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Quand les politiciens misogynes exploitent la souffrance des femmes

23 février 2007, Bagdad (Irak) - Dernièrement en Irak, le viol de Sabrina, une irakienne a fait la une de l’actualité : celle-ci dénonçait délibérément avoir été violée par des forces de sécurité du gouvernement irakien. A la place de demander la poursuite de l’enquête ou d’offrir à la victime un soutien moral, les diverses forces de l’opposition religieuse islamiste ont rivalisé entre elles pour exploiter ce crime dans un but politique alimentant la haine religieuse. Elles ont interprété le viol de Sabrina comme une atteinte contre l’ensemble de la communauté sunnite.

Pendant ce temps, les chefs des partis islamistes chiites - qui sont à la tête du gouvernement - ont tout de suite discrédité la victime et récompensé les violeurs accusés. De plus, ils ont émis des critiques sur la prétendue moralité de Sabrina. Toute cette controverse a été lancée avant même de connaître les résultats de l’enquête sur ce viol en confrontant les témoignages et le verdict de l’examen médical.

Cette affaire révèle la tendance misogyne où la plupart des leaders masculins commencent à mépriser et discréditer la victime, souhaitant qu’aucune femme ne puisse jamais faire de même pour évoquer publiquement les détails de son humiliation sexuelle. Bien au contraire, certains de ces leaders chauvinistes mâles déclarèrent clairement qu’ils souhaitaient qu’elle mette fin à ses jours ou bien finisse sa vie dans la misère et la peine en omettant d’évoquer la condamnation des violeurs.

Ce genre de violences s’est renouvelé à Tel Afar, une ville à proximité de Mossoul au Nord de l’Irak où Wajida Muhammad Amin a été violée par un autre groupe des forces de sécurité du gouvernement irakien. Dans ce cas précis, il n’était plus possible de discréditer la victime puisqu’il y avait des témoins. Le viol d’Irakiennes par les forces de sécurité est loin d’être invraisemblable ou récent.

L’Organisation pour la Liberté des Femmes en Irak (OLFI) a hébergé six cas confirmés de femmes violées par la police aussi bien lors de leurs incarcérations qu’en dehors. La plus jeune de ces femmes violées est âgée de 14 ans. Les militantes de l’OLFI ont déposé des rapports sur ces cas auprès du Ministère de l’Intérieur et la Présidence des Ministères irakiens. A ce jour, aucune réponse de leur part n’a été apportée. La question sur ce point n’est pas de savoir si ces violences ont été réellement commises ou non, ni sur l’exactitude des plaintes de Sabrina.

Les viols apparaissent en plein période de troubles consécutifs à l’Occupation. Les autorités de l’Occupation ont abandonné le pouvoir à des forces réactionnaires, qui n’ont aucun respect pour les droits et la dignité des femmes. Bien au contraire, elles ont favorisé la haine religieuse en s’appuyant sur des tendances tribales arriérées où les femmes des autres clans sont des otages sexuelles à exploiter, tandis que les femmes de leur propre clan « méritent d’être protégées ». Dans tous les cas, ces partis qui bénéficient de l’impunité, regarderont toujours les femmes comme la propriété du clan et l’instrument justifiant leur vengeance politique. Jamais ils les considéreront comme des êtres humains indépendants méritant le respect.

Qui protège les Irakiennes dans cette situation de barbarie ? Et qui pourra garantir leur dignité, leur intimité et leurs droits en vue d’un futur décent ? Les Irakiennes ne peuvent pas vivre en sécurité sous l’Occupation et un gouvernement soutenant la division ethnique et religieuse qui n’a aucun respect pour les droits humains et en particulier ceux des femmes. Le seul espoir est laissé à la population et à ses capacités de créer une autre alternative qui la libérerait de toute forme de répressions provenant des partis religieux et ethniques.
Notre alternative de liberté et d’égalité est la seule garantie pour mettre fin aux inégalités entre les genres et à toutes les discriminations sociales.

Yanar Mohammed Présidente de l’Organisation pour la Liberté des Femmes - www.equalityiniraq.com

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Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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