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Des ex-captives de l’État islamique décrivent une politique de viols systématiques

(New York) – Le groupe armé extrémiste État islamique (EI) a commis systématiquement des viols et d’autres violences sexuelles à l’encontre de femmes et de filles appartenant à la minorité yézidie dans le nord de l’Irak, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Human Rights Watch a effectué une mission de recherche dans la ville de Dohuk en janvier et février 2015, lors de laquelle l’organisation a interrogé 20 femmes et filles qui ont réussi à s’échapper après avoir été capturées par l’EI, et a examiné les déclarations faites par l’EI à ce sujet.

Human Rights Watch a documenté un système organisé de viols et d’agressions sexuelles, d’esclavage sexuel et de mariages forcés imposé par les forces de l’EI. De tels actes constituent des crimes de guerre et pourraient même constituer des crimes contre l’humanité. De nombreuses femmes et filles de cette région sont toujours portées disparues, mais celles qui ont survécu et se trouvent maintenant dans le Kurdistan irakien ont besoin d’un soutien psychosocial et d’autres formes d’assistance.

« Les forces de l’EI ont commis des viols de manière organisée, des agressions sexuelles et d’autres crimes atroces à l’encontre de femmes et de filles yézidies », a déclaré Liesl Gerntholtz, directrice de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. « Celles qui ont eu la chance de s’échapper ont besoin d’être soignées pour le traumatisme inimaginable qu’elles ont subi. »

Les forces de l’EI ont capturé plusieurs milliers de civils yézidis dans la province de Ninive dans le nord de l’Irak, en août 2014, selon des responsables du Kurdistan et des membres influents de la communauté yézidie. Des témoins ont raconté que les combattants avaient systématiquement séparé les jeunes femmes et les adolescentes de leurs familles et des autres captifs et les avaient déplacées d’un lieu à l’autre, en Irak et en Syrie.

Les 11 femmes et 9 filles que Human Rights Watch a interrogées ont réussi à s’enfuir entre septembre 2014 et janvier 2015. La moitié d’entre elles, dont deux jeunes filles âgées de 12 ans, ont affirmé avoir été violées – certaines à plusieurs reprises et par plusieurs combattants de l’EI. Presque toutes ont précisé avoir été mariées de force ; vendues, dans certains cas plusieurs fois ; ou offertes comme « cadeaux. » Ces femmes et filles ont également été témoins lorsque d’autres captives ont été violentées.

Human Rights Watch a également interrogé plus d’une douzaine d’autres personnes –des membre d’associations internationales et locales, des professionnels de la santé, des responsables kurdes, des chefs de communautés et des activistes – qui ont corroboré ces récits. Un médecin de la région qui a soigné des survivantes à Dohuk a déclaré à Human Rights Watch que sur les 105 femmes et filles qu’il avait examinées, 70 semblaient avoir été violées lors de leur captivité aux mains de l’EI.

Toutes les femmes et filles interrogées présentaient des signes d’extrême détresse psychologique. Beaucoup d’entre elles sont toujours séparées de leurs proches et parfois de leurs familles entières, soit parce que celles-ci ont été tuées par l’EI, soit parce qu’elles sont toujours détenues par l’EI. Plusieurs ont affirmé qu’elles avaient tenté de se suicider pendant leur captivité ou avaient été témoins de tentatives de suicide afin d’éviter un viol, un mariage forcé ou une conversion religieuse forcée.

En octobre 2014, l’EI a reconnu, dans sa publication Dabiq, que ses combattants avaient offert des femmes et des filles yézidies capturées à ses combattants comme « butins de guerre. » L’EI a cherché à justifier sa pratique de violences sexuelles en affirmant que l’Islam autorise les hommes à avoir des relations sexuelles avec des « esclaves » non musulmanes, y compris des filles, à les battre et à les vendre. Ces déclarations constituent une preuve supplémentaire de l’existence d’une pratique généralisée et d’un plan d’action systématique de la part de l’EI, a déclaré Human Rights Watch.

Les commandants de l’EI devraient libérer immédiatement tous leurs prisonniers civils, rendre les enfants à leurs familles et cesser la pratique des mariages et des conversions religieuses forcés, a affirmé Human Rights Watch. Ils devraient prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin aux viols et aux autres violences sexuelles commises par leurs combattants. Les acteurs internationaux et locaux qui ont de l’influence auprès de l’EI devraient insister pour que le groupe prenne ces mesures.

En 2014, le Gouvernement régional du Kurdistan (Kurdistan Regional Government, KRG) a absorbé plus de 637 000 personnes déplacées de la seule province de Ninive, et a fait d’importants efforts pour fournir des soins de santé et d’autres services aux femmes et filles yézidies qui ont pu s’échapper après leur capture par l’EI. Toutefois, ces soins se santé n’ont pas été sans défauts et lacunes, a noté Human Rights Watch. Certaines des personnes interrogées ont indiqué qu’elles avaient subi des tests médicaux, mais sans en connaître l’objectif, et qu’elles n’avaient jamais été informées des résultats.

