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A quand la libération des femmes en Irak ?

Peut-être n’a-t-elle pas beaucoup appris aux gens qui viennent comme moi de cette région, qui sont nés, ont grandi là-bas ou qui ont vécu au plus près la situation irakienne. Mais force est de constater que depuis la chute du régime de Saddam Hussein, la situation des femmes s’est dégradée en Irak.

Elle, c’est Houzan Mahmoud, la porte parole de l’organisation de la libération des femmes en Irak, qui était au CAPE (Centre d’accueil de la presse étrangère à la Maison de la Radio) le 13 mars dernier, invitée par ACAT-France, Amnesty International, et Solidarité Irak.

Elle a parlé de la situation des femmes, qui n’est pas bonne en Irak, comme dans les pays arabes, où elle y ressemble. Le pire, c’est ce qui se passe en ce moment : l’Irak a reculé de plusieurs siècles...Nous sommes au Moyen Age, la violence est très présente, ainsi que la répression. Houzan a ramené de nombreuses photos de femmes irakiennes, exemples vivants de ce qui s’y déroule.

Nous, les femmes arabes, connaissons cette situation pour l’avoir vécue. Mais pour l’occident, il est très important de savoir comment nous vivons dans nos pays, et surtout en Irak.

Nous, femmes arabes, vivons au Moyen Age, il y a un grand décalage entre les civilisations orientales et occidentales. Nous parlons encore des droits des femmes, celui d’aller à l’école, à l’université, de travailler. Les femmes occidentales ont des droits que nous ne pouvons pas imaginer, ils sont étrangers au dictionnaire arabe.

Aujourd’hui, en Irak, les femmes sont arrêtées si elles sortent seules dans la rue, sans chaperon, comme si elles étaient mineures.... Révoltée par les traditions, les religions, elle a raconté comment les femmes sont tuées en Irak. C’est comme si elle racontait un film fantastique...On n’ose y croire !

Après la chute du régime de Saddam, les forces islamistes se sont développées, et ont commencé à contrôler les rues irakiennes pour faire rétrograder le pays de plusieurs siècles...

Le crime d’honneur, par exemple, qui existait déjà à l’époque de Saddam mais de façon moindre, c’est aujourd’hui répandu partout. L’assassinat de femmes est devenu courant, et le public peut y assister, chose qui ne se passait pas avant.
Un exemple parmi d’autres : une jeune fille s’est fait enlever, et quand ses ravisseurs ont demandé une rançon, le père a refusé de payer, arguant qu’il fallait mieux la tuer que de la ramener chez elle, car de toute façon, elle se ferait tuer par sa famille. L’enlèvement de filles est une honte pour les familles, si elles rentrent, elles seront tuées par les leurs, pour laver l’honneur.

Houzan Mahmoud s’est exprimée aussi sur la position des médecins, qui divulguent les rapports sur la virginité des femmes. Ils appliquent les traditions plus que les règles de leur métier. Quant au mariage forcé, c’est une pratique en vigueur : des petites filles de neuf ans se retrouvent ainsi mariées à des hommes de cinquante ans.

Houzan était en Irak il y a peu ; elle raconte comment les cadavres des femmes sont jetés n’importe où, dans les poubelles, les rivières, dans la rue ; des morceaux de corps sont dispersés ça et là...des cadavres sans identité.
Il n’y a pas même pas de données pour pouvoir chiffrer le nombre de femmes tuées.

La situation des femmes sous Saddam n’était pas idyllique, mais elles avaient des droits : celui de faire des études, de travailler, de divorcer. Le dictateur était connu, on pouvait mettre un nom sur cet ennemi, mais aujourd’hui, ils sont multiples.

La situation des femmes au Kurdistan n’a pas changé, car elle n’était pas contrôlée par le régime de Saddam Hussein. Mais aujourd’hui, Houzan Mahmoud constate que l’article 7 de la Constitution kurde confirme l’identité islamique des kurdes, et l’application de la Charia. Pour elle, la Charia fait une distinction entre hommes et femmes, et à son sens, il ne faudrait pas que l’état soit contrôlé par l’Islam. Elle croit en la liberté, liberté de croyance, de critique des religions, mais l’article 7 s’y oppose.

Quand elle parle des pays du Moyen Orient, elle déclare qu’ils ressemblent à l’Irak, car à force de politiser l’Islam, les femmes sont des citoyennes de second rang, comme en Arabie Saoudite, ou au Pakistan.

Houzan Mahmoud est née en 1973 dans une famille kurde. Elle est communiste, réfugiée politique au Royaume-Uni. En 1998, elle a crée avec des femmes irakiennes l’Organisation pour la liberté des femmes irakiennes. Elle a fait l’objet d’une menace de mort par le groupe djihadiste sunnite "Ansar al islam", à cause de son engagement politique pour l’instauration d’une constitution et d’une société laïque en Irak et au Kurdistan.

Par Maha Hassan

Traductions
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Thèmes
Situation sociale
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Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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