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Le point sur la situation sociale en Irak

Notes à partir d’une conférence téléphonique le 26 juillet 2012 avec Falah Alwan, traduites en français par Renaud.

Le principal problème auquel font face les travailleurs irakiens en ce
moment est la tentative du gouvernement d’imposer un nouveau code du
travail. Depuis la chute du régime baathiste, les prolétaires irakiens ont
travaillé sans code du travail officiel. En réalité, les gens ont
travaillé sur la base de conventions et pratiques établies plutôt que sur
celle d’un code légal. Il y a eu un premier jet de la loi en 2004, mais
selon nous, il était pire que la loi de 1936 établie par la monarchie !

Le nouveau projet inclus 156 articles et nous avons de sérieuses
objections sur 140 d’entre eux. Le code a été rédigé par le ministère du
travail, donc il a été rédigé entièrement par des représentants du
capitalisme. Il y a eu de soi-disant consultations avec des
« représentants des travailleurs » - deux personnes issues de syndicats
soutenus par le gouvernement ont été impliquées – mais il n’y a pas eue de
réelle participation des organisations ouvrières indépendantes pour
établir le code. Le nouveau code donne le droit de rejoindre un syndicat,
mais seulement les syndicat soutenus ou reconnus officiellement par le
gouvernement.

Les syndicats indépendants d’Irak se sont récemment réunis dans le
Solidarity Centre de l’AFL-CIO au Liban pour discuter d’une campagne
contre la loi. Nous voulons exercer une pression sur les autorités
irakiennes, à la fois dans le pays et internationalement, sur cette
question. Nous voulons dévoiler la réalité de ce nouveau code du travail,
car beaucoup de travailleurs ne connaissent pas son contenu. Il ne
contient aucune garantie des droits des travailleurs, et nous avons besoin
d’obliger les autorités irakiennes d’écouter le mouvement ouvrier et
changer le code.

Nous voulons un code du travail basé sur les droits des travailleurs – le
droit de former des syndicats indépendants, le droit de grève, la santé,
la sécurité sociale et d’autres droits de base sur le lieu de travail.

Le gouvernement doit procéder à une seconde lecture de la loi au parlement avant que celle-ci ne soit ratifiée mais ils n’ont pas encore annoncé quand cette seconde lecture aura lieue. Nous ne voulons pas que ça aille jusque là. Si la loi est ratifiée, ce serai un désastre pour les
travailleurs irakiens.

Il y a aussi des ingérences constantes du Ministère du Travail dans
l’affaire des syndicats irakiens. Ils ont, pendant longtemps, tenté de
délégitimer tous les syndicats sauf une unique fédération soutenue par le
gouvernement. Récemment, le Ministère a tenu des soi-disant « élections »
de représentants syndicaux, ce qui est une tentative directe pour saper la
démocratie interne des fédérations existantes. On a demandé aux ouvriers
de voter dans des élections générales, sans prendre en compte dans quel
syndicat ils étaient membres, pour des « représentants » qui négocieront
avec leurs employeurs. En réalité, les autorités ont acheté les gens pour
qu’ils participent aux élections, par exemple, en promettant des emplois
aux chômeurs s’ils votaient.

Le climat est une tentative des forces islamistes – mouvement Sadr et
soutiens du Conseil Suprême – de gagner le contrôle politique des
syndicats à l’intérieur du ministère du travail. Le ministre du travail
lui-même, Nassar al-Rubayie est un membre du mouvement Sadr. A Bassorah, les bureaux de la Fédération Générale des Travailleurs Irakiens (General Federation of Iraqi Workers (GFIW)) ont été attaquées et il y a eu
plusieurs protestations des travailleurs contre cela.

Il s’agit d’un problème politique. C’est le droit des travailleurs à
choisir quel syndicat rejoindre et à élire leur propres représentants.
L’imposition de fausses élections menace l’indépendance du mouvement
ouvrier et menace de défaire tout ce que nous avons construit depuis les
neuf dernières années.

Malgré ces conditions difficiles, beaucoup de grèves et de luttes ont
encore cours en Irak. A Bassorah, il y a eu de grandes manifestations pour
demander l’électricité. Beaucoup de maisons sont sans électricité, et dans
le climat actuel – chaleur très élevée – c’est horrible de ne pas avoir
d’électricité (pour les ventilateurs etc ...). Ces manifestations ont été
violemment réprimées par l’armée et la police qui ont procédé à beaucoup
d’arrestations. Des manifestations similaires ont eu lieues à Diwaniya.

A Baghdad, les travailleurs municipaux ont protestés dans le bâtiment du
gouvernemental local. Cela faisait partie d’un conflit a propos des
avantages de logement. Les travailleurs du secteur public ont une clause
dans leur contrat qui leur garantis un logement, mais ces travailleurs en
ont été privés. Encore une fois, les autorités ont répondu très
sévèrement à la manifestation.

A Bassorah, les ouvriers du secteur pétrochimique continuent leur campagne contre les pertes d’emplois et les transferts. Sur 5000 ouvriers d’une centrale particulière, 3000 ont été déclarés « surplus », et risquent
licenciement ou transfert vers d’autres lieux de travail. Les travailleurs
se sont battus contre cela. A Bagdad, les artisans maroquiniers ont agit
récemment, demandant la santé et des avantages en terme de sécurité.

A l’échelle internationale, les travailleurs peuvent aider notre campagne
contre le code du travail en protestant à l’ambassade Irakienne, en
écrivant aux autorités irakiennes, et, en général, en faisant prendre
conscience aux gens de ce problème. Nous avons besoin du maximum de
solidarité internationale pour obtenir un code du travail basé la
protection des droits des travailleurs.

(Kathy a aussi mentionné le nouveau livre de Greg Mutti et Falah a dit que
le journal de la FWCUI a récemment publié des articles de lui. Kathy a
aussi demandé à propos de la privatisation du secteur pétrolier, ce à quoi
Falah a répondu que bien que la nature clandestine des accords entre les
compagnies pétrolières et le gouvernement irakien permet difficilement de
connaître la situation exacte, il semblerai qu’une majorité de champs
pétroliers - spécialement à Bassorah, sont maintenant sous la propriété
ou le contrôle directs de multinationales comme Haliburton et BP.
)

Traductions
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Thèmes
Situation sociale
Mouvement social
Femmes
Laïcité
Vie de l’asso
Résistances
Moyen Orient
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Actions
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Photo
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International
Minorités sexuelles

Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
Yves Coleman
Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
Vincent Présumey

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