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Revue de presse : Daesh et le viol

L’Orient-Le Jour, 17 août 2015 :

Pour l’EI, violer une « esclave » fait plaisir à Dieu

Une enquête du « New York Times », parue le 13 août, explique comment le groupe jihadiste a fait du viol des femmes yazidies un acte justifié par la religion.

« Avoir des rapports sexuels avec une esclave fait plaisir à Dieu ». Cette phrase a été lancée par un combattant de l’organisation Etat islamique à une jeune femme yazidie. Juste avant qu’il ne la viole. Cette phrase a été rapportée par la victime au New York Times, qui a recueilli et rassemblé les témoignages de 21 anciennes captives de l’EI. Des récits qui mettent en lumière comment l’organisation jihadiste a élaboré une véritable théologie du viol, un crime désormais institutionnalisé par l’EI. L’enquête de la journaliste Rukmini Callimachi s’appuie également sur des communiqués officiels ainsi que des documents de l’EI posant les grandes lignes de sa pratique esclavagiste.

Principales victimes des actes barbares du groupe extrémiste, les Yazidis sont une minorité religieuse qui représente moins d’1,5% de la population irakienne. Lors de son offensive en août 2014 dans la région de Sinjar en Irak, l’EI a exécuté de nombreux hommes et enlevé des milliers de femmes vendues comme épouses aux jihadistes ou réduites à l’état d’esclaves sexuelles. Une pratique que l’EI justifie par la croyance religieuse.

Une campagne d’esclavage minutieusement préparée

Les femmes rencontrées par le New York Times n’ont pas été kidnappées au même moment ni au même endroit, mais elles racontent toutes la même histoire. Les 21 rescapées rencontrées par Rukmini Callimachi affirment que les enlèvements puis les ventes d’esclaves étaient bien planifiées. Les femmes yazidies kidnappées étaient d’abord rassemblées en un même lieu (prison, école primaire ou encore bâtiment municipal), puis « inspectées » et dûment recensées par les responsables de l’EI, avant d’être achetées par des émirs en Syrie et en Irak.

Appelées « sabaya » (« esclaves » en arabe), des milliers de femmes ont été inscrites par les jihadistes dans un registre détaillé, révélant la nature organisée de l’esclavage sexuel. D’après l’enquête du quotidien américain, la traite des femmes est régie par des contrats de vente établis officiellement par des notaires censés donner un statut juridique à l’esclave.

La religion pour justifier le crime sexuel

Aux mains des jihadistes, ces femmes voire jeunes filles ont vécu l’enfer. Un enfer que les violeurs enrobaient de religion. Une survivante de 34 ans révèle ainsi que des combattants de l’EI priaient avant et après avoir violé une femme ou une petite fille. Relatant le cauchemar d’une fille de 12 ans, elle décrit la scène dont elle a été témoin : « Il lui attacha les mains et la bâillonna. Puis il s’agenouilla à côté du lit et se prosterna dans la prière avant de se mettre sur elle. Lorsque cela fut fini, il s’agenouilla pour prier à nouveau, mettant fin au viol par des actes de dévotion religieuse ».

Pour justifier leurs actes, les combattants de l’EI prônent une interprétation restrictive du Coran et prétendent que le viol d’esclaves est tout à fait « halal ». Selon les communiqués officiels de l’organisation terroriste, le viol d’esclaves yazidies est une pratique autorisée d’après les principes fondamentaux de la religion.

Le viol « halal » serait, en outre, un argument utilisé pour recruter davantage de jihadistes, le sexe permettant d’attirer des hommes issus de sociétés musulmanes très conservatrices, dans lesquelles la sexualité hors mariage est interdite.

Alors que les troupes de l’Etat islamique ne cessent de grossir, au moins 3144 Yazidies sont toujours retenues captives.

Lire l’intégralité du reportage ici.

Direct Matin, le 17 Août 2015 :

Daesh utilise, justifie et codifie le viol

Un reportage du New York Times publié le 13 août fait grand bruit : il détaille la façon dont l’État islamique a fait du viol une arme à part entière, justifiée par une théologie douteuse. L’enquête s’appuie sur 21 témoignages de jeunes filles yazidies.

Des 21 témoignages recueillis par le New York Times de jeunes filles yazidies (croyance monothéiste kurde), réduites à l’esclavage sexuel par Daesh, ressort un point commun : chacune a vu prier son violeur avant et après son crime. En effet, ce qui ressort du reportage du journal américain, c’est que les combattants de l’État islamique ont associé la pratique de l’Islam et le viol. Le viol serait ainsi institutionnalisé par Daesh.

Selon le reportage, "le viol systématique des femmes et des jeunes filles de la minorité religieuse de Yazidi est profondément mêlé à l’organisation et à la théologie radicale de l’Etat Islamique depuis que l’organisation a annoncé cette année qu’elle relançait l’esclavage comme institution." Au total, 5.270 femmes yazidies ont été enlevées l’année dernière.

Le viol comme arme de propagande

La journaliste qui signe le reportage résume son article par un tweet :"le viol a été utilisé comme arme de guerre depuis les temps immémoriaux. Ce qui rend Daesh différent, c’est la façon dont ils l’ont codifié et rendu public". Selon, Rukmini Calliumachi, Daesh se sert du viol comme arme de propagande, la pratique est devenue un argument pour attirer de nouvelles recrues.

Selon ses informations, l’introduction officielle de cet esclavage sexuel systématique remonte au 3 août 2014, lorsque les combattants de l’EI ont envahi les villages du sud du Mont Sinjar, au nord de l’Irak, où vivent les Yazidis.

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Auteurs
Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak
Congrès des libertés en Irak
Solidarité internationale
Parti communiste-ouvrier d’Irak
Fédération internationale des réfugiés irakiens
Yanar Mohammed
Solidarité Irak
Nicolas Dessaux
Houzan Mahmoud
Stéphane Julien
Olivier Théo
Falah Alwan
Bill Weinberg
Organisation pour la liberté des femmes en Irak
Mansoor Hekmat
Azar Majedi
SUD Education
Camille Boudjak
Parti communiste-ouvrier du Kurdistan
Karim Landais
Muayad Ahmed
Richard Greeman
Tewfik Allal
Alexandre de Lyon
Fédération irakienne des syndicats du pétrole
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Olivier Delbeke
Regroupement révolutionnaire caennais
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