Le directeur général chargé de la santé à Dohuk a déclaré à Human Rights Watch que les autorités locales avaient identifié moins de 150 femmes et filles qui s’étaient enfuies des mains de l’EI et qu’une centaine d’entre elles seulement avaient reçu des soins médicaux. Selon le Directorat des affaires yézidies du KRG, 974 Yézidis s’étaient échappés à la date du 15 mars 2015, dont 513 femmes et 304 enfants.

Les femmes et les filles ont besoin d’un soutien psychologique post-traumatique et de thérapies de longue durée, a affirmé Human Rights Watch. Toutes n’ont pas eu immédiatement accès à des soins médicaux pour les blessures subies ; à des produits contraceptifs d’urgence ; à des services d’avortement sûrs et légaux, à des services de santé reproductive ; et à un soutien psychosocial.

Les autorités du KRG devraient essayer de corriger les lacunes existantes dans les soins médicaux et le soutien psychosocial que reçoivent les femmes et les filles yézidies et s’assurer que les médecins fournissent aux survivantes de ces épreuves les résultats des tests qu’elles subissent et des informations sur les services disponibles, a ajouté Human Rights Watch. Le KRG devrait également mettre au point un plan afin d’aider les enfants nés d’un viol et s’assurer qu’ils bénéficient, ainsi que leurs mères, de services et de protection adéquats. En outre, le KRG devrait investir dans la formation à des compétences et à des techniques artisanales susceptibles de conduire à un emploi, afin d’aider ces femmes à se réinsérer dans une vie normale.

« Les femmes et les filles yézidies qui se sont échappées des mains de l’EI sont encore confrontées à d’énormes défis et à un traumatisme persistant après l’expérience qu’elles ont vécue », a affirmé Liesl Gerntholtz. « Elles ont un besoin urgent d’aide et de soutien afin de retrouver la santé et de continuer à vivre. »

Violations du droit international par l’État islamique

Enlèvements et détentions
Depuis le début des offensives de l’EI à Sinjar et dans les environs le 3 août 2014, plus de 736 000 Irakiens, principalement des Yézidis et des membres d’autres minorités religieuses, ont fui leurs habitations dans la province de Ninive, se rendant pour la plupart dans la région semi-autonome du Kurdistan irakien, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Les combattants de l’EI ont exécuté des centaines de civils yézidis de sexe masculin, puis ont enlevé les membres de leurs familles, selon des rapports des Nations Unies et des organisations locales et internationales de défense des droits humains. Dans un récent rapport, l’ONU a affirmé que des enquêtes supplémentaires étaient nécessaires pour établir le nombre de personnes retenues captives ou tuées par l’EI, qui est « estimé à plusieurs milliers. »

Bien que plusieurs centaines de Yézidis se soient depuis lors échappés, selon des responsables du KRG, beaucoup sont encore en captivité dans diverses régions d’Irak et de Syrie. Les captives qui se sont enfuies et ont été interrogées par Human Rights Watch ont affirmé que l’EI détenait des Yézidis dans de multiples lieux dans le nord de l’Irak, notamment à Mossoul, Tal Afar, Tal Banat, Ba’aj, Rambusi et Sinjar, ainsi que dans des zones qu’il contrôle dans l’est de la Syrie, dont Raqqa et Rabi’a. Elles ont précisé que l’EI détenait captives des femmes et des filles dans des maisons, des hôtels, des usines, des cours de fermes, des écoles, des prisons, des bases militaires et d’anciens bâtiments gouvernementaux.

Des jeunes femmes et des filles ont raconté à Human Rights Watch que les combattants de l’EI les avaient d’abord séparées des hommes, des garçons et des femmes plus âgées. Ils les ont ensuite déplacées à plusieurs reprises de manière organisée et méthodique vers divers endroits situés en Irak et en Syrie. Quoique la plupart des combattants de l’EI semblaient être des Syriens ou des Irakiens, les survivantes ont affirmé que certains de leurs tortionnaires leur avaient dit qu’ils venaient d’autres pays du Moyen-Orient ou d’Afrique, comme la Libye, l’Algérie, l’Arabie saoudite et les Territoires palestiniens occupés, ainsi que d’Europe et d’Asie centrale.

Le nombre précis de Yézidis qui sont toujours captifs n’est pas connu à cause de la poursuite des hostilités en Irak et en Syrie, et parce qu’un certain nombre de Yézidis ont fui vers d’autres zones d’Irak ou vers d’autres pays voisins lorsque l’EI a attaqué. Le 13 mars 2015, le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a affirmé dans un rapport qu’environ 3 000 personnes, principalement des Yézidis, seraient toujours captives de l’EI. Mais des responsables locaux, des prestataires de services et des personnes actives au sein de la communauté estiment que le nombre de Yézidis toujours détenus est très supérieur.

