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Défense de la laïcité : Il faut repousser la religion

Je me réjouis d’êtres le témoin du développement d’un mouvement
laïque aussi actif, et de voir que la laïcité est en train de
s’affirmer, et qu’elle sort de sa marginalisation et de son attitude
timorée. Nous avons besoin d’un élan aussi puissant et formidable que
la révolution française pour repousser la religion à sa vraie place,
c’est à dire la sphère privée.

La religion et les mouvements religieux ont pris trop de pouvoir et
d’influence durant ces dernières décennies. L’islam politique a gagné
un grand pouvoir politique dans des pays important. La religion a une
influence grandissante dans la conduite des affaires des pays dits du
bloc de l’Est. Après la chute du régime soviétique les positions, les
idéologies de droite ont pris le dessus, il en est résulté le concept
raciste du relativisme culturel, concept qui justifie la violation
des droits de la femme et de l’enfant, et des principes élémentaires
de l’universalité des droits de l’homme. Ainsi avons-nous été témoins
de l’émergence d’une majorité silencieuse qui n’ose pas remettre en
question ces violations flagrantes des droits de l’homme, de peur
d’être taxé de racisme et d’intolérance. Mais les choses évoluent,
les partisans de la liberté se réveillent et élèvent la voix. Le
mouvement laïque progresse et les mouvements des droites de la femme
vont de l’avant. Il est grand temps de repousser les incursions
faites par les groupes religieux et de les renvoyer aux marges de la
société. La religion doit être une affaire privée et cesser
d’interférer dans l’état et les décisions législative ou dans
l’éducation.

Je m’adresse à vous en tant que militante de longue date du mouvement
des droits de la femme, une militante politique qui a défendu la
liberté et l’égalité et a combattu une dictature religieuse à savoir
la république islamique.

Je m’adresse à vous en tant qu’une des premières victimes de la
répression et de la tyrannie religieuse. Je m’adresse à vous en tant
qu’une des premières victimes de l’islam politique. Combien de
preuves nous faut-il pour admettre que l’intervention de la religion
dans l’état et l’éducation ne peut qu`engendrer inégalité, oppression
et brutalité ? Je n’ai pas besoin de me projeter dans le moyen âge en
Europe. Il suffit d’observer le proche orient et tous les pays où
l’Islam a la main mise : La république islamique, les talibans
l’Arabie Saoudite l’Algérie ou le Nigeria. Observez ce qui se passe
en ce moment en Irak, où les Islamistes ont acquis une position
dominante, où la Charria est sur le point de devenir la loi du pays.
Même dans les communautés islamiques en occident où les gouvernements
ont laissé la religion y faire la loi, les femmes sont opprimées, les
enfants privées de leurs droits et la situation des filles est
particulièrement préoccupante. Combien de meurtres pour l’honneur
nous faut-il pour dire stop à la religion ? Combien de brutalité et
de séquestration nous sont-elles nécessaires pour crier assez ! Pour
combien de temps et jusqu’où les filles doivent-elle être privées de
leur droit à l’égalité des chances et à l’accès à une vie heureuse,
pour que nous réagissions et mettions fin a l’ingérence de la
religion ? Il est de notre devoir de défendre la femme et l’enfant
des méfaits des lois religieuses, de leurs influences, et des
hiérarchies mafieuses qui profite de cette situation, les mollahs ou
les soit disant chefs religieux.

Dans ce bref constat que je fais aujourd’hui, j’aimerais insister sur
l’importance de la loi qui est proposée, c’est un pas important pour
la défense des droits de la femme et de l’enfant. Mais ce n’est pas
suffisant, nous devons aller plus loin. Nous devons interdire le port
du voile aux mineurs, voiler les enfants est une atteinte a leurs
droits.

