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Irak : quel soutien à la résistance ?

Les américains ont gagné leur guerre contre Saddam Hussein, mais la guerre contre le peuple irakien se poursuit. Si les américains n’avaient pas été accueillis en sauveurs, contrairement à leur attente et à leur propagande, ils avaient bénéficié d’une sorte de neutralité méfiante de la part d’un peuple vivant depuis plus de 20 ans sous un état de guerre et de répression. Mais depuis l’occupation se fait de plus en plus pesante, et brutale.

Irak, des résistances à l’occupation

Mais quel soutien au peuple irakien ?

Les américains ont gagné leur guerre contre Saddam Hussein, mais la guerre contre le peuple irakien se poursuit. Si les américains n’avaient pas été accueillis en sauveurs, contrairement à leur attente et à leur propagande, ils avaient bénéficié d’une sorte de neutralité méfiante de la part d’un peuple vivant depuis plus de 20 ans sous un état de guerre et de répression. Mais depuis l’occupation se fait de plus en plus pesante, et brutale.

Impuissance américaine, impuissance impérialiste

Ce qui se passe en Irak n’est pas différent de ce qui se produit depuis deux ans en Afghanistan. Une nouvelle fois est apportée la preuve qu’une occupation impérialiste ne peut rétablir un ordre démocratique, car elle prétend le faire sans le peuple et le plus souvent contre lui. Pour s’assurer le contrôle de l’Irak, les USA ont détruit ce qu’il restait de l’Etat irakien. L’Armée et la police ont été dissoutes, laissant le champ libre à l’explosion de la délinquance, des enlèvements, du racket. L’économie ne redémarre pas. Et les USA s’apprêtent à privatiser, en les vendant à des sociétés étrangères, ce qu’il reste d’infrastructures économiques. L’armée d’occupation se terre dans ses retranchements et ses soldats voient dans tout irakien une menace. Ils tirent sans sommation sur des civils, sur des manifestants ... L’armée agit conformément à ce qu’elle est, non une armée de libérateurs, mais une armée d’occupation qui voit dans le peuple irakien un ennemi. Les USA freinent la constitution d’une armée et d’une police irakienne de peur de voir les armes de celles-ci se retourner contre eux. Les Usa ne pouvant s’appuyer sur le peuple, dont ils sentent monter l’hostilité, recherche un rapprochement avec les chefs de tribu, les groupes religieux, les minorités nationales. Le gouvernement intérimaire a été organisé sur la base de représentations communautaires, préparant, sans doute contre leur volonté, la libanisation de l’Irak. Ce gouvernement est dénoncé comme une marionnette des américains

Les résistances à l’occupation de plus en plus fortes

Les troupes d’occupations subissent des attaques répétées qui depuis avril leur ont causé plus de pertes que la guerre elle-même. Les attaques semblent être principalement le fait de secteurs de l’ancien parti Baas. La localisation des zones d’activité, comme le matériel utilisé pourrait le confirmer. Mais ce n’est là que la partie la plus visible de l’opposition aux américains, mais pas nécessairement celle qui sera décisive sur le plan politique. L’opposition des arabes chiites ne s’est encore exprimée que dans des manifestations de masse, des meetings et des déclarations où est dénoncée l’occupation américaine. Cette opposition trouve dans l’idéologie religieuse un ciment. Pour l’heure elle se refuse à agir militairement contre l’occupation. Toutefois, les arables chiites ne forment pas un bloc uni. Parmi les partis religieux plusieurs courants existent. Le CSRII (conseil supérieur de la révolution islamique), dont le leader Mohammed Baqer Al-Hakim a été tué récemment dans un attentat, joue la carte du Conseil Intérimaire, mais a préservé sa milice armée. Le parti Al-Dawa, autre composante religieuse chiite plus radicale, s’est toujours refusé au moindre compromis avec les USA. Plutôt que d’engager un affrontement qu’ils jugent prématurés, ces groupes développent leur encadrement des quartiers populaires où ils apportent sécurité et services collectifs. Bref, ils misent sur le long terme, se préparant à un affrontement inévitable et à la relève du pouvoir. Mais il serait tout à fait unilatéral de croire, comme Lutte Ouvrière (numéro du 5 septembre), qu’il n’existe plus comme seule alternative aux USA qu’un pouvoir islamiste. Selon ce journal, les USA « risquent d’avoir ouvert la voie du pouvoir, comme jadis en Afghanistan... à des forces encore plus réactionnaires (que Saddam) ». Non, l’opposition politique aux USA ne se réduit pas aux supporters de Saddam et aux groupes Islamistes Chiites.