En septembre 2014, une organisation yézidie a fourni à Human Rights Watch une banque de données contenant les noms et l’âge de 3 133 Yézidis qui, selon elle, ont été enlevés ou tués par l’EI, ou qui sont portés disparus depuis le début de l’offensive de l’EI début août 2014. La banque de données est basée sur des entretiens avec des Yézidis déplacés dans le Kurdistan irakien. L’organisation a déclaré qu’à fin mars 2015, le nombre des Yézidis morts, enlevés ou portés disparus avait augmenté, pour atteindre 5 324.

Violences sexuelles et autres abus
Les femmes et les filles qui ont parlé à Human Rights Watch ont décrit les viols à répétition, les violences sexuelles et les autres sévices qu’elles ont subis lorsqu’elles étaient captives de l’EI.

Jalila (les noms de toutes les survivantes ont été modifiés pour protéger leur sécurité), âgée de 12 ans, a déclaré qu’elle avait été accostée avec sept membres de sa famille le 3 août 2014, alors qu’ils tentaient de fuir l’EI, par des hommes arabes qu’elle a reconnus car ils étaient originaires de son village, situé au nord de Sinjar. Ces hommes les ont livrés aux combattants de l’EI, qui ont alors séparé Jalila, sa sœur, sa belle-sœur et son neveu nouveau-né des autres membres de la famille et les ont emmenés à Tal Afar. Plus tard, les combattants ont emmené Jalila et sa sœur à Mossoul. Trente-cinq jours plus tard, ils ont séparé Jalila de sa sœur et l’ont emmenée dans une maison en Syrie où se trouvaient d’autres jeunes femmes et filles yézidies également enlevées. Jalila a déclaré :

Les hommes venaient et nous sélectionnaient. Quand ils venaient, ils nous disaient de nous lever et ils examinaient notre corps. Ils nous disaient de leur montrer nos cheveux et parfois ils battaient les filles si elles refusaient. Ils portaient des dishdashas [vêtements descendant jusqu’aux chevilles] et avaient de grosses barbes et les cheveux longs.

Jalila a affirmé que le combattant de l’EI qui l’a choisie l’a giflée et traînée hors de la maison parce qu’elle résistait. « Je lui ai dit de ne pas me toucher et l’ai supplié de me laisser partir », a-t-elle dit. « Je lui ai demandé de me ramener à ma mère. J’étais une jeune fille et je lui ai demandé : ‘Qu’est-ce que tu veux de moi ?’ Il a eu des rapports sexuels avec moi pendant trois jours. »

Jalila a ajouté que pendant sa captivité, sept combattants de l’EI l’avaient « possédée » et que quatre d’entre eux l’avaient violée à plusieurs reprises : « Parfois j’étais vendue. Parfois j’étais offerte en cadeau. Le dernier homme était le plus violent ; il m’attachait les mains et les jambes. »

Une autre jeune fille de 12 ans, Wafa, a déclaré à Human Rights Watch qu’en août, des combattants de l’EI l’ont enlevée en même temps que sa famille dans le village de Kocho. Ils ont emmené la famille dans une école à Tal Afar où se trouvaient déjà de nombreux autres Yézidi captifs, et les combattants l’ont séparée de sa famille. De là, ils l’ont emmenée dans divers lieux en Irak, puis à Raqqa, en Syrie. Un combattant plus âgé a affirmé à Wafa qu’elle ne serait pas maltraitée mais il l’a quand même violée à plusieurs reprises, a-t-elle dit.

« Il dormait au même endroit que moi et m’a dit de ne pas avoir peur parce que j’étais comme sa fille », a-t-elle dit. « Un jour, je me suis réveillée et mes jambes étaient couvertes de sang. » Wafa a réussi à s’échapper trois mois après son rapt mais ses parents, ses trois frères et sa sœur sont toujours portés manquants.

Les femmes et les filles qui affirment ne pas avoir été violées disent qu’elles ont vécu dans un état de stress et d’anxiété continuels quand elles étaient témoins des sévices subis par d’autres femmes, craignant que ce soit bientôt leur tour.

Dilara, âgée de 20 ans, a déclaré que des combattants de l’EI l’avaient emmenée dans une salle de mariage en Syrie, où elle a vu environ 60 autres femmes yézidies captives. Les combattants de l’EI leur ont dit : « Oubliez les membres de vos familles, à partir de maintenant vous allez nous épouser, porter nos enfants, Dieu va vous convertir à l’Islam et vous allez prier. » Elle a déclaré à Human Rights Watch qu’elle avait vécu dans la peur constante d’être entraînée comme l’avaient été tant d’autres femmes et filles avant elle :

À partir de 9h30 du matin, des hommes venaient acheter des filles pour les violer. J’ai vu de mes propres yeux des combattants de l’EI tirer les cheveux des filles, les battre et frapper à la tête celles qui tentaient de résister. Ils étaient comme des animaux…. Après avoir traîné les filles dehors, ils les violaient, puis les ramenaient en échange de nouvelles filles. L’âge des filles allait de 8 ans à 30 ans… il ne restait plus que 20 filles à la fin.

