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Un point de vue communiste sur la Syrie

Après un an de manifestations, d’insécurité et d’opérations militaires, de sanctions économiques, militaires, commerciales et diplomatiques sur le gouvernement nationaliste syrien, après le déploiement d’observateurs de la ligue arabe, puis des instituions internationales, la situation politique reste presque inchangée en Syrie. Le conflit en cours, jusqu’ici, a été modelé par le conflit entre deux pôles internationaux, les USA et l’occident d’un côté, la Russie et la Chine de l’autre. Le double véto de ces derniers contre les résolutions occidentales en est la meilleure preuve. Ces deux pôles se combattent en Syrie pour étendre leur influence économique et politique. Pour les Russes, le gouvernement syrien est la dernière forteresse dans la région, qu’il défend avec la dernière détermination. Malgré cela, il prend ses précautions et prépare en même temps un paln B via l’un des blocs de l’opposition bourgeoise.

Il ne fait aucun doute que les gens, en Syrie, sont mécontents et qu’ils ont leur propres revendications politiques et sociales. Il en fait pas plus de doute que la classe ouvrière en Syrie mène ses propres luttes revendicatives. Il en va de même de la jeunesse, qui participe au mouvement du point de vue de ses intérêts propres. Néanmoins, la perspective politique qui domine la situation en Syrie est totalement bourgeoise. La classe ouvrière, les gens ordinaires, n’ont aucune représentation politique.

Il est évident que les actes meurtriers du gouvernement comme de l‘opposition, que les arrestations de manifestants et d ‘ouvriers en grève doivent être condamnés. Il faut mettre la pression sur le gouvernement syrien pour qu’il mette fin à l’oppression. Mais cela n’arrivera ni pas les Nations unies, ni par le conseil de sécurité, ni par l’OTAN, la Russie, la Chine, la Ligue arabe ou quelque « zone de sécurité », « sanction économique » ou ‘intervention militaire », mais seulement par un mouvement de masse organisé et une puissante solidarité internationale.
L’opposition bourgeoise en Syrie est divisés en deux lignes, qui suivent les deux pôles internationaux. La formation du Conseil national syrien, mené par l‘intellectuel Burhan Ghalioun, qui inclut en son sein les Frères musulmans, a été soutenu par les USA et les autres pays occidentaux, particulièrement la France et le gouvernement Turc. Le programme du conseil est celui des USA et du bloc occidental, « démocratie », « droits de l‘homme » et... ouverture de la Syrie aux investissements occidentaux. Il n’amènera rien d’autre que toujours plus de conflits ethniques et religieux au niveau politique, la faim, la pauvreté, le chômage massif au niveau économique. En résumé, ce conseil est l’équivalent du Conseil provisoire libyen.

De son côté, le Comité national de coordination représente la « gauche » bourgeoise, dans le sens qu’il ne veut ni de l’OTAN, ni d’une intervention étrangère, pas plus qu’il ne veut armer la rue comme le fait le Conseil national syrien via son Armée syrienne libre. Il coopère directement avec la Russie et la Chine, pour qui il constitue une carte de rechange si le régime baasiste s’effondre. Ces deux blocs s’opposent donc pour contrôler l‘opposition bourgeoise et démontrer qu’ils sont capable de la diriger, mais ce conflit ne fait que refléter celui entre les USA et l’Occident, la Russie et la Chine de l’autre, sur le futur politique de la Syrie.
Les masses s’agitent derrière ces deux blocs, mais leurs revendications politiques, sociales, civiles et individuelles ne sont en aucun cas représentés. Il sont pris entre le marteau et l’enclume du régime d’Assad et de l’opposition. la situation syrienne s’est immédiatement compliquée du fait que toute les forces de la région se sont impliquées directement : la Turquie, le Qatar, l’Iran, le Hezbollah et les grandes puissances. Le cas syrien n’est pas une situation révolutionnaire, mais un conflit entre mouvements bourgeois réactionnaires qui n’ont rien à voir avec les intérêts des masses.

La politique communiste dans cette situation se situe en dehors de ce cadre, du conflit entre blocs internationaux, en dehors de l’opposition bourgeoise. L’objectif principal d’une révolution populaire serait de renverser le régime nationaliste Baas et de construire un nouveau régime fondé sur les revendications des masses ; sur l’implication directe des masses, la séparation de la religion, de l’État et de l’éducation ; un gouvernement non-nationaliste qui garantisse une citoyenneté égale pour tous les résidents du pays et leur assure les droits politiques, civiques et individuels. Ce sont les revendications des travailleurs et des masses en Syrie comme partout dans le monde arabe.

Le mouvement ouvrier doit séparer sa lutte des blocs internationaux, du mouvement panarabe et de l’islam politique. Il doit s’armer avec une perspective politique indépendante et s’organiser lui-même sur les lieux de travail et dans les quartiers d’habitation, former des conseils d’usines et de quartiers. Il faut apprendre la leçon de la révolution égyptienne : sans organiser la classe ouvrière et son avant-garde, aucune alternative révolutionnaire ne permettra de réaliser les revendications des masses. Cet objectif nécessite de longues et patientes luttes, l’organisation de la classe ouvrière en parti et pour commencer, la création d’une organisation de militants ouvriers et marxistes. C’est le premier pas vers la révolution ouvrière.

Saman Karen, secrétaire général du parti communiste-ouvrier d’Irak, 5 octobre 2010

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