait eu au moins 25 viols et enlèvements de femmes de la fin mai à fin juin. "Depuis le début de la guerre, plus de 400 femmes ont été violées, enlevées et parfois vendues", affirme pour sa part Yanar Mohammed, de l’Organization of Women’s Freedom in Iraq.

En octobre 2003, Thierry Robin accompagnait en Irak trois femmes de l’association ABIR. Sensible au sort des Irakien-nes depuis la première guerre menée contre le régime de Saddam Hussein en 1991, il est allé "écouter leurs mots, leurs silences, leurs revendications et leurs espoirs, saisir leurs regards, un moment de leur vie de femme, de fille dans la tourmente, dans un conflit qui n’en finit pas." Il déplore qu’alors "qu’on leur promet depuis la fin de la guerre un rôle important dans la reconstruction du pays, leurs droits fondamentaux sont bafoués, anéantis chaque jour qui passe. Enlèvements, viols et meurtres sont les formes spécifiques de violence qu’elles subissent dans une indifférence quasi totale... Les policiers et les militaires de l’armée US ont d’autres priorités et, bien que des plaintes concernant des actes de violence ainsi que des disparitions leur soient rapportées tous les jours, la grande majorité d’entre elles restent ignorées..."

Akila Al Hashimi était l’une des trois femmes membres du gouvernement provisoire irakien installé par les Étatsuniens au lendemain de la fin officielle du conflit. Elle a été assassinée en septembre 2003. "Pour une majorité de femmes, elle représentait l’espoir dans la construction du nouvel Irak. Où se trouve l’espoir aujourd’hui ?", se demande Thierry Robin. Selon Zehira Houfani de l’Équipe de paix pour l’Irak, nombre d’Irakien-nes s’organisent pour protester contre l’attitude des autorités étatsuniennes face à la situation dramatique des populations. Afin de lutter efficacement pour leurs droits démocratiques et la fin de l’occupation de leur pays, ces militant-es comptent sur le soutien des organisations internationales. Mais c’est un grand chantier qui s’ouvre devant celles-ci : la tyrannie du régime précédent a semé une peur du pouvoir si profonde qu’il faut tout un apprentissage de la culture démocratique et des droits de la personne pour que les Irakien-nes puissent se réapproprier leur pays et leur devenir.

http://www.cybersolidaires.org/obs/paix.html

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Situation sociale
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Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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