". Faire porter le voile islamique par des fillettes et des
adolescentes qui ne sont pas majeures, doit être légalement
interdit." a écrit Mansoor HEKMAT en 1997 dans son article défendant
l’interdiction du port du voile par les enfants, "Car, cela n’est pas
la liberté de s’habiller comme on le désire. Au contraire, c’est la
contrainte dictée par les partisans d’une secte religieuse précise
pour obliger l’enfant à porter un vêtement particulier. Soutenir la
liberté et le droit de choisir de l’enfant (qui ne sont pas absolus)
exige que la loi supprime cette contrainte. L’enfant n’a pas de
religion, de tradition, ni de fanatisme. Il n’adhère à aucune secte
religieuse. C’est un être nouveau, qui est né par hasard et
indépendamment de sa volonté, dans une famille avec une religion, une
tradition et des fanatismes particuliers. La société a le devoir de
neutraliser les conséquences négatives de ce tirage au sort aveugle.
La société a le devoir de créer des conditions égales et équitables
pour la vie de tous les enfants ainsi que pour leur développement,
leur épanouissement et leur participation active dans la vie sociale.
Celui qui veut contrecarrer le cheminement normal de la vie sociale
d’un enfant, doit être assimilé à quelqu’un qui décide de le
maltraiter, en raison de sa culture, sa religion ou de ses complexes
personnels et collectifs, l’enfant, doit bénéficier de la protection
d’une solide barrière législative et d’une réaction sérieuse de la
société en cas d’agression.

Aucune fillette de 9 ans ne choisit à se marier, d’être mutilée, de
se transformer en cuisinière ou femme de chambre des mâles de la
famille, d’être privée de sport, d’études ou de récréation. L’enfant
grandit dans la famille et la société, selon les traditions et les
règles établies et accepte automatiquement ces idées et ces règles
comme les manières normales de la vie. Parler de choix du voile
islamique par les enfants eux-mêmes, est des plus absurde. Celui qui
fait passer le mécanisme de la transformation d’une fillette sans
voile en fillette voilée comme son "choix démocratique", ou bien ne
vit pas sur terre ou bien c’est un hypocrite qui ne mérite pas
d’entrer dans le débat sur les droits des enfants et la lutte contre
la discrimination. La condition de la défense de toutes sortes de
liberté de l’enfant pour expérimenter la vie, la condition de la
défense de libre choix de l’enfant, est d’empêcher ces obligations
automatiques et courantes."

Un autre problème concerne l’interdiction des écoles religieuses.
L’adoption de cette loi ne sera qu’une demi mesure dans la défense de
la laïcité, si nous annonçons aux parents et à la communauté
religieuse qu’il peuvent envoyer leurs enfants dans des écoles
religieuses au cas où cette loi ne leurs convient pas. Ceci va à
l’encontre de la création d’une société laïque et encore plus contre
la création d’une parfaite égalité pour tous les enfants. Ce faisant
nous encourageons la prolifération rapide des écoles religieuses, et
aggravons la ghettoïsation des zones qui existent, et nous
encouragerons la discrimination envers les enfants nés dans des
familles religieuses privant ainsi ces enfants et plus
particulièrement les filles de leurs droits à un avenir égalitaire.
Cela équivaut à leurs dire "allez au diable nous ne défendons que les
laïcs dans notre société".

La nouvelle loi ne sera efficace véritablement que si les écoles
religieuses sont toutes interdites et que si le principe de la
scolarisation obligatoire pour les enfants n’ayant pas atteint leur
majorité est fermement appliqué et soutenu par le gouvernement.

En guise de conclusion, je voudrais vous lancer un appel : restez
ferme face à l’offensive des mouvements religieux et soutenez notre
combat contre l’islam politique et pour la liberté et l’égalité en
Iran, en Iraq et dans tout le Proche orient. Notre combat contre
l’islam politique l’éradiquera en Occident aussi.

Mobilisons-nous pour un grand 8 Mars. Un 8 Mars historique contre le
voile islamique et l’islam politique, pour la laïcité et l’égalité
homme-femme.

Azar MAJEDI,
Liberté de femmes en Iran

Traductions
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Other
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Thèmes
Situation sociale
Mouvement social
Femmes
Laïcité
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Minorités sexuelles

Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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