Deux sœurs, Rana, 25 ans, et Sara, 21 ans, ont déclaré n’avoir rien pu faire pour empêcher que leur jeune sœur de 16 ans soit violentée par quatre hommes pendant plusieurs mois. Leur sœur a été autorisée à leur rendre visite et leur a raconté que le premier homme qui l’avait violée, qu’elle a décrit comme étant un Européen, l’avait aussi battue et menottée, lui avait fait subir des chocs électriques et l’avait privée de nourriture. Elle leur a dit qu’un autre combattant l’avait ensuite violée pendant un mois, puis l’avait donnée à un Algérien pour un mois. La dernière fois qu’elles ont vu leur sœur est lorsqu’un combattant saoudien de l’EI l’a prise. « Depuis, nous sommes sans nouvelles d’elle », a déclaré Sara. Les deux sœurs ont affirmé qu’elles aussi avaient été violées à plusieurs reprises par deux hommes, dont l’un a indiqué être originaire de Russie et l’autre du Kazakhstan.

Certaines femmes et filles ont déclaré à Human Rights Watch que les combattants de l’EI les battaient si elles résistaient ou les défiaient d’une quelconque manière.

Zara, âgée de 13 ans, a déclaré que les combattants de l’EI l’avaient accusée, avec deux autres filles, d’avoir profané un Coran alors qu’elles étaient retenues captives dans une ferme. « Ils nous ont punies toutes les trois en nous emmenant dans le jardin et nous attachant les mains avec du fil de fer », a-t-elle dit. « Nous avions les yeux bandés et ils disaient qu’ils nous tueraient si nous ne leur disions pas qui avait fait cela. Ils nous ont battues pendant 10 minutes et ont tiré un coup de feu en l’air. »

Leila, 25 ans, a réussi à s’enfuir de la maison où elle était retenue captive mais, comme elle se trouvait derrière les lignes de l’EI, elle a réalisé qu’elle était prise au piège et qu’elle devait revenir. Le commandant, un Irakien, lui a demandé pourquoi elle avait tenté de s’enfuir. Elle a affirmé avoir répondu : « Parce que ce que vous nous faites est haram [interdit] et non islamique. » Il l’a battue avec un câble et a aussi puni le garde qui n’avait pas pu empêcher sa tentative d’évasion. Le garde l’a également battue. « Depuis, mon état psychologique est devenu très mauvais et j’ai eu des évanouissements », a-t-elle affirmé.

Mariages forcés
Des femmes et des filles ont indiqué à Human Rights Watch que les combattants de l’EI leur avaient dit qu’ils les avaient achetées pour des sommes allant jusqu’à 2 000 dollars à d’autres membres de l’EI.

Dans certains cas, les combattants de l’EI ont épousé de force leurs captives yézidies, plutôt que de les acheter. Narin, 20 ans, a déclaré que lorsqu’un combattant nommé Abu Du’ad l’a amenée à son domicile, sa femme est partie en signe de protestation. Il a alors fait venir un magistrat religieux pour accomplir une cérémonie de mariage mais Narin a refusé d’y participer. Abu Du’ad a persisté et a tenté d’obtenir la permission de la famille de Narin et a appelé le frère de celle-ci en Allemagne. « Mais [mon frère] a dit non au mariage et a offert 50 000 dollars pour ma libération », a raconté Narin. « Abu Du’ad a répondu non. »

Nadia, 23 ans, a déclaré qu’elle avait été séparée des hommes de sa famille lorsque des combattants de l’EI l’ont enlevée dans son village, près de Sinjar, en août. Elle a essayé de convaincre les combattants qu’elle était mariée afin d’éviter d’être violée, car elle avait entendu dire que les combattants de l’EI préféraient les vierges. Toutefois, après qu’elle eut été emmenée en Syrie, un des hommes a déclaré qu’il voulait l’épouser. « Les autres filles qui étaient avec moi ont dit qu’il était interdit d’épouser une femme mariée », a déclaré Nadia. « L’homme a répondu : ‘Mais pas si ce sont des femmes yézidies.’ »

L’EI a reconnu publiquement avoir réduit en esclavage des femmes et des enfants. Dans un article intitulé « La restauration de l’esclavage avant l’heure » paru dans Dabiq, le magazine en ligne en langue anglaise du groupe, l’EI a annoncé qu’il restaurait une coutume justifiée par la charia (loi islamique) :

Après leur capture, les femmes et les enfants yézidis ont alors été répartis, selon les principes de la charia, entre les combattants de l’État islamique qui avaient participé aux opérations à Sinjar, après qu’un cinquième des esclaves eurent été transférés entre les mains des autorités de l’État islamique pour être répartis en tant que khum [taxe sur les prises de guerre].

Un document, présenté sous forme de questions et réponses, émis par ce qui semble être un Département de recherche et de fatwa de l’EI, déclare :

Il est permis d’acheter, de vendre ou de donner en cadeau des femmes captives et des esclaves, car elles ne sont qu’une propriété, dont on peut disposer à volonté.… Il est permis d’avoir des relations sexuelles avec la femme esclave qui n’a pas encore atteint la puberté si elle est physiquement prête pour ces rapports ; toutefois si elle n’est pas prête, il est suffisant de jouir d’elle sans rapports sexuels.… Il est permis de battre la femme esclave en guise [de] darb ta’deeb [châtiment disciplinaire].