Bien que les groupes religieux aient gagné de l’influence parmi les arabes chiites, ceux-ci ont une grande tradition de luttes politiques et sociales. Ce sont les ouvriers arabes chiites qui ont formé la masse des adhérents de l’ancien Parti Communiste d’Irak. Et aujourd’hui ceux-ci ne sont pas tous acquis aux groupes religieux. Bien que nous ne connaissions peu de chose de lui, un Parti Communiste des Ouvriers d’Irak est très actif tant dans le Kurdistan que dans les villes chiites du Sud. Il y organise les ouvriers chômeurs et les femmes. Il dénonce l’occupation et le pouvoir fantoche mis en place par les impérialistes. Son audience semble non négligeable dans les quartiers populaires où il s’affronte aux groupes religieux (voir encart).

Les enjeux de la lutte actuelle et nos tâches

En tant que communistes, nous ne sommes pas spectateurs des luttes. Nous ne renvoyons pas dos à dos, comme semble le faire Lutte Ouvrière, une force d’occupation et une opposition qui serait exclusivement réactionnaire, religieuse ou non. Il y a occupation impérialiste et nous soutenons le peuple irakien dans sa volonté d’y mettre fin et de rétablir sa souveraineté sur son pays et ses ressources. Nous soutenons sa légitime révolte, mais pas indifféremment ceux qui prétendent l’exprimer ou l’organiser. En tant qu’anti-impérialistes nous nous réjouissons des coups portés contre l’armée d’occupation. Mais, en tant qu’internationalistes, nous ne sommes pas indifférents à la nature politique des groupes armés qui les portent et à l’avenir qu’ils préparent pour les travailleurs irakiens. L’opposition à l’occupation n’est pas encore structurée, mais trois courants s’y expriment assez nettement. Deux sont clairement réactionnaires (le parti Baas, les groupes religieux), un seul pourrait être porteur de liberté pour les exploités et de révolution sociale. L’avenir pour les travailleurs dépend donc du courant qui dirigera la lutte contre l’occupation impérialiste et qui capitalisera l’échec certain des impérialistes.

Notre connaissance du Parti Communiste des Ouvriers d’Iran (PCOI) est faible. Nous ne pouvons pas affirmer aujourd’hui que nous soutenons ce parti, en tant que parti communiste. Toutefois, nous pouvons dire sans crainte de nous contredire que le choix n’est pas entre la peste et le choléra, entre une occupation américaine et un pouvoir islamiste. Il est entre une voie réactionnaire et une voie qui, dans la lutte nationale contre l’occupation impérialiste, prépare la libération sociale des travailleurs irakiens. Le PCOI s’inscrit dans cette perspective, l’écho des initiatives prises par ce parti montre que les traditions de lutte des travailleurs n’ont pas été totalement écrasées. Ce sont les organisations progressistes et révolutionnaires qui les feront revivre que nous devons soutenir, dans la lutte contre l’occupation impérialiste de l’Irak.

G.F.

Encart :

Le Parti Communiste Ouvrier d’Irak : quelle orientation ?

Ce parti s’est fait connaître par les manifestations de chômeurs qu’il a organisé et par le mouvement de femmes qu’il construit. Il a été crée en 1993 dans le Kurdistan irakien, mais il est maintenant présent à Bagdad et dans les grandes villes chiites du Sud. Il parait être actif parmi les travailleurs des chemins de fer. Nous ne connaissons son orientation politique que par son site (rechercher WCPI). Voici donc brièvement ce qui transparaît de sa ligne :

sur le plan stratégique, il lutte pour une république socialiste en Irak, avec pour référence la Commune de Paris et Octobre 1917, mais nullement la révolution chinoise. Il ne se définit pas comme marxiste-léniniste
sur le plan tactique, il combat politiquement l’occupation, le pouvoir des marionnettes US, mais refuse d’engager des actions armées. Il réclamait le 18 mai « le départ immédiat des forces d’occupation et une administration pendant 6 mois de l’Irak par l’ONU afin d’organiser des élections ».
il dénonce les trahisons du PCI, ses compromissions avec l’idéologie religieuse et son réformisme.
il met en place dans les quartiers des conseils populaires (à Kirkuk).
il est lié au PC des Ouvriers d’Iran.

Il se heurte à la répression des groupes kurdes dans le Kurdistan et à celle des islamistes dans le sud. En juillet 2000, l’UPK a tué 6 de ses militants à Souleymane. En juillet 2003, son siège à Nassiria a été brûlé par les Islamistes qui ont aussi attaqué des manifestations de chômeurs. L’organisation de chômeurs de Nassiria (UUI : Union des chômeurs d’Irak) regrouperait 85.000 personnes. Son organisation de femmes née à Kirkuk se donne pour objectif de lutter contre toutes les agressions dont elles sont victimes de toute part (viols, agressions, enlèvement) et pour la défense de leurs droits contestés par les groups religieux.

Dans PARTISAN n°179, octobre 2003 (vient de paraître)

Au sommaire :

Menteurs, les impôts augmentent Les licenciements, le chômage,.. problèmes n°1 Non à la réforme de la Formation professionnelle Larzac 2003 Contre le voile, mais contre l’exclusion Luttes aux chantiers de St-Nazaire L’Europe de la répression Irak : quel soutien à la résistance ? Chine : nouvelles organisations ouvrières ...

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Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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