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Le « chemin de fer souterrain » des femmes irakiennes

[Les informations qui suivent sont isues du rapport annuel 2006 de l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak - OLFI]

Des femmes irakiennes, privées de leur liberté de vivre, d’aimer, privées de leur propre estime d’elle-même, qui tentaient d’échapper au crime d’honneur ou à la violence domestique, n’avaient aucun endroit ou aller. Les femmes de l’OLFI et leur journal al-Moussawat (L’égalité) sont devenus comme l’étoile du polaire qui jadis guidait les esclaves d’Amérique du nord sur le chemin de la liberté, par ce qu’on appelait alors le « chemin de fer souterrain ». Les foyers de l’OLFI ont offert ces femme un refuge et leur ont donné la possibilité de démarrer une nouvelle vie.

Sarah S.H. était la première résidente de notre foyer de Bagdad, en mars 2004. Elle a fui le crime d’honneur dont elle était menacée par sa tribu à Nasiriyah. Elle est ensuite allée dans notre foyer de Kirkouk en 2005, mais après plusieurs menaces inquiétantes, nous avons considéré qu’il n’était as possible de la maintenir en sécurité plus longtemps. Feryal Akbar, l’une de nos militantes à Kirkuk, lui a procuré des papiers sous nom d’emprunt et organisé son départ hors du pays.

Maha, de Nadjaf, a été kidnappée à la sortie de son école, à l’âge de 15 ans. Elle a été vendue à un bordel de Bagdad, puis de Aamiriya. Par deux fois, elle a réussi à s’enfuir et à se rendre dans un commissariat, mais ce sont les policiers eux-mêmes qui l’ont ramenée au bordel. Elle a appris l’existence de notre foyer par un homme nommé Ahmad, qui était tombé amoureux d’elle et l’a aidé à s’échapper. Elle est restée dans notre foyer de Bagdad, au sein d’une famille, pendant plusieurs mois, avant de se décider à épouser Ahmad et d’avoir des enfants. L’OLFI l’aidé à récupérer ses papiers officiels, afin qu’elle puisse quitter le pays, loin de sa tribu traditionnelle, et surtout de son père : celui-ci a en effet promis de la démembrer et de la pendre à un palmier devant sa porte aussitôt qu’il la retrouverait. Maha a maintenant un petit garçon et va quitter le pays dans les mois qui viennent.

Aa. K., de Bagdad, a eu une aventure alors qu’elle était mariée, et son mari, un riche patron, a décidé de la tuer ainsi que son amant. Au cours de la dispute, l’arme s’est retournée contre le mari, qui a été tué. Aa. est maintenant recherchée par la tribu de son mari. Des lettres haineuses lui ont été envoyées, ainsi qu’à sa famille. Ces derniers ont presque tous quitté le pays. Elle n’a aucune chance de pouvoir rester en Irak, car ils chercheront à la retrouver par tous les moyens. Fin septembre, les militants de l’OLFI l’ont aidé à partir en Turquie, où elle cherche à obtenir le statut de réfugiée auprès de l’UNHCR (Haut comité aux réfugiés des Nations Unies), à Ankara.

Nasrin K., de Kirkuk, a épousé l’homme qu’elle aimait sans le consentement de sa famille. Ces derniers l’ont enfermée dans leur maison, en interdisant à son mari d’approcher la maison. Durant l’été 2005, Nasrin a réussi à s’échapper, et a passé plusieurs mois dans un foyer de l’OLFI. Ensuite, elle est partie vivre avec son mari. Tous deux sont toujours sous la menace du crime d’honneur. Nasrin pense quitter le pays prochainement.

Haleema, de Rania (Kurdistan) vivait une vie tout à fait ordinaire à Rania, près de la frontière Iran / Irak, jusqu’au jour où elle a appris que l’une de ses proches, Nariman Mahmoud, avait été tué par les hommes de sa famille pour raison « d’honneur ». Elle a choisi de dire la vérité à la police, mais toute sa tribu a raconté une fausse version de l’histoire. Son mari, Duraid, a soutenue Haleema. Depuis, ils sont tous deux poursuivis par les hommes armés de la tribu.

Zainab K. J., Bagdad, qui en était à son deuxième mariage, ne pouvait pas divorcer car ses parents s’y opposaient, de même que son mari - qui était en contact avec les autorités gouvernementales. Celui-ci était un alcoolique, qui la violait tous les jours sous la menace d’une arme à feu. Plusieurs fois, il l’a réveillé en tirant alors qu’elle dormait avec sa fille. Zainab a vite appris à bloquer la porte, cacher l’arme et protéger sa fille. Elle vit aujourd’hui dans notre foyer de Bagdad, à l’abri de son mari, en attendant que le divorce soit prononcé.

Naeema A. K., de al-Habibiya, près de « Sadr city », a été mariée selon le rite du « mutaa », une forme de mariage temporaire autorisée par les chiites. Sa famille l’a considérée comme adultère et a décidé de la tuer. Son mari n’a pas reconnu le mariage, et l’a forcée à souscrire un autre mariage « mutaa ». Il s’agit, tout simplement, de prostitution sous le couvert d’un rite religieux. Les oncles de Naeema ont déjà creusé une tombe pour elle dans le jardin. Elle se souvient que sa tante Amal a déjà été tuée ainsi, dans les années 70.

Ahlam, trouvée dans le désert, a été violée et battue par des soldats américains. Elle a été amenée dans ‘un de nos foyers, mais son état mental s’est rapidement dégradé. Dalal, une militante de l’OLFI, lui a trouvé une place dans un foyer public, et reste en relation avec elle.

Nada B., d’Aadhimya, l’un des quartiers les plus dangereux de Bagdad, est musicienne et professeur de danse. Elle a été abandonnée par son mari, qui est retourné dans son pays d’origine dès le début de la guerre. Elle a été violée, chez elle, par des miliciens islamistes, durant l’été 2005. Ils lui ont dit qu’ils reviendraient quand ils en avaient envie. Un autre gang est venu peu de temps après, mais elle a réussi à se cacher. Depuis, elle vit dans l’un de nos foyers.

Sura Thabit, 16 ans, de Bagdad, allait voir son petit ami à Latifiya, un quartier de Bagdad, quand elle a été enlevée par un gang baathiste. La maison dans laquelle elle était enfermée et attachée a été attaquée par une autre milice, puis par la police. Elle est revenue chez elle très affaiblie physiquement. Les militantes de l’OLFI l’aident à se sortir du choc et à laver l’accusation d’être une complice du gang.

Sawsan, qui vit toujours dans un foyer de l’OLFI à Kirkouk, essaie de revoir sa fille. Son ex-mari, qui est très religieux, le lui interdit.

Hero et Payam, à Erbil, ont enfin réussi à résoudre leur problème.

Liqaa revient au local e l’OLFI de temps à autre, et elle a besoin d’aide car elle a une vie très instable.

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Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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