Tentatives de suicide
Les femmes et les filles qui ont parlé à Human Rights Watch ont décrit leurs propres tentatives de suicide ou les tentatives d’autres femmes comme étant un moyen d’éviter un viol, un mariage forcé ou une conversion religieuse forcée. Elles ont décrit comment elles s’étaient entaillé les poignets avec des morceaux de verre ou des rasoirs, ou tenté de se pendre, ou de s’électrocuter dans une baignoire, ou d’avaler des substances qu’elles croyaient empoisonnées.

Rashida, âgée de 31 ans, a réussi à parler à un de ses frères après son enlèvement, en utilisant secrètement le téléphone portable d’un combattant. Elle a dit à son frère que les combattants de l’EI voulaient la forcer à se convertir, puis à se marier. Il lui a dit qu’il allait essayer de l’aider mais que s’il ne réussissait pas, elle « devrait se suicider car ce serait mieux que l’alternative. » Rashida a déclaré :

Plus tard ce jour-là, ils [les combattants de l’EI] ont organisé une loterie avec nos noms et ont commencé à choisir des femmes en tirant leurs noms au sort. L’homme qui m’a sélectionnée, Abu Ghufran, m’a forcée à prendre un bain mais quand j’étais dans la salle de bains, j’ai essayé de me tuer. J’avais trouvé du poison dans la maison et je l’ai pris avec moi dans la salle de bains. Je savais que c’était toxique à cause de l’odeur. J’en ai distribué aux autres filles et nous avons toutes mélangé ce produit avec de l’eau dans la salle de bains et l’avons bu. Aucune d’entre nous n’est morte mais nous avons toutes été malades. Certaines ont perdu connaissance.

Leila a déclaré qu’elle avait vu deux filles essayer de se suicider en se tailladant les poignets avec des éclats de verre. Elle-même a également tenté de se suicider lorsque ses ravisseurs libyens l’ont forcée à prendre un bain, sachant que c’était typiquement le prélude à un viol :

Je suis allée dans la salle de bains, j’ai ouvert les robinets, je suis montée sur une chaise pour saisir le fil de l’ampoule électrique afin de m’électrocuter, mais il n’y avait pas d’électricité. Quand ils ont compris ce que je faisais, ils m’ont battue avec un long morceau de bois et à coups de poing. Mes yeux étaient tuméfiés et mes bras étaient bleuis. Ils m’ont menottée au lavabo, puis ont découpé mes vêtements avec un couteau et m’ont lavée. Ils m’ont sortie de la salle de bains, ont amené [mon amie] dans la pièce et l’ont violée devant moi.

Leila a précisé qu’elle avait été violée plus tard. Elle a affirmé avoir de nouveau tenté de se suicider et a montré à Human Rights Watch les cicatrices sur ses poignets où elle s’était tailladée à coups de rasoir.

Conversions forcées
Environ la moitié des femmes et des filles qui ont parlé à Human Rights Watch ont affirmé que les combattants de l’EI avaient fait pression sur elles pour qu’elles se convertissent à l’Islam. Zara, âgée de 13 ans, a déclaré qu’elle avait été retenue captive dans une maison de trois niveaux à Mossoul, en compagnie de filles âgées de 10 à 15 ans :

Quand ils venaient choisir les filles, ils les emmenaient. Les filles pleuraient et parfois s’évanouissaient, et ils devaient les emmener de force. Ils nous ont forcées à nous convertir à l’Islam et nous avons toutes dû réciter la shahada [profession de foi islamique]. Ils nous ont dit : « Vous les Yézidis, vous êtes des kufar [infidèles], vous devez répéter ces mots après le chef. » Ils nous ont toutes rassemblées au même endroit et nous ont fait répéter après lui. Après que nous ayons dit la shahada, il a déclaré : Vous êtes maintenant converties à notre religion et c’est notre religion qui est la bonne. Nous n’avons pas osé ne pas dire la shahada.

Noor, âgée de 16 ans, a été détenue par des combattants de l’EI dans divers lieux, dont la ville de Mossoul. « Le chef de ce groupe nous a demandé de nous convertir à l’Islam et de lire le Coran », a-t-elle dit. « Nous avons été forcées de lire le Coran et nous avons commencé à prier lentement. Nous avons commencé à agir comme des actrices. »

Crimes de guerre et crimes contre l’humanité
Le viol et les autres formes de violence sexuelle, l’esclavage sexuel, les traitements cruels et d’autres abus commis pendant un conflit armé constituent autant de violations des lois de la guerre. Les tribunaux pénaux internationaux ont affirmé que le viol et les autres violences sexuelles pouvaient équivaloir à des actes de torture.

