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Irak : prostitution ou mariage de jouissance ?

Ce contrat de mariage pratiqué généralement par la communauté chiite sans acte écrit, et dont la durée varie de quelques minutes à plusieurs années, revient en force en Irak depuis l’invasion militaire du pays par les Américains.

L’arrivée au pouvoir de la majorité chiite, intervenue après le reversement par la force du régime de Saddam Hussein, a permis au “mariage de jouissance” de refaire surface en Irak, selon le quotidien arabophone londonien Asharq Al Awsat.

Cette pratique, interdite chez les sunnites, est en fait un contrat de mariage non écrit entre un homme et une femme, accordant à cette dernière certains droits au court de la relation, laquelle peut être interrompue à n’importe quel moment. Le nombre d’épouses n’est pas limité. Les théologiens chiites, qui affirment que la charia y fait référence, estiment que ce genre de mariage protège les jeunes filles de la pratique sexuelle en dehors du cadre du mariage. D’après eux, il ne diffère guère du mariage classique, du moment qu’il oblige l’époux à offrir la dot et à prendre en charge les dépenses de la femme.
Ils ajoutent également que c’est un moyen d’empêcher les veuves et les divorcées de recourir à la prostitution pour obtenir de l’argent. Selon le mollah Mehdi Cheikh Mehdi Chawk, le mariage de jouissance est “une assistance humanitaire pour les femmes”. Les milliers de veuves issues de la violence confessionnelle, dont le nombre de victimes masculines ne cesse d’augmenter depuis l’occupation de l’Irak par les forces de la coalition sous commandement américain, nécessitent, selon ceux qui plaident pour le “mariage de jouissance”, une prise en charge de cette frange de la population en recourant à ce procédé.

Il est également précisé que cette forme de mariage constitue un encouragement aux jeunes pour se marier, parce qu’elle ne requiert pas des grands moyens financiers du moment que l’époux ne prend financièrement en charge sa femme que durant la durée du contrat. En dépit de toutes cette argumentation, il n’en demeure pas moins que généralement le mariage de jouissance est contracté en secret. Il y a lieu de signaler que la majeure partie de ces contrats de mariage stipule qu’il n’est pas question de procréer. Néanmoins, il est recommandé que le père reconnaisse sa progéniture si la femme tombe
enceinte.

Malgré cela, les tribunaux civils irakiens regorgent d’affaires de reconnaissance d’enfants, car dans beaucoup de cas les pères se défilent et refusent d’inscrire les bébés à l’état civil. Ces arguments des mollahs chiites sont battus en brèche par les opposants à cette pratique, lesquels indiquent qu’il s’agit beaucoup d’une exploitation économique, n’ayant aucun lien avec la liberté religieuse.
Une femme, membre d’une association irakienne de défense des droits de l’homme, affirme que “certaines femmes, qui ne veulent pas des prostituées, croient que c’est légitime parce que c’est couvert par la religion. Mais, c’est faux”. De son côté, une autre activiste des droits de l’homme et ex-membre du Parlement, Hamida Ahmed, déclare : “Ce phénomène fait revenir le pays en arrière et constitue un handicap pour son développement.” Parmi les cas cités pour illustrer comment un homme et une femme peuvent contracter le “mariage de jouissance” figure le cas suivant : un théologien chiite de 36 ans, ne pouvant avoir de relation sexuelle avec son épouse enceinte, rencontre à son domicile conjugal une jeune femme de 24 ans et lui propose de l’épouser pour une durée déterminée. En échange, il s’est engagé à lui verser 5 000 DA irakiens, l’équivalent de 4 dollars US, et une pension mensuelle. Deux rendez-vous hebdomadaires les réuniront chez lui.

Il n’y a pas que les chiites qui ont recours au mariage de jouissance, à l’image de cette jeune étudiante sunnite à l’université de Bagdad, qui a opté pour cette pratique afin de pouvoir épouser son petit ami chiite, que sa famille a rejeté quand il s’est présenté pour la demander en mariage.
Enfin, nombre de penseurs n’hésitent pas à parler de l’influence des Iraniens sur la vie des Irakiens chiites, parce que la pratique du mariage de jouissance est très répandue en Iran. Pour conclure, il est utile de citer l’avis de la présidente d’une association irakienne de défense des droits de la femme, l’avocate Ibtissem Echaa, qui trouve que le mariage de jouissance est “la pire humiliation pour la femme”.

K. ABDELKAMEL

www.liberte-algerie.com

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Auteurs
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Solidarité Irak
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