Accueil du site - Contact

Irakiens, SDF à Paris, coincés entre deux enfers

PARIS, 15 nov 2006 (AFP) - "Je ne sais pas où aller, en Irak pas possible. Ailleurs, pas possible" : Mohamed, 22 ans, SDF à Paris, se sent, comme un certain nombre de ses compatriotes irakiens, coincé entre deux enfers, celui de la précarité de la rue et celui de son pays en guerre.

La nuit, ils dorment sous des cartons, dans une ruelle qu’ils ne souhaitent pas voir identifiée, sinon "la police vient et nous prend".

Ils refusent le foyer, des "chambres avec dix personnes dedans, où seulement cinq peuvent dormir" et ignorent souvent tout du droit d’asile en
France.

Le jour, on croise ces hommes qui s’arrangent pour garder une apparence soignée, rasés, tirant nerveusement sur des cigarettes. "Police, contrôle", leur crie pour jouer, du haut d’un toboggan dans le parc qu’ils fréquentent, un petit garçon.

Selon l’association France Terre d’Asile (FTA), qui effectue des maraudes à la rencontre des SDF irakiens, pour la plupart kurdes, iraniens et afghans, chaque semaine il arrive 20 ou 30 Irakiens à Paris, avec l’espoir de gagner vite le Royaume-Uni.

La fermeture, il y a quatre ans, du centre de la Croix-Rouge de Sangatte (nord), où 1.800 de ces migrants étaient accueillis, n’a rien changé.

"C’est un flux continu car les réseaux (de passage) existent et ils sont là", à Paris, explique Frédéric Collin, responsable de l’hébergement des
adultes isolés chez FTA.

Environ 70% repartent, mais certains, comme Mohamed, Mahmoud et Hassan - des prénoms d’emprunt - n’arrivent plus à continuer le voyage et refusent de retourner dans un pays où la violence, même entre voisins, s’est généralisée.

Mohamed, de Kirkouk (250 km au nord de Bagdad), fils d’un sympathisant du régime de Saddam Hussein, se dit menacé de mort : des voisins l’ont accusé d’avoir tué leur fils, et n’ont cessé depuis de le poursuivre, affirme-t-il en montrant une balafre sur sa joue gauche. Il a fui et "jusqu’en Angleterre la famille me cherchait", assure-t-il.

En France, ce Kurde a dégringolé. Accusé d’être un passeur, il a fait six mois de prison et depuis, faute de structure d’accueil adaptée et
d’informations, il erre, en France ou ailleurs, notamment en Belgique : "Je ne veux pas retourner en Irak. Je suis jeune, je ne veux pas mourir".

A côté de lui, Mahmoud, 22 ans aussi, originaire de Mossoul (370 km au nord de Bagdad), arrivé à 19 ans, a failli avoir de la chance. Il a séjourné dans un foyer, commencé une formation de cariste, entamé une procédure de demande d’asile. Puis, il est également "tombé en prison", pour vol, et a perdu aides et hébergement.

Hassan, 31 ans, sunnite de Bagdad, a fui le pays avant la guerre, en raison de "problèmes avec le gouvernement" : une affaire d’argent qui aurait mal tourné avec un proche du régime.

En 2003, il a voulu rentrer, mais n’est pas resté, ne supportant plus les conditions de vie et l’insécurité dans la capitale irakienne.

"Maintenant, les gens là-bas disent +il a de la chance celui-là+, lorsque quelqu’un meurt", raconte l’homme en anglais.

Mais, pour avoir quitté le Royaume-Uni avant que sa procédure de régularisation ne soit achevée, il y a perdu tout droit de séjour et, en
France, il est menacé de reconduite à la frontière.

"Les Anglais, les Américains sont venus. Maintenant, nous n’avons plus de vie. Pas de papiers. Comment je peux construire une famille ? Nous, on
n’avait rien demandé", conclut Hassan.

par Michaela Cancela-Kieffer

www.afp.com/francais/news/?pid=stories

Traductions
English
Italiano
Deutsch
Castellano
Other
Português

Thèmes
Situation sociale
Mouvement social
Femmes
Laïcité
Vie de l’asso
Résistances
Moyen Orient
Occupation
Analyses
Réfugié-es
Actions
Témoignage
Photo
Prisons
International
Minorités sexuelles

Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

Dernières nouvelles
- The Network of Anti-Trafficking in women had held the ninth conference in Dhi Qar in Commerce Hall in Nasria province.(OWFI - 9 août 2017)
- OWFI’s staff distributing the first deliveries from the food bags on women and children in the Eastern side of Mosul(OWFI - 9 août 2017)
- OWFI’s reception center in the front lines of Rubida village(OWFI - 9 août 2017)
- OWFI staff distribute flour bags(OWFI - 9 août 2017)
- OWFI refused the Women of Courage Award from the Department of Foreign Affairs of the US(OWFI - 9 août 2017)
- March 8th : A day in opposition against the genocide on the people of Mosul(OWFI - 9 août 2017)
- Important New Support for OWFI’s Work from European Funders(OWFI - 12 février 2017)
- Bread Baking Stoves and Supplies Empower Women in IDP Camp to Feed and Support Many Others(OWFI - 12 février 2017)