Les personnes qui commettent de graves violations des lois de la guerre avec une intention criminelle se rendent responsables de crimes de guerre. Des commandants et des dirigeants civils peuvent être poursuivis en justice pour crimes de guerre en vertu du principe de la responsabilité de commandement, quand ils savaient ou auraient dû savoir que des crimes de guerre étaient commis et quand ils ont pris des mesures insuffisantes pour les empêcher ou pour punir leurs responsables.

Les viols massifs et les autres graves abus commis par l’EI à l’encontre des civils yézidis peuvent constituer des crimes contre l’humanité. Les crimes contre l’humanité consistent en de graves infractions, parmi lesquelles le viol, l’esclavage sexuel, la mise en esclavage, l’emprisonnement illégal, la persécution d’un groupe religieux et d’autres actes inhumains causant intentionnellement de grandes souffrances, et qui s’inscrivent dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique contre une population civile.

Le mot « généralisée » se réfère à l’échelle sur laquelle les actes ont été commis ou au nombre des victimes. Le mot « systématique » se rapporte à « une tendance établie ou un plan méthodique ». Les déclarations publiques de l’EI concernant l’esclavage, les mariages forcés et les sévices infligés aux femmes capturées, ainsi que la vente organisée de femmes et de filles yézidies, démontrent l’existence d’une pratique généralisée et d’un plan d’action systématique de la part de l’EI.

Fourniture de services de santé

Soins médicaux
Les autorités du KRG ont fait de gros efforts pour fournir des services, notamment médicaux, aux femmes et filles yézidies et ont chargé un comité de santé à Dohuk de coordonner l’identification des survivantes et leur renvoi à des prestataires de services. Le directeur général de la santé à Dohuk, le Dr. Nezhar Ismet Taib, qui dirige ce comité, a déclaré que certaines familles ne souhaitaient pas révéler que leurs femmes avaient été enlevées et ceci a rendu difficile la tâche du comité pour identifier et traiter celles qui en ont besoin.

Presque toutes les femmes et les filles qui ont parlé à Human Rights Watch ont déclaré qu’elles avaient passé des examens médicaux. Un médecin local a déclaré que ces examens médicaux comprenaient un test sanguin de dépistage d’infections sexuellement transmissibles et de grossesses. Dans certains cas, les professionnels de la santé ont fourni des contraceptifs d’urgence et des prophylaxies anti-VIH, comme le recommande l’Organisation mondiale de la santé.

Il n’a pas été possible d’établir clairement si les médecins ont toujours obtenu le consentement informé des patientes avant d’effectuer ces examens. Narin, la jeune femme de 20 ans originaire de Sinjar, a déclaré à Human Rights Watch qu’elle avait été enlevée le 3 août et donnée en « cadeau » à un combattant de l’EI, qui a essayé de la forcer à l’épouser :

Je n’ai pas été violée – [le membre de l’EI] ne m’a pas touchée car je lui ai dit que j’étais malade.… J’ai passé un examen gynécologique à Dohuk, à la fin duquel j’ai été déclarée intacte. Je n’étais pas à l’aise pendant cet examen et [le médecin] ne m’a pas expliqué auparavant ce qu’elle allait me faire.

Les femmes et les filles qui passent les examens médicaux n’en reçoivent pas toujours les résultats. Les deux sœurs, Rana et Sara, ont déclaré qu’elles avaient passé cinq mois aux mains de l’EI et que les combattants les avaient violées à de nombreuses reprises. Elles ont ajouté qu’après leur évasion en décembre, elles ont reçu des soins médicaux et subi des tests, mais que six semaines plus tard, elles n’avaient toujours pas reçu les résultats de ces tests.Une jeune fille de dix-huit ans, Arwa, originaire de Kocho, a réussi à s’échapper en décembre après avoir été violée par des combattants de l’EI. Elle a déclaré à Human Rights Watch qu’elle attendait toujours les résultats de ses tests sept semaines plus tard.

Les autorités locales devraient s’assurer que les personnels de santé informent les femmes et les filles de l’objectif de chaque test et qu’elles consentent explicitement à chaque procédure. L’Organisation mondiale de la santé a fourni des directives pour l’accomplissement de tels tests et pour l’obtention d’un consentement informé.

Receler les résultats de tels examens, qu’ils soient positifs ou négatifs, peut aggraver les craintes de ces femmes et de ces filles concernant leur état de santé. Les personnels de santé devraient s’assurer qu’un suivi soit effectué pour ces femmes et ces filles, y compris par la fourniture des résultats de leurs examens, ainsi que de toutes les informations et les traitements médicaux que leur état nécessite.

Soutien psychosocial
Le soutien psychosocial pour les femmes et les filles qui se sont échappées des mains de l’EI est un service crucial, qui est dans une large mesure inexistant dans le Kurdistan irakien. Toutes les femmes et filles interrogées ont présenté des signes de traumatisme. Jalila, la jeune fille de 12 ans violée par quatre combattants de l’EI, a déclaré : « Je ne peux plus dormir la nuit car j’ai constamment le souvenir de la manière dont ils m’ont violée. Je veux faire quelque chose pour oublier mes problèmes psychologiques. Je veux quitter l’Irak jusqu’à ce que les choses s’améliorent, je ne veux pas être de nouveau capturée. » Lorsqu’elle a fait ces déclarations, elle n’avait pas reçu de conseil professionnel.

La jeune fille de seize ans, Noor, a déclaré à Human Rights Watch que les combattants de l’EI l’avaient enlevée le 3 août à Tal Afar et l’avaient gardée captive jusqu’en septembre, date à laquelle elle s’est échappée. Un combattant de l’EI l’a violée à de nombreuses reprises sur une période de cinq jours, a-t-elle dit. Elle a affirmé que lors des deux premiers mois après son évasion, elle était tellement traumatisée qu’elle pleurait presque constamment.

Noor a réussi à obtenir un soutien psychosocial. Un militant local a arrangé pour elle trois ou quatre consultations chez un psychothérapeute à l’hôpital et lui a rendu visite fréquemment pour l’encourager à prendre régulièrement des conseils psychosociaux. Noor suivait un traitement psychosocial régulier, ainsi que des cours de formation artisanale, et quittait régulièrement le camp pour participer à des activités sociales avec des militants d’organisations locales.

Toutefois, les représentants d’agences internationales et d’organisations non gouvernementales ont déclaré à Human Rights Watch que non seulement il y avait une insuffisance de soutien psychosocial disponible, mais aussi une réticence de la part de la communauté à accepter une telle aide. Un militant a déclaré qu’il était obligé de rendre visite à de nombreuses reprises aux filles et à leurs tuteurs légaux afin de les encourager à participer à des séances de conseil psychosocial, avant qu’elle n’y consentent.

Plusieurs de celles qui ont été interrogées par Human Rights Watch ont déclaré qu’elles aimeraient recevoir une thérapie psychosociale. Narin, la jeune femme de 20 ans de Sinjar, a déclaré :

Personne ne m’a proposé de séances de conseil en tête-à-tête d’aucune sorte. Cela m’intéresserait de recevoir des conseils de la part de professionnels pour m’aider à assimiler mes expériences, si c’était disponible.… J’ai du mal à dormir la nuit et je ne dors que quelques heures à la fois. Quand je dors, je vois souvent mes parents et mes frères et sœurs, en particulier l’image de mes frères obligés de s’agenouiller sur la route, et aussi le visage de ma mère.

Les organisations internationales et locales confirment que le nombre de psychothérapeutes disponibles est insuffisant pour satisfaire les besoins des femmes et des filles, compte tenu du nombre de celles qui se sont évadées et de la probabilité que d’autres continuent d’arriver.

Le dr. Taib a déclaré à Human Rights Watch que bien que n’ayant pas lui-même eu connaissance de suicides de femmes ou de filles qui s’étaient échappées, il savait que beaucoup d’entre elles avaient des tendances suicidaires. Il a précisé que les femmes et les filles qui se faisaient soigner auprès de responsables locaux, faisaient l’objet d’une évaluation en même temps qu’elles recevaient des soins médicaux. L’équipe de santé désignée pour aider les femmes et filles yézidies compte deux psychologues et deux psychothérapeutes, mais prévoit d’augmenter le nombre de ceux-ci jusqu’à dix. En outre, certaines organisations et agences internationales fournissent un soutien psychosocial. Une psychothérapeute attachée au Centre Jian pour les droits de l’homme a déclaré qu’elle et une collègue avaient fourni un soutien à 20 femmes et filles yézidies qui avaient échappé à l’EI.

À court terme, les psychologues et les travailleurs sociaux, en particulier ceux qui parlent le dialecte yézidi local, ont besoin de formation sur les méthodes de suivi psychologique. Ceci devrait s’ajouter au recrutement de psychothérapeutes pour s’occuper des cas urgents. Davantage d’efforts sont également nécessaires pour encourager les personnes susceptibles d’avoir besoin de ces services et les instruire sur la manière dont ils peuvent leur être utiles.

Grossesses et enfants résultant de viols
Le KRG n’a pas de plan général pour faire face au problème des grossesses ou des enfants résultant d’un viol. Le dr. Taib a déclaré à Human Rights Watch que le comité local sur la santé avait admis le principe selon lequel les autorités doivent protéger les femmes qui gardent ces enfants, notamment en leur fournissant un abri, ainsi que des soins prénataux et dans le domaine de la santé maternelle. Dans les cas où ces femmes refusent de s’occuper de ces enfants, des tribunaux de statut personnel devront prendre des décisions concernant le bien-être des enfants.

Lorsque la mère naturelle de l’enfant et sa proche famille renoncent à l’enfant ou l’abandonnent, ou sont incapables de s’occuper de lui de manière adéquate, les autorités devraient assurer à l’enfant une prise en charge de substitution appropriée, par l’intermédiaire d’autorités locales compétentes et d’organisations non gouvernementales autorisées. Dans les cas où la mère naturelle de l’enfant et sa proche famille ne renoncent pas à l’enfant, les autorités devraient tout d’abord s’efforcer de permettre à l’enfant de rester à la charge de sa mère ou, quand c’est justifié, d’autres membres de la famille proche, à moins que ce soit contraire aux intérêts de l’enfant. Si les femmes choisissent d’élever ces enfants, un plan devrait être mis en place visant à leur fournir une assistance, y compris un soutien psychosocial et financier.

Les responsables devraient s’assurer que des informations concernant ce type de services soient disponibles pour les femmes et les filles et qu’elles puissent y avoir accès de manière confidentielle.

L’avortement est illégal en Irak. Des responsables locaux ont déclaré à Human Rights Watch qu’il est interdit dans la région du Kurdistan, même dans les cas de viol, sauf si un médecin le considère comme une nécessité médicale, par exemple en cas de risque pour la vie de la mère. Le KRG devrait clarifier d’urgence, à l’intention des fournisseurs de soins de santé, les circonstances dans lesquelles ils peuvent légalement provoquer un avortement pour les femmes et les filles qui se sont échappées des mains de l’EI, y compris pour celles qui présentent un risque de commettre un suicide ou de subir des violences liées à « l’honneur ». Le gouvernement irakien devrait également envisager d’urgence d’amender le code pénal afin d’autoriser des avortements sûrs pour les femmes et les filles qui ont subi des violences sexuelles.

En outre, les responsables du KRG devraient encourager les dirigeants religieux et communautaires à accueillir au sein de la communauté les enfants nés d’un viol si leurs mères choisissent librement de les élever dans la communauté yézidie, et de fournir le soutien social dont ces femmes ont besoin.

Honte et réintégration
Baba Sheikh, un chef religieux yézidi, a émis une déclaration le 6 septembre, dans laquelle il affirmait que les femmes qui avaient échappé à leurs ravisseurs de l’EI étaient les bienvenues à leur retour dans la communauté et affirmait que personne ne devrait leur faire de mal. Le 6 février 2015, il a réitéré cet appel, déclarant :

Ces survivantes demeurent de pures Yézidies et personne ne doit douter de leur foi yézidie parce qu’elles ont été victimes de circonstances qui échappaient à leur contrôle.… Par conséquent, nous appelons chacun à coopérer avec ces victimes et à les soutenir afin qu’elles puissent de nouveau vivre des vies normales et réintégrer la société.

Ces déclarations semblent avoir eu pour effet de protéger ces femmes et filles yézidies contre certains risques et d’encourager leurs familles à chercher à leur procurer des soins.

Ismail Ali, directeur général du KRG chargé de combattre les violences faites aux femmes à Dohuk, a déclaré à Human Rights Watch que les responsables n’avaient pas connaissance de cas où une femme ou une fille yézidie serait exposée à des risques provenant de sa famille depuis son retour, mais que si de tels cas se présentaient, un refuge était disponible pour elles. En outre, les autorités devraient fournir des programmes garantissant une réhabilitation à long terme, ainsi que des solutions en termes d’hébergement, pour toutes les femmes victimes de violences qui ne peuvent compter sur le soutien de leur famille ou qui sont menacées, ainsi que des programmes de formation pour les responsables, les militants locaux, les travailleurs sociaux et les personnels de santé pour identifier les cas dans lesquels les femmes risquent de subir des violences de la part de leurs familles. Les autorités devraient également, en coordination avec les responsables religieux et communautaires, agir dans le domaine de la sensibilisation et de l’éducation, en particulier des hommes et des garçons, afin d’éviter les violences à l’égard des femmes.

En outre, un investissement dans des programmes de formation et d’acquisition de techniques aiderait à réinsérer ces femmes dans la vie quotidienne. Une organisation fournit des cours de couture et de diverses techniques artisanales dans les camps.

De nombreuses femmes et filles ont déclaré qu’elles souhaitaient avoir un emploi afin de pouvoir aider financièrement leurs familles. Elles ont souligné que rester oisives dans les camps, entourées de membres de leurs familles qui sont également traumatisés, accroissait ou exacerbait leur propre traumatisme.

Arwa, une jeune fille de 18 ans originaire de Kocho, a déclaré : « Ce que je désire plus que tout, c’est travailler, de sorte que je puisse détourner mes pensées de tout ce qui s’est passé. »|

L’Association pour l’assistance en temps de crise et la coopération en matière de développement (Association for Crisis Assistance and Development Cooperation, WADI), une organisation non gouvernementale germano-irakienne, est à la recherche de fonds pour construire un centre où les femmes et filles yézidies pourront acquérir une formation professionnelle. Les femmes et filles qui se sont échappées des mains de l’EI ont indiqué à Human Rights Watch qu’elles utiliseraient une telle structure. Des employés de WADI ont emmené certaines de ces femmes et filles hors des camps pour qu’elles participent à des activités sociales, ce qui a semblé les aider à s’occuper et à leur fournir un semblant de vie normale.

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Auteurs
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Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
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Azar Majedi
